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Je joins ma voix à celles de mes frères et sœurs guinéens, des démocrates dans le monde pour souhaiter un bon et prompt rétablissement au président de la république, le cpt Moussa Dadis Camara et flétrit avec véhémence la forfaiture du lieutenant Aboubacar Sidiki alias Toumba le 3 décembre 2009 contre la vie du président de la république. En dépit des supputations tous azimuts auxquelles l’acte de Toumba a donné la voie, et dont certaines brouillent plus qu’elles n’éclaircissent, il n’en est pas moins qu’il est à l’antipode de tous les principes républicains.
Le principe « nul n`a le droit de se faire justice » est et reste valable avant et après Toumba.
Toumba étant ce qu`il prétend être, ayant su ce qu`il prétend savoir, aurait dû se confier aux hommes de Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, à moins qu`il n`ait douté de la moralité de ceux-ci aussi, et demander leur assistance.
Nous savons tous que cela est possible et faisable. Il aurait cherché à trouver refuge, comme il le fait bien maintenant, sans commettre ce crime odieux.
Cependant, nous notons que certains opposants, ceux qui viennent de témoigner les déclarations de Toumba, n`ont pas dit toute la vérité aux enquêteurs et aux peuples. Pourtant on n'a pas le droit de cacher la vérité ou une partie de la vérité à ceux qui sont sensés la rechercher, à ceux qui ont la mission de la rechercher.
De l`autre côté, M. Bah Ousmane, en sa qualité du président de l`UPR, une des deux grandes formations politiques de l`opposition guinéenne (RPG et UPR sont les deux grands partis politiques, les autres sont des micros partis, en état de construction, comme on aime le dire en Guinée), a déclaré tout récemment : "Toumba, n'est autre que le bras armé des narcotrafiquants, des prédateurs de l'économie qui ont peur des audits déclenchés par la junte et des responsables des tueries du 28 septembre".
Nous avons le droit de nous poser la question à savoir si tous ceux-là tiennent du hasard. A mon sens, ils puent la conspiration et confortent la thèse d`un coup d`état.
En l`état actuel de l`évolution, on a plutôt l`impression que les mémoires de Toumba ont été rafraîchies, pour quels besoins ? Ceux qui sont en charge de trouver la vérité sur les événements du septembre et 3 décembre 2008 ont désormais la tâche de nous éclairer.
En attendant de connaître la vérité, il faut admettre que de la même manière que nous avons tous condamné les événements douloureux du 28 septembre 2009, de cette même manière, en tant que Guinéens, démocrates et républicains, nous avons le devoir de ne pas caresser le forfait de Toumba. Ceux qui le font pour des raisons politiciennes ne s’attachent qu’à des vétilles. La notion de république requiert une vision plus large et plus humaniste.
N`est-ce pas que Dadