mardi 23 septembre 2008
Transport aérien : Après Air Afrique, enfin une nouvelle compagnie panafricaine
Koffi Djondo

Le président du Conseil d’administration d’Asky a présenté, officiellement, la société.
Africa sky, en anglais, Ciel d’Afrique (Asky), les lettres écrites en grands caractères. Voici le nom de la compagnie panafricaine qui naît sur les cendres de la défunte Air Afrique. L’une des étapes les plus importantes vers la réalisation concrète du projet, vient de s’ajouter à celles déjà franchies. Il s’agit de la signature, lundi dernier, au siège de la Banque d’investissement et de développement de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bidc-Cedeao), à Lomé (Togo), de contrats qui donnent officiellement mandat au cabinet international, Ernst & Young, et Ecobank Development corporation de mobiliser les 200 millions de dollars (100 milliards de francs environ) nécessaires à la vie du projet.

Mais d’ores et déjà, le président du conseil d’administration d’Asky, Gervais Koffi Djondo, lors de la conférence de presse qu’il a animée immédiatement à la suite de la signature de la convention, voudrait que les uns et les autres soient rassurés que «le projet est déjà en voie de se transformer définitivement en réalité (…)». «Ce n’est pas dans un an, ni dans six mois. Mais sachez que nous allons décoller bientôt. Nous n’attendrons pas les 200 millions de dollars pour décoller. D’ici au 30 octobre, nous allons réunir le minimum nécessaire pour décoller.», dit-il, se refusant à préciser la date exacte du «décollage» de la compagnie. En fait, selon des sources proches du projet, on attend seulement la confirmation ferme de certaines intentions. Sinon le dossier est bouclé. D’où l’assurance du président du conseil d’administration.

Lors des échanges de près de deux heures qu’il a eus avec la quarantaine de journalistes venus de différents pays d’Afrique occidentale, l’homme d’affaires togolais s’est évertué à présenter cette «initiative multinationale, d’essence privée, à vocation panafricaine» et de partager sa foi dans la réalisation du projet. A ceux qui, échaudés par la fin tragique d’Air Afrique, première expérience panafricaine en matière de compagnie aérienne, restent perplexes face à tout projet semblable, M. Gervais Koffi Djondo oppose le caractère totalement innovant de Asky. Bien qu’ayant une vocation panafricaine, la compagnie sera, insiste-t-il, une société privée, gérée avec toute la rigueur liée à son statut. Elle ne sombrera pas dans les dérives qui ont perdu la plupart des compagnies nationales.

La compagnie Asky , créée le 29 novembre 2007 à Lomé, est la suite de la décision des Chefs d’Etat de la Cedeao et de l’Uemoa lors de la conférence tenue en janvier 2004 à Niamey au Niger, de doter l’espace communautaire d’un outil d’intégration régionale dans le domaine des transports aériens afin de combler efficacement le vide laissé par Air Afrique et les difficultés des compagnies nationales. L’option pour ne pas tomber dans les tares des compagnies publiques a été orientée immédiatement vers le privé. C’est ainsi que le 29 août 2005, le secrétariat exécutif de la Cedeao, la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (Bidc), la commission de l’Uemoa, la Bceao, la Boad et des représentants du secteur privé conduits par le groupe Ecobank créent le 29 août 2005, à Dakar, la Société de promotion d’une compagnie régionale (Spcar).
Asky, née donc des entrailles de Spcar, a un capital de 60 milliards de francs cfa auquel ont souscrit des privés africains dont le groupe Ecobank, les deux banques communautaires de développement que sont la Bidc-Cedeao et la Boad, des Sud-africains et le partenaire stratégique qu’est Ethiopian Airlines.

L’actionnariat, précise, M. Djondo reste ouvert à tous. Lors de la conférence de presse, il a d’ailleurs lancé un appel à, entre autres, tous les gouvernements, aux partenaires au développement, aux investisseurs privés, à la diaspora africaine pour qu’ils apportent leur soutien à la concrétisation du projet.

Au démarrage, la nouvelle compagnie desservira les principales destinations de l’Afrique de l’ouest et du centre, puis, progressivement elle s’étendra à l’Afrique de l’Est et australe. Des lignes seront ouvertes par la suite vers les Etats-Unis, l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient.
Rapports avec les compagnies nationales

Asky ne vient pas pour faire la concurrence aux compagnies nationales. Elle veut, au contraire, travailler en synergie avec elles dans le but de mieux servir les populations africaines. C’est en tout cas ce que son président du conseil d’administration assure. La compagnie entend coopérer étroitement avec les compagnies nationales à travers des accords de lignes, l’établissement des horaires de vols, etc. Le plus important pour M. Djondo, dans une telle coopération, c’est l’augmentation des lignes intérieures dans les pays. Ce que, observe-t-il, ne font pas les compagnies étrangères. D’où son invitation aux compagnies nationales «à se mettre ensemble» pour relever le défi. Pour l’instant, M. Djondo ne semble pas satisfait de l’attitude des dirigeants de ces compagnies. La quasi totalité de ceux-ci n’a pas donné une suite à ses courriers.

Qu’à cela ne tienne, le président d’Asky entend, dit-il, maintenir cette forte volonté de coopération. Il sera même possible, lorsque la compagnie sera bien assise, d’aider les compagnies nationales.

Rigueur

« Non, ce n’est pas vrai de dire que les Africains ne sont pas capables de faire du transport aérien ». Ainsi proteste le président d’Asky qui ne veut surtout pas entendre dire que c’est une fatalité. Pour lui, il est bel et bien possible de mettre en place une compagnie aérienne viable gérée avec rigueur. Le choix de l’option privée, pour Asky, est justement la réponse à ce pessimisme, explique-t-il.

Il faut reconnaître que M. Djondo n’a pas tort. Il suffit de prendre les exemples des géants africains que sont Ethiopian Airlines, South African Airways et Kenya Airways. Ces trois compagnies africaines sont mondialement connues et respectées. Il est clair qu’à la base, il y a une gouvernance très professionnelle.

Pour la nouvelle compagnie, les promoteurs promettent une gestion rigoureuse où n’auront place que des professionnels.

Au plan sécuritaire et du confort des passagers, le Pca indique que la compagnie entend n’utiliser que des avions neufs… « pas ces vieux avions qui, dit-on, ont transformé le ciel africain en tombeau ».

Alakagni Hala
Envoyé spécial à Lomé


Repères

Siège. Le siège de la nouvelle compagnie aérienne est établi à Lomé. Le Pca, Gervais Koffi Djondo, justifie ce choix par le fait que le Togo offrirait « des facilités d’investissement incomparable dans la sous-région ».

Expérience. Le président d’Asky est le fondateur du groupe Ecobank. Il en est d’ailleurs actuellement le président honoraire.

Constitution. Le 15 septembre 2005, au siège de la Commission de l’Uemoa, à Ouaga, la 1ère assemblée générale constitutive des actionnaires de la Société de promotion d’une compagnie aérienne régionale (Spcar). Etaient présents, la Bidc-Cedeao, la Boad, le groupe Ecobank et des représentants du secteur privé. M. Djondo est élu Pca. C’est Spcar qui a donné lieu à Asky.

Source : Fraternité Matin, Abidjan

Lundi 22 septembre 2008

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Vos commentaires
Thierno A. DIALLO, mercredi 24 septembre 2008
Très belle initiatiative en voie de réalisation. C`est cela qu`il faut faire, et arrêter de pleurnicher et tendre la main.Merci aux initiateurs du projet.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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