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Composée de 22 membres, la Commission ad hoc a travaillé du 23 juillet au 12 août au Palais du Peuple pour identifier objectivement les obstacles qui n'ont pas permis jusqu'ici de mettre en œuvre le chronogramme proposé en mars dernier par les forces vives et proposer de nouvelles dates pour la tenue des élections libres et transparentes en Guinée.
Lorsque le capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) se sont emparés du pouvoir au lendemain de la disparition du Général-Président Lansana Conté, ils ont solennellement promis d'organiser des élections libres et transparentes en 2010 pour remettre les civils aux commandes du pays. Mais les forces vives de la nation et la communauté internationale, la ''peur'' du pouvoir kaki au ventre, n'ont pas voulu entendre les choses de cette façon.
Lors d'une rencontre organisée au Palais du Peuple en présence des représentants du Groupe international de contact sur la Guinée, le Forum des forces vives de la nation (partis politiques, organisations de la société civile, syndicats, confessions religieuses) a proposé au CNDD et à son président, capitaine Moussa Dadis Camara, un chronogramme détaillé de la transition. Ledit chronogramme prévoyait entre autres la poursuite des opérations de recensement des électeurs, le toilettage des textes et l'organisation des élections au dernier trimestre de 2009. Mais au fil du temps, l'on s'est rendu compte que le chemin menant aux élections crédibles était semé d'obstacles non négligeables. Un retard considérable avait déjà été accusé dans l'enrôlement des électeurs sur l'ensemble du pays. La CENI et ses démembrements ont dû suspendre leurs activités pour des raisons essentiellement financières. Et pour ne rien arranger, les acteurs politiques avaient choisi curieusement de se scinder en deux camps opposés.
Les partis membres du Forum des forces vives ne rataient aucune occasion pour se prononcer en faveur de la tenue des élections au dernier trimestre de 2009. Quant au Bloc des forces patriotiques, il a toujours estimé qu'il était techniquement impossible d'organiser en 2009 des élections crédibles et acceptables par tous.
C'est sur fond de dissensions au sein de la classe politique que la commission ad hoc a été mise en place pour identifier les obstacles qui empêchent la mise en œuvre de la feuille de route censée rétablir l'ordre constitutionnel en Guinée. Composée de 22 membres, cette commission paritaire ad hoc a travaillé du 23 juillet au 12 août au Palais du Peuple pour produire un rapport sur la transition. Le lundi 17 août, lors de la présentation dudit rapport sur le plateau de la RTG-Koloma, des propositions concrètes ont été faites. Les dates du 31 janvier et du 14 février 2010 ont été retenues respectivement pour l'organisation du premier tour et du second tour de la présidentielle. Si l'on se réfère au nouveau chronogramme proposé par la Commission ad hoc, les élections législatives seront organisées le 26 mars 2010 par les nouvelles autorités du pays. Espérons qu'à ces dates, les Guinéens se rendront enfin aux urnes pour élire un président civil et leurs députés à l'Assemblée nationale.
Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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