lundi 21 septembre 2009
Transition en Guinée : Paris joue la fermeté
Hôtel Hilton Courcelles

La France refuse d’apporter toute caution morale à une éventuelle candidature de Moussa Dadis Camara à la prochaine présidentielle. Elle l’a fait savoir à la mission de la junte qui a séjourné la semaine dernière à Paris.

La mission que la junte a dépêchée auprès des autorités françaises, pour leur faire part certainement des intentions qui animent dorénavant le capitaine Moussa Dadis Camara concernant la présidentielle de 2010, n’était pas la bienvenue à Paris. Si l’on s’en tient, ne serait-ce qu’au mauvais accueil qu’un groupe de Guinéens résidant en France lui a fait dans la matinée du mercredi 16 septembre, comme le rapporte un site Internet local.

D’après nos sources, cette fraction de la diaspora guinéenne avait investi la devanture d’un hôtel chic situé dans le 8e arrondissement où la délégation avait pris ses quartiers, pour pas moins de 700 euros la nuitée, par suite. Un confort qui trahit l’austérité budgétaire que le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) fait semblant d’adopter, crise oblige. De quoi ajouter à la colère des manifestants, qui ne cachaient pas semble-t-il, leur hostilité pour une éventuelle candidature de Moussa Dadis Camara. Ils auraient ainsi tancé vertement la junte.

Dans ce grand hôtel parisien donc, les membres de la mission s’étaient terrés dans leurs chambres, fuyant les quolibets de cette foule déchaînée. Après cette douche froide, le général Sékouba Konaté et sa suite ont alors tenté le tout pour le tout pour prendre langue avec les autorités françaises.

Il faut aussi rappeler qu’un magazine panafricain, bien coté, avait fait cas d’un incident qui se serait produit lors des préparatifs du voyage des officiels guinéens à Conakry. Concernant une affaire de visas.

Mais une source proche de l’Ambassade de France en Guinée que nous avons pu joindre, a plutôt dit le contraire. En indiquant que contrairement à ce qui a été dit, les membres de la délégation étaient quasiment tous détenteurs de visas en cours de validité. Ils pouvaient donc s’envoler pour l’Hexagone sans recourir aux services du Consulat français. Toutefois, nous avons appris par la même occasion que l’Ambassade de France n’avait pas été associée à ce voyage sur Paris.

Cela ne surprend guère quand on sait qu’à la demande du Capitaine Moussa Dadis Camara, l’ambassadeur Jean-Michel Berrit et deux autres employés de l’Ambassade de France en Guinée ont été rappelés par Paris, la junte reprochant à M. Jean-Michel Berrit ses critiques acerbes à son encontre.

Le diplomate n’avait pas hésité à flétrir lors de la fête du 14 juillet dernier « les progrès trop lents dans la mise en œuvre du chronogramme électoral et du dialogue politique, le retard dans la mise en place du Conseil national de transition et dans la formalisation de l’interdiction de se présenter aux élections pour les membres du CNDD et du gouvernement et la persistance de violation de droits de l’homme et d’actes de violence contre des civils et des opérateurs économiques par des hommes en uniforme ».

Pour revenir au voyage de Paris, la délégation qui aurait été reçue par certains conseillers du président Sarkozy et le secrétaire d’Etat à la Coopération et à la francophonie, M. Alain Joyandet, aura fait chou blanc, la France ayant réitéré à Dadis Camara de respecter ses engagements, à savoir ne pas se porter candidat aux consultations électorales en vue.

C’est sur cette note que le général Sékouba Konaté devait rentrer au bercail le week-end dernier. Pendant que des acteurs de la société civile guinéenne s’envolaient eux aussi pour la capitale française, où ils devraient conférer avec des parlementaires français ce 23 septembre sur l’évolution du processus de transition en Guinée dans le cadre du PROJEG (Programme de renforcement des organisations de la société civile et de la jeunesse guinéennes). Ce programme cofinancé par le ministère des Affaires étrangères et européennes a pour objectif de « faciliter la concertation entre les différentes composantes de la société civile guinéenne et des organisations françaises de la société civile françaises mobilisées à leurs côtés ».

Dans la foulée, l’Union Africaine a donné un ultimatum d’un mois à la junte, en lui demandant de « s’engager par écrit à ne pas se présenter aux élections ».

Face à l’étau qui se resserre de plus en plus sur le capitaine Moussa Dadis Camara, celui-ci a dorénavant le choix entre renoncer à ses desseins ou résister avec opiniâtreté.

Affaire à suivre donc.


