lundi 17 août 2009
Transition: La ‘’frilosité’’ de la classe politique face au CNDD

En l’état actuel des choses, il serait hasardeux de dire si les élections se tiendront au dernier trimestre de 2009. Face au CNDD, le maître d’œuvre de cette transition que tous les Guinéens patriotes veulent apaisée et consensuelle, l’on a une classe politique que d’aucuns qualifient, à tort ou à raison, de frileuse et qui semble avoir du mal à faire preuve d’unité dans son combat. A ses risques et périls.
 

Au lendemain de la prise du pouvoir par le capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), les activités des partis politiques ont été suspendues. Les acteurs de la scène politique guinéenne, les uns après les autres, ont déclaré avoir pris acte de la nouvelle donne.
 
Par la suite, les nouvelles autorités du pays ont jugé nécessaire de lever ladite suspension, à la grande joie de toutes celles et de tous ceux qui rêvent de voir les acquis démocratiques se consolider véritablement en Guinée. De cette levée de suspension  à nos jours, force est de reconnaître que beaucoup d’eau a coulé sous le pont enjambant le marigot politique guinéen. Alors que tous les observateurs s’attendaient à l’organisation rapide des élections libres et transparentes pour remettre le pouvoir aux civils, le chef de la junte a menacé, le 15 avril 2009, d’ôter la tenue militaire pour se porter candidat à la future élection présidentielle si les leaders politiques ne mettent pas beaucoup d’eau dans leur vin. Une déclaration qui a eu le don de faire bondir les détracteurs du pouvoir militaire. Et de là à prêter au capitaine-président Moussa Dadis Camara l’intention de confisquer le pouvoir dont il s’est emparé le 23 décembre 2008, il y a un pas que certains n’ont pas hésité à franchir avec empressement. Aujourd’hui, la transition politique est loin de livrer tous ses secrets. Le chronogramme proposé par les Forces vives de la nation (partis politiques, organisations de la société civile, syndicats, patronat, confessions religieuses)  est contesté vigoureusement par un groupe de partis non membres de cette structure.

En d’autres termes, tous les partis politiques ne voient pas les choses de la même façon par rapport à la transition. Si certains partis politiques, membres des forces vives, souhaitent vivement l’organisation des élections dans les meilleurs délais (dernier trimestre de 2009), d’autres par contre, pour des raisons qui leur sont propres, préfèrent plutôt voir Dadis rester dans le fauteuil présidentiel jusqu’en 2010. A cette division de la classe politique s’ajoute ce que d’aucuns prennent pour une frilosité face au Conseil national pour la démocratie et le développement, pour semer le doute et la confusion dans la tête de plus d’un observateur attentif.

Par calcul ou par ‘’peur», les leaders politiques guinéens, à quelques exceptions près (Aboubacar Sylla de l’UFC et Mouctar Diallo de NFD), semblent avoir choisi de caresser le CNDD et son président, capitaine Moussa Dadis Camara, dans le sens du poil. Le chef de la junte, à la faveur de chaque rencontre avec les représentants de la communauté internationale, a toujours réitéré son engagement à respecter scrupuleusement le chronogramme de la transition. Mais dans une récente interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique, le capitaine Moussa Dadis Camara a toutefois tenu à faire observer que cet engagement, c’est par rapport à 2009. Ce qui a fait dire aussitôt à certains de ses détracteurs qu’en cas de report de la présidentielle pour 2010, l’enfant de Koulé pourrait probablement se porter candidat.
 

Une candidature qui, si elle a lieu, ne serait pas de nature à faire plaisir à ces leaders politiques dont le désir le plus ardent est de s’asseoir dans le fauteuil présidentiel à l’issue d’une élection libre, crédible et transparente. Dans ce cas de figure, ils seraient alors dans l’obligation de se départir de la frilosité qu’une partie de l’opinion leur reproche présentement pour ‘’affronter», avec un certain courage politique, le successeur du Général-Président Lansana Conté.

 

Mamy Dioubaté
L'Indépendant, partenaire de
www.guineeactu.com

  

