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En prélude au procès tant attendu des présumés narcotrafiquants, le secrétaire d'Etat à la présidence de la République chargé de la Lutte Anti-drogue, du grand banditisme a procédé le 11 juin dernier au camp Alpha Yaya Diallo, au transfert d'une vingtaine de présumés narcotrafiquants y compris le général de Division Diarra Camara et l'Amiral Aly Daffé au ministère de la Justice.
Parmi ces présumés narcotrafiquants, près d'une vingtaine au total qui ont été mis à la disposition de la Justice guinéenne, figurent des personnes de nationalités étrangères. Il s'agit de 8 ressortissants Nigérians, 1 Ghanéen et 1 Israélien. Des cadres civils ainsi que de nombreux hauts gradés de l'armée récemment envoyés à la retraite anticipée par le chef de la junte militaire au pouvoir sont aussi dans le lot. Au nombre de ces officiers militaires transférés, il y a le général Diarra Camara, ancien chef d'état major général des armées, son fils le lieutenant Amara Camara, l'Amiral Aly Daffé, ancien chef d'état major de la marine, le lieutenant-colonel Mohmed Camara, actuel chef d'état major de la marine. Selon les déclarations faites par le capitaine Moussa Tiégoro Camara, Secrétaire d'État chargé de la lutte anti-drogue, au cours de ce transfert de ces personnes soupçonnées de trafic de drogue, ces hauts cadres militaires sont interpellés en raison, dit-il, de leur implication dans le réseau. Et que leurs dossiers étaient classifiés suivant les services ou les couches socioprofessionnelles.
A l'état major de la marine nationale:
Parmi les officiers incriminés par le Secrétariat d'Etat Anti-drogue dans les liens de la facilitation du trafic de drogue et leur complicité, il au niveau de cet état major particulier de la marine il y a l'Amiral Aly Daffé, ex-chef d'état major de la marine, le lieutenant-colonel Mohamed Camara, ex-officier chargé des opérations et des instructions et actuel patron dudit état major. Ces officiers sont interpellés en compagnie de quatre (4) autres sous officiers subalternes. Ces derniers auront, selon le capitaine Tiégboro, librement avoué avoir reçu des instructions de leur chef hiérarchique d'alors. C'est à dire l'Amiral Aly Daffé et le lieutenant-colonel Mohamed Camara. Mais en attendant que la justice ne statue dans ce dossier, ces officiers de la marine reconnaissent avoir reçu effectivement des butins des opérations. Cependant ils se refuseraient catégoriquement de reconnaître que c'était de l'argent issu de la drogue, ajoute le secrétaire d'État anti-drogue qui qualifie cette attitude de paradoxal. "Quoiqu'il en soit, nous avons pu entendre sur procès verbal leurs subalternes qui avouent avoir obéi aux ordres de leurs chefs en faisant des transactions liées à de la cocaïne qu'ils leur auraient déposée et qu'en retour ils ont empoché plusieurs millions de francs guinéens. ", a-t-il expliqué.
