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A la veille des élections législatives de 2008, c’est un véritable « réveillon » politique qui commence pour les leaders politiques du pays. Sur le terrain, chacun cherche à se positionner pour mieux mesurer sa cote de popularité. Surtout qu’actuellement, dans une phase de recomposition politique totale, personne ne voudrait se faire surprendre. C’est dans cette perspective que le leader de l’UFD (Union des Forces Démocratiques), Mamadou Baadiko Bah a pris, dans la deuxième quinzaine du mois de février, son bâton de pèlerin pour sensibiliser et mobiliser les militants et sympathisants à la base. Une première tournée qui le conduira au Foutah profond, dans les préfectures de Mamou, Dalaba et Labé. C’était les 15, 16 et 17 février dernier. Le leader politique mettra ce périple à profit pour lever un coin du voile sur les rumeurs qui foisonnent actuellement dans les milieux politiques peulh et qui font état du choix d’un seul leader politique de l’association ‘’Haali Pular’’ qui sera présenté aux élections de 2010. Ce, en communion avec tous les partis peulh. Notamment l’UPR, l’UFD, l’UFDG et les autres partis satellites. Après le grand meeting du 18 février au stade annexe du 28 Septembre, le président Mamadou Baadiko Bah vient de boucler une tournée de prise de contact de trois jours au Foutah Djallon. Pendant cette tournée d’implantation de son parti et de mise au point qui le conduira à Mamou, Dalaba et Labé, le président Baadiko (contre toute attente) sans réelle difficulté, a réussi dans ses meetings à mobiliser une foule nombreuse, parfois curieuse, venue l’écouter mais surtout pour son franc-parler qui inspire confiance, tenu dans un langage direct, différent des autres leaders. Mamou, la ville-carrefour, a été la première étape de cette tournée. Accompagné par une forte délégation composée des membres du Bureau exécutif du parti, Baadiko et sa suite ont été accueillis ce jour 15 février par une foule en liesse. A 16 heures, militants et sympathisants du parti, ont pris d’assaut la maison des jeunes sise au quartier Poudrière qui a servi de cadre au meeting du jour. La plupart des militants et sympathisants arboraient les tee-shirts du leader sur lesquels on pouvait lire facilement (en bas de l’effigie du leader) ceci : « la force du changement en marche ». Une heure plus tard, le président du parti au milieu des dizaines de motards qui formaient son cortège fera son entrée dans la salle sous les ovations du public qui avait massivement répondu à l’appel du parti. Le podium est cédé aux ‘Gnamakala’’ (chanteurs traditionnels) une bonne dizaine de minutes, qui ne tarissent pas de mots pour faire des éloges au leader du parti. Après donc ce traditionnel rituel, le représentant du parti dans cette ville vont se relayer au perchoir pour leur discours de bienvenue et réaffirmer leur confiance aux idéaux du parti et de son président. Auparavant on notera la présence des délégations des différents partis évoluant sur place. Il s’agit notamment des délégations de l’UFR, UPR, UFDG (composée de 9 personnes) et du RPG). A l’entame, Mamadou Garanké Baldé, membre du bureau régional de l’Ufdg, souhaitera la bienvenue à son président et à toute la délégation venue de Conakry. Cet enseignant, dans un langage très laconique, mettra l’évènement à profit pour dénoncer la mal gouvernance que connaît la Guinée depuis des décennies. Selon lui, le Guinéen lambda est victime de la dictature, de la barbarie, du détournement des deniers publics, de la corruption etc., que les dirigeants font de leur « sacerdoce » pour les intérêts individuels. Et que malgré cette mauvaise pratique qui constitue un « goulet d’étranglement » pour le développement socio économique, la Cour Suprême qui est le garant de la loi est la première à la violer en favorisant la gabegie et le népotisme dans le pays. « La Cour suprême, garant de la constitution, est la première à violer les textes qui la régissent » dira-t-il. Ainsi pour lui « le moteur de la Guinée est en panne ». Mais que les élections à venir sont une opportunité pour les Guinéens de « changer » ce moteur « fini » par un moteur « neuf ». Il pense donc que pour le faire, les Guinéens devront se donner la main pour changer le système. Le président de la jeunesse de Mamou, Nouhou Djogo Bah abondera dans le même sens pour étayer les dires de son prédécesseur. Avant d’affirmer que la Guinée est confrontée à un problème « d’homme intègre » pour assurer son développement. C’est pourquoi, dira-t-il que le leader de l’Ufd est la « personne » que les Guinéens doivent soutenir pour sortir le pays de l’ornière. Car selon lui, l’Ufd lutte pour une cause nationale et non pour une cause régionale ou préfectorale, encore moins pour défendre une ethnie. Il appellera donc la jeunesse de Mamou à réaffirmer sa confiance au président Baadiko qui, sur le podium, s’exprimera d’abord en Pular avant de revenir sur la langue de Molière, qui, selon, lui n’est comprise que par 20% de la population guinéenne. Dans son discours, le leader s’est surtout accentué sur la jeunesse qui constitue selon lui, l’avenir du pays. Il dira à cet effet, que l’UFD est un parti de la jeunesse consciente et bien éduquée. « Nous disons que la jeunesse est au centre des préoccupations de l’UFD. Puisque la jeunesse est l’avenir du pays. Mais ce qu’il nous faut, c’est une jeunesse éduquée, une jeunesse bien formée et une jeunesse responsable, capable de nous remplacer. C’est pourquoi nous avons imposé des jeunes à la direction nationale de notre parti. L’objectif consiste à la former pour que demain elle puisse nous remplacer » précise-t-il. En substance, Baadiko interpellera la vigilance de la jeunesse de Mamou pour éviter de tomber entre les mains des manipulateurs. Aussi il appellera la jeunesse de Mamou à la conscientisation et à la retenue vis-à-vis de certaines réalités de la vie humaine. Sur ce, il dira que la jeunesse a droit à une manifestation pacifique, d’exprimer légalement son ras-le-bol, mais de grâce qu’elle n’accepte plus d’être entraînée dans la destruction des biens publics ou privés. Surtout que ceci au lieu de sortir le pays du « gouffre » l’engloutira davantage. Pour éviter les dérapages et la sortir du chômage, le président Baadiko propose à la jeunesse de Mamou une formation qualifiée et de l’emploi à décrocher dès après sa formation terminée. « Nous voulons que demain les jeunes puissent étudier auprès de leurs parents, avoir une certaine formation et qu’à la fin qu’ils aient un emploi valable sans envier la jeunesse d’ailleurs », dira-t-il. Ensuite Baadiko ajoutera que son parti tient beaucoup à la reformation de la politique minière puisque la jeunesse n’y trouve pas son compte. D’autant plus qu’il se révèle plus judicieux aujourd’hui d’axer notre nouvelle politique sur « l’agriculture et l’industrie ». En orientant son allocution sur les cadres et les leaders politiques du pays, le responsable de l’Ufd sur un ton sincère et franc, n’a pas tourné autour du pot pour fustiger le comportement néfaste de ces derniers. Selon son aveu, certains leaders politiques, c’est lorsqu’ils ne se sentent plus crédibles, pour la gestion d’un intérêt commun de la nation, qu’ils se réfugient derrière la tribune politique pour tenir de fausses promesses aux populations guinéennes. D’autres, selon Baadiko, vont jusqu’à se servir de l’ethnie pour des fins politiques. « Lorsqu’un homme politique est discrédité, et n’a pas de projet il finit par se réfugier derrière cette tribune. Il faut donc que chacun ait conscience du danger qui nous guette. Et nous devons reculer devant ces pièges mortels. Car ce sont des politiciens sans tribunes qui ne méritent aucune conscience du peuple » martèlera-t-il. Fidèle donc à sa politique de digérer un parti loin de toute connotation ethnique, Baadiko profite de la circonstance pour lever un coin du voile sur le choix d’un leader peulh en l’occurrence Cellou Dalein Diallo, président de l’Ufdg (même s’il ne le dira pas ouvertement) comme candidat représentant l’ethnie peulh aux futures élections de 2010. Et il faut préciser que cette information considèrée comme une manipulation politique pour le leader de l’Ufd se trouve aujourd’hui bien répandue chez des populations analphabètes. Mais Baadiko, lui, opposé à l’idée de l’ethnicité et conscient qu’une ethnie seule ne peut remporter les élections en Guinée, a, au cours de cette tournée, éclairé la lanterne du public peulh en situant la position de son parti face à cette préoccupation. Il dira ceci : « Nous de l’Ufd nous ne sommes pas d’accord pour une seule candidature de l’ethnie. L’Ufd est un parti ouvert à tous les Guinéens. Nous, nous oeuvrons pour toutes les ethnies du peuple de Guinée. Ce, quelles qu’en soient les origines communautaires. Nous n’allons pas confisquer les ressources du pays, au profit de notre région ou de notre préfecture. Ceux qui le feront sont les ennemis de la Guinée. Nous n’avons pas d’argent à distribuer aux gens, mais nous sommes convaincus d’avoir les moyens de notre politique qui sortira la Guinée de l’impasse ». En outre, il n’a manqué pas de déplorer l’attitude à un groupe de personnes qui couraient arracher à la veille du meeting, les banderoles de l’UFD qui se trouvaient sur les places publiques. Et sans donner de précision, Baadiko notera dans cet acte une manipulation politique, pure et simple. Et contre toute attente, alors que le meeting n’était pas encore fini, la délégation de l’Ufdg par la voix du secrétaire fédéral du parti, M. Bademba Diallo a pris la parole et demandé de se retirer de la salle. Comme pour dire qui se sent morveux se mouche. A Dalaba, préfecture natale du leader, c’est la même atmosphère. Les militants et sympathisants ont réservé un accueil chaleureux à leur leader, à la tribune de la Mairie. Face donc à la jeunesse aux femmes et aux sages de Dalaba, Baadiko livrera le même message. « J’aime Dalaba puisque c’est ma préfecture natale. Mais ne pensez pas qu’une fois président je transporterai ici toute la richesse du pays pour construire la préfecture. Que cela soit clair entre nous. La richesse de la Guinée appartient au peuple. Pas à une région ou une préfecture encore moins à une ethnie. Elle doit être équitablement repartie. Donc pour que Dalaba se développe, nous devons tous travailler », explique le leader. Le meeting de Dalaba prendra fin par une conférence-débat qui a été organisée à l’hôtel Fouta Djallon. Où la couche intellectuelle a été édifiée davantage sur la politique et les projets du parti. Dans la cité de Karamoko Alpha Mo Labé, la délégation Ufd a été accueillie également par des militants et sympathisants en effervescence. On était le 17 février, dernière étape de la tournée. Le meeting aura lieu à l’amphithéâtre du Centre de formation Professionnelle (CFP) Le porte-parole de la jeunesse, Mamadou Korka Barry a souhaité la bienvenue au leader du parti, et lancé un appel pressant à la mobilisation de la jeunesse de Labé pour lutter contre le « symbole de système», qui, selon lui est le seul moyen pour les Guinéens de sortir de l’impasse. Là, en plus de son message traditionnel, le président Baadiko a évoqué les problèmes d’infrastructures routières, d’électricité et d’eau qui se posent avec acuité dans la capitale du Foutah. Et surtout l’insécurité qui gangrène la région au grand dam de ses populations. Aussi, il parlera d’une jeunesse abandonnée, qui ne sait plus où donner la tête. Pour résorber une telle situation, le leader de l’Ufd exhorte les populations à se faire recenser et à se mobiliser pour les législatives prochaines pour renouveler totalement notre Assemble nationale qui n’a jamais su jouer son rôle qui consiste à défendre l’intérêt du peuple. Envoyé spécial Samory Kéïta Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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