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Vos commentaires
Ollaid, mardi 18 août 2009
Soyons sérieux! Nous ne sommes pas des nigauds et arrêtez d`insulter notre intelligence! Pourquoi Dadis a permis tant de partis politiques sans respecter les critères déjà existants à votre avis? Pour qu`il n`y ait pas "consensus"(pour ceux qui ne comprennent pas la politique). Combien de temps voulez vous laisser à Dadis et pour faire quoi alors qu`il n`arrive même pas à compléter un seul chantier comme celui de la drogue ou des audits (commencés mais sans dénouement). Le chronogramme, si Dadis était de bonne foi, il aurait restructuré la CENI et lui donner les moyens de faire son travail et qu`elle propose à la fin de l`enrôlement des dates pour les elections. Entre temps, le CNDD et quel que soit le nom de la structure, retoucheraient la Constitution. Voila! Il ne faut pas compliquer la situation qui est rendue "galimatiesque" par Dadis pour se maintenir au pouvoir (élémentaire !): ne soyons pas naïfs à ce point! Surtout qu’il y a eu des précédents en Cote d`Ivoire par exemple et même en Guinée avec les différents gouvernements depuis Kouyaté: on ne fait rien pour rester le plus longtemps possible en espérant désespérément que le destin va être en notre faveur. Ce serait vraiment honteux pour nous que Dadis nous trompe aussi après que Conté nous ait sorti tout le registre d’attrape nigauds : de menace de guerre civile jusqu’à l’invasion de rebelles, en passant par l’arrestation de Alpha Condé basée sur des mensonges pour l’éliminer. Eh, les Guinéens !! Ah, mon ‘’ cher’’ Cisse ! Il n’est pourtant pas difficile de comprendre que si les hommes/femmes (militaires) valables et bien éduqués n’avaient pas été éliminés par AST (mort mais son héritage est Conté, lui qui a donné à son tour Dadis), jamais Conté puis Dadis n’auraient pu être chef de l’Etat. Elémentaire ! Si vous ne comprenez toujours pas : à l’école, si on éliminait les tous ceux qui sont mieux classés que vous, vous deviendrait le premier de la classe, non ? Et bien avec AST, c’est la même chose. Quant à mon opinion, je ne dis pas qu’il faut tout oublier (bien que ce soit en gras et souligné dans le texte) mais simplement que tant qu’il n’y aura pas les hommes/femmes courageux et surtout INTEGRES, il ne se passera rien. Il faut comprendre la subtilité de mon raisonnement et aussi celle de la langue utilisée (pourtant tout est dit dans le texte pour celui qui veut comprendre avec l’esprit LIBRE). Vous allez demander à quelqu’un qui n’a pas lui-même conscience tranquille de poursuivre d’autres pour ce qu’il sait lui aussi a des comptes à rendre ? Bon ! Vous pouvez continuer à rêver, c’est votre droit. Je tiens compte de la réalité des faits sur le terrain ! Il n’y aura ‘’justice’’ que lorsque le moment sera venu et que les hommes/femmes qu’il faut seront au pouvoir. C’est aussi simple que cela, mon OPINION. C’est dommage que je ne sache écrire que dans la langue des ‘’impérialistes’’, même pas en Peul (j’en ai honte !), Malinké ou Soussou et autres. Vous avez dit des choses pertinentes. Pour mettre fin aux rumeurs, il faut en attendant que la bonne personne arrive au pouvoir, que les Guinéens mettent sur pied des "collectifs" ou autre nom a but de répertorier avec preuves les biens des présumés détourneurs en Guinée et a l`étranger (il y aura toujours de parents prêt a collaborer pour guider les recherches)et les dévoiler a la presse guinéenne(JA compris et d`autres)et utiliser les lois en Europe et aux USA pour porter plainte comme ce fut le cas en France pour Bongo et les autres dictateurs (Mr Ismaël Bah de Paris aurait une structure déjà). Autrement, ce ne sera qu`accusations et démentis sans faire avancer les choses. Et l`effet pervers est que les gens vont s`habituer et ne plus en tenir compte! Donc, soit on fait du concret soit on laisse a Dieu le soin de régler le problème le moment venu; vous ne pensez pas? Pour ma part, je soupçonne certains mais comme je n`ai pas de preuves concrètes (ni les moyens de mener mes enquêtes), je ne le mentionne pas mais je ne voterai pas eux par exemple. Juste pour dire que n’ayons pas peur des mots : les leaders en Guinée ont toujours eu la ‘’peur’’ au ventre. C’est le problème de l’opposition particulièrement depuis 1984. Les leaders apparemment estiment que la Guinée ne mérite ni qu’on aille en prison et surtout pas qu’on meurt pour elle. Certains ont vite changé d’attitude après quelques tentatives, hélas ! Pour la majorité des leaders, sans le dire, ils sont bénis par rapport aux autres qui doivent se sacrifier pour qu’ils accèdent au pouvoir : en 2007, ils sont restés en back stage –hors de vue- pour n’être ‘’vocaux’’ qu’après les événements cruciaux. Pour l’heure seuls MM. Mouctar Diallo et Aboubacar Sylla semblent jouer leur rôle sans complaisances ni flatteries. Dommage qu’ils n’aient pas encore la popularité de certains plus ancien en politique mais petit à petit l’oiseau fait son nid. Grace a leur attitude, Dadis a toute la latitude de se maintenir au pouvoir s’il le veut.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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