Etat major général des Forces Armées
Au niveau de cette instance suprême des Armées du pays, d'autres chefs militaires haut perchés sont poursuivis pour avoir créé en Guinée un '' cadre de couverture sécuritaire et de facilitation du trafic de drogue''. Ces accusations visent notamment l'ancien chef d'état major général des Armées, le général de division Diarra Camara. Dans ce dossier, sont évoqués comme compères, le nom du fils du général Diarra Camara, le lieutenant Amara Camara, le commissaire de police Mohamed Tidiane Coumbassa, ex-membre des services de renseignement de l'état major général des armées et le lieutenant Boubacar Barry qui est l'ami du lieutenant Amara Camara, fils du Général Diarra. Ces hauts dignitaires militaires seraient, à en croire le capitaine Tiégboro, alias 'Tié', au cœur d'un trafic de 22 kg de cocaïne et d'armes à feu illégales (individuelles et collectives). Là également, le général de division Diarra Camara reconnaît volontiers avoir délivré un ordre de mission pour exécuter une opération de recherche de narcotrafiquants, plus précisément des ressortissants Latino-américains qui étaient en séjour sur le territoire Guinéen. Citant les témoignages faits par le commissaire Coumbassa, le Capitaine Tié indique que ces soldats ont exécuté la dite mission et ont saisie des armes automatiques (PMAK), des FM, des grenades (offensives et défensives) ; d'autres espèces d'armes ; 4 voitures de grosses cylindrées dont une ''Hummer'' plus 22 kg de cocaïne. Des explications que l'ex-chef d'état major général nie en partie. Car il réfute, à son tour d'avoir été saisi d'un quelconque arraisonnement de drogue. En revanche, il admet avoir été informé d'une saisie d'armes à feu sur ces étrangers. Et en réaction il aurait d'ailleurs demandé à ce que ces trafiquants soient expulsés vers la frontière de la Sierra Leone, a rapporté le capitaine Moussa Tiégboro. Des ordres du général Dairra que le Capitaine Tié estime militairement et juridiquement ''bidon'' sinon absurdes. Car, pour lui il est inadmissible pour un officier de son rang (chef d'état major des armées d'un pays) de saisir une grande quantité d'armes de guerre dont certaines ne font pas partie des dotations de l'Armée guinéenne, et ordonner simplement sans aucune forme de procès leur expulsion vers les frontières d'un pays limitrophe.
'' Facilitation et blanchiment d'argent à usage de sociétés écrans''
Dans ce paquet, sont mis en cause par les services spéciaux de monsieur ''Anti-drogue'' du CNDD, le sieur Mamadou Siré Bah, alias Kötö et d'autres associés. Cet homme selon le capitaine Tiégboro est le véritable baron de la drogue en Guinée.
Toutefois faut-il rappeler que dans l'imagerie populaire, le parrain du narcotrafic en Guinée était sans doute, jusqu'à la date de ce jeudi 11 juin, le tristement célèbre Moussa Traoré. Mais depuis cette date, un autre nom a été, à la grande surprise des gens, révélé à la presse par le Secrétaire d'État à la présidence chargé de la lutte Anti-drogue et le grand banditisme. En effet, aux dires du capitaine Tié, le sieur Mamadou Siré Bah, dit Kötö serait le véritable baron du cartel du narcotrafic en Guinée. " Ce monsieur, un illettré, est plus dangereux que Moussa Traoré. Il s'était spécialisé dans la facilitation et le blanchiment d'argent à usage de sociétés écrans. Il a bâti son empire économique et financier autour de plus de 7 (sept) sociétés écrans.' ", A confié le Secrétaire d'État anti-drogue à la presse. " Mamadou Siré Bah, Kötö est en fuite de la Guinée et je demande personnellement qu'il soit jugé par contumace en attendant qu'il ne tombe dans les mailles de nos filets ", a-t-il martelé. Selon nos informations, Kötö se trouverait vraisemblablement vers Lomé, République du Togo. Au delà de la drogue, il est aussi impliqué dans le trafic illicite d'armes à feu en Guinée. Il est extrêmement dangereux ce type. Il suffit de prendre connaissance de son plan d'action opérationnelle par rapport aux trafics de la drogue et des armes en Guinée, pour déduire que le pays était au bord d'une invasion militaire extérieure, a précisé le capitaine Moussa Tiégboro. Avant d'ajouter que Kötö disposait d'un schéma complet des vols et des atterrissages des avions transportant les cargaisons de drogue et d'armes depuis la Colombie en Amérique Latine jusqu'en Guinée. Comme complices directs ou bras droits de Mamadou Siré Bah dans son cartel de Conakry, le capitaine Tiégboro cite le nom d'un certain Ibrahima Bah, dit '' Lincoln'', jeune frère de Kötö. Ce dernier, à en croire Tié, serait l'éminence grise du cartel à cause de ses études universitaires, diplômé qu'il est de la 23ème promotion de l'université de Conakry. C'est lui qui gérait les différentes entreprises de Kötö, son grand frère de lait. Selon le Secrétaire d'Etat, Ibrahim Bah ''Lincoln'' aurait déclaré dans sa déposition qu'il est Israélien de nationalité et Guinéen de souche. Dans les entreprises qu'il coiffait, il se faisait passer tantôt pour le PDG tantôt pour le DGA. Toutes ces sociétés ne pratiquaient que des activités de blanchiment d'argent, indiquera-t-il. Dans nos perquisitions à leur domicile, nous avons découvert une importante cache d'armes (voir photo), minutieusement placées sous le contrôle de leur garde, confie le Secrétaire d'Etat Anti-drogue à la presse. ''Cet Ibrahima Bah ''Lincoln'' est un gueulard, une vermine plus pernicieuse que Saddam Hussein a dit de lui Tiegboro. Il avait doté Mamadou Siré Bah d'un plan d'opérations hyper sophistiqués. Etant le principal gérant de son grand frère, il dit ignorer tout de ce que faisait celui-ci.'', ajoute le capitaine Moussa Tiégboro tout déconcerté. '' Lincoln'' en dépit de ses dénégations, nous avons ensuite découvert dans sa boîte e-mail des courriers récents qui décrivaient les principales escales que devaient prendre les cargaisons de drogue ainsi que les noms des personnes qui devaient faciliter ces transactions jusqu'à Conakry. Il a été cueilli à la frontière par nos hommes lorsqu'il tentait avec moi une négociation par le biais d'un de ses cousins avocat, a-t-il révélé Tiegboro. Dans les mêmes dossiers est cité Mamady Kouyaté, alias Kerlin qui est le complice potentiel de l'international narcotrafiquant Moussa Traoré. En sa qualité de chauffeur personnel de Moussa Traoré, c'est lui qui s'occupait de tous les placements et autres transactions des quantités de drogue de celui-ci. Il est son complice immédiat en matière de blanchiment d'argent, a confié le Secrétaire d'Etat. Toujours par rapport à ce dossier des narco, le capitaine Tié a également présenté un certain Obraïn Sionadö, Nigérian qui était venu, au nom d'un cartel international de narcotrafic, négocier avec les autorités de la junte pour qu'ils acceptent que la Guinée soit simplement un point de transit des cargaisons de drogue vers d'autres destinations et qu'en retour ils s'engageaient à ne pas vendre de drogue sur le sol guinéen, mais assisteraient financièrement le CNDD pour le budget de la transition.
Escroquerie et usurpation de titre
Par ailleurs, dans le même lot de présumés narcotrafiquants, transférés le jeudi dernier, il y avait d'autres dossiers relatifs à d'autres réseaux. Il s'agit des bandes d'escroquerie, d'usurpation de titre et fonction, de port illégal d'uniformes militaires et de grades. C'est le cas d'Elhadj Bouba Kaba, Guinéen, né en 1965 à Djedda, en Arabie Saoudite. Cet imposteur, a dit le capitaine Tié, portait en toute illégalité la tenue et des grades rien que pour couvrir, à souhait, ses trafics d'influence et prétendait appartenir aux services des renseignements généraux au temps de feu Général Lansana Conté. " Quand nous, on sortait de l'académie militaire, on serrait le ''garde à vous'' pour ce Bouba Kaba quand il portait le grade de lieutenant plein. Aujourd'hui cet Elhadj aux allures respectables arborait fièrement le grade de commandant ", a rappelé le capitaine Tiégboro pour la petite histoire. Quoiqu'il en soit et quoiqu'il arrive, le capitaine Moussa Tiégboro réitère son ferme engagement, même au prix de sa vie, à aller jusqu'au bout dans la croisade et le démantèlement des réseaux mafieux du narco trafic et du grand banditisme en République de Guinée.
Camara Moro Amara Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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