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A peine de retour de Guinée où il se trouvait en mission d'enseignement à l'institut supérieur des arts de Guinée – ISAG -, Elhadj Said Nour Bokoum voit le Président de la République, Capitaine Moussa Dadis Camara, reprendre une thèse qui lui est si chère : « Les assises nationales » entre Guinéens de tout bord, tant du bercail que de l'étranger.
On sait qu’en son temps, Elhadj Bokoum avait pris la peine d'envoyer sa lettre au Président du CNDD par voie diplomatique, avant de remettre des copies à plusieurs ministres.
Le Capitaine Moussa Dadis Camara vient de marquer un point dans sa très attendue allocution télévisée du dimanche 29 mars 2009, quelques heures seulement après l'inquiétante rencontre avec une certaine jeunesse de la capitale, qui voulait imprimer un autre cours détourné à cette transition, considérée comme une dernière chance pour notre génération.
Chose promise chose due. A la veille des 100 jours de la prise du pouvoir par le CNDD, le Président Moussa Dadis Camara a mis fin aux spéculations autour du chronogramme de la transition menant aux élections pluralistes à la fin de l’année.
Dans une allocution à la RTG, dimanche 29 mars 2009, le chef de l’Etat a réaffirmé la volonté de son gouvernement et de lui-même, de « respecter nos engagements vis- à-vis du chronogramme de transition tracé par les partis politiques et les forces vives, en ce qui concerne la tenue des élections libres, transparentes, crédibles et incontestées ».
Le Capitaine Dadis Camara a souligné que la jeunesse guinéenne « considère le CNDD comme des libérateurs et pacificateurs, certaines personnes nous brodent comme des imposteurs et usurpateurs.... Vous, la jeunesse, vous avez compris la réponse de l’armée à l’appel national d’urgence au moment où il n'y avait aucune alternative acceptable, à un moment où il y avait une totale crise de confiance et une dangereuse bataille de succession ».
Le président du CNDD de dire, que son gouvernement était obligé d’écouter la jeunesse :
« Nous n'imposerons rien à aucune personne. Au contraire, nous écouterons toutes sortes d’opinion, parce que cet appel populaire qui date de longtemps pour assurer la transition, était aussi bien national qu'international... La majorité silencieuse aussi a son mot à dire… » , a-t-il poursuivi.
Il y avait eu « beaucoup de spéculations sur nos vraies intentions et ambitions....Nous allons partir, mais pas en laissant du chaos et du désordre. Nous allons laisser pour la postérité, une culture de valeurs démocratiques et civiques, avec des élections libres et transparentes, qui nous permettront de rompre avec le passé », renchérit-il.
Il a réitéré que l’armée sera restructurée en primant la formation, pour la rendre républicaine. « En même temps, nos populations ont besoin d’éducation civique, politique et morale, de la lutte contre la corruption, le narcotrafic et l'impunité. Nous n’avons pas besoin de salir notre élite dont nous avons besoin, encore moins d’abuser les droits individuels de personnes. Au contraire, nous devons tirer des leçons de notre passé. »
Le chef de l’Etat a poursuivi solennellement : " il faut la réconciliation nationale, le pardon et la prière car, nous voulons laisser une maison propre à nos successeurs. Nous vous comprenons, vous, la jeunesse, mais il y a ceux qui ne veulent pas nous comprendre :
« Les caisses de l’Etat sont vides, malgré les recouvrements. Pire, les sanctions internationales n’aident pas. Ajoutez à cela, des malintentionnés qui incitent le manque de confiance de la Communauté internationale... Nous invitons sincèrement nos partenaires extérieurs à travailler avec nous, sinon nos efforts, bien que bien intentionnés, seront voués à l’échec total, et par conséquent, à l’instabilité sociale et politique ».
Moussa Dadis Camara, dans son allocution, précisera à la jeunesse, qu'il voulait tourner une nouvelle page d’ouverture ou retomber dans des mauvaises pratiques du passé. Et de conclure : « le CNDD travaillera dans l’impartialité et la neutralité dans le processus de transition, tout en travaillant harmonieusement avec le GCI, les forces vives, au sein d’une concertation dans un forum ou plateforme, pour une démocratie vraie et un développement vrai. »
« Ces questions, continue le Capitaine Camara, doivent être débattues dans un cadre le plus large possible avec les Guinéens d'ici et de l'Etranger. »
Et c'est là, que certains voient une main invisible d’Elhadj Saïd Nour Bokoum. Pure coïncidence ?
Allez savoir !
Aboubacar SAKHO avec une collaboration de Foday Fofana et de Dr A/D pour www.guineeactu.com
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