Mamadou Dian Baldé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
ollaid, mardi 22 septembre 2009
Il est impératif de profiter de notre bras de fer avec le CNDD pour envoyer un message fort aux profiteurs de carrière. Ce sont ces civils sans conviction qui permettent aux dictateurs de se maintenir en mettant leurs connaissances et carnet d’adresse à leur disposition. Arrêtons nous-mêmes d’être hypocrites en prétendant (ou feignant) que le chef est l’unique et seul responsable sachant très bien que ce sont ceux qui sont dans l’ombre qui tirent en fait les ficelles. L’une des premières lois à passer après Dadis devrait condamner tous ceux qui ont collaboré et aidé la dictature de Dadis : leur interdire l’accès à tout poste dans l’administration guinéenne, financement de l’Etat et tout marché public pour au moins 10 ans. Etant Guinéens, ils pourront rester et vivre librement en Guinée. Le chef sert aisément de bouc-émissaire et les vrais coupables échappent pour se recycler avec les nouveaux au pouvoir alors que tout le monde les connait ! De quoi avons-nous peur ? Ou bien ont-ils un pouvoir charmeur qui nous rend amnésiques à leur sujet ou point de les ’’adouber’’ malgré leur passé néfaste pour la Nation ? Nous devons revoir notre attitude passive à ce sujet, nous aussi ! Si nous n’affrontons pas ces gens, les dictateurs auront toujours une base pour nous abuser. Il ne faut pas confondre ici faire un choix partisan (partis politiques) ou se mettre au service du pays avec celui d’aider un homme – surtout non élu- à asservir la nation par matérialisme en mettant l’avenir de la Guinée en péril.
Sidibe, mardi 22 septembre 2009
Le combat doit être méné de l`interieur de la Guinée par les guinéens. Jamais la franche n`a étée un véritable obstacle aux dictatures dans les pays afrcains francophones. Regardez dans un passé recent les cas Malgaches;l`élection du fils de omar bongo au gabon. Nous avons vu For yadema venir s`installer à la place de son père. Tous ces cas sont revelateurs. Même les sanctions de l`U.A et de la CEDEAO ne seront pas d`armes éfficace comparées aux actions civiles ménées sur le terain en Guinée et par les Guinéens eux même. La communauté intervationle viendra après lorsqu`elle va analysé les rapports de forces entre les deux camps et choisira le plus fort c`est à dire le camps qui sera proche de son objectif; c`est en ce moment que les délégations se succederont à conakry pour soutenir un camps et blamer un autre. La lybie est revenue dans le concert des nations grace à son argent. Il suffit que Dadis mette la main à la poche. Restons serien et déterminé pour cette fois. Cette occasion est la dernière que Dieu donne à la Guinée pour recouvrer son indépendance.Nous sommes encore colonisé. c`est juste que les méthodes ont changée un peu. Dieu Sauve la Guinée
toure, mardi 22 septembre 2009
Mr baldé la france dit ce qu`elle ne fait pas et fait ce qu`elle ne dit pas la france na jamais pu faire quoi que ce soit pour soulager les populations africaines vous n`avez rien compris jusqu`à maintenant je ne sait pas quel âge avez vous mais si vous suivez les ealpoliticen Afrique vous comprendrez que cela ne sert a rien que la France s`embarque ou pas dans l`aventure CNDD tant qu`on est pas unis pour combatre le mal dans notre pays nous soufrirons il faut arreter de suivre les hommes soit disant poliques comme des moutons decortiqu`ons leur programme, verfions leur probités vous verez quand dadis deviendra President même mal élu la France suivra on les a vu à travers quelques pays africains la france a toujours soutenu les dictaturs pouvu qu`ils sauvegardent leurs interets et cela est aussi valables pour les autres occidentaux la naiveté est une obscurité indescriptible du courage mon frère
BAH MARIAMA, mardi 22 septembre 2009
a mon avis je suis de coeur avec l`union africaine a savoir sanctionner le capitaine moussa dadis et son équipe pour nous aider a sortir de cette crise ... chez nous en afrique , un chef c `est celui qui tient à sa parole ! qui respecte ses engagements mais pas celui qui trahit sa nation... les militaires doivent retourner dans les casernes et sécuriser la population ca c`est l`un des objectifs qui devraient préoccuper le capitaine dadis qui semble contourner sa mission ....
tronka, mardi 22 septembre 2009
Bonjour Votre article est assez claire et juste. Cependant méfions nous de dire dans l`absolu que la position du gouvernement français est tranchée car les vieilles habitudes persistent encore malheureusement. On n`est pas cretin pour comprendre que La position de l`etat français n`etait pas inocente au Gabon. Salutations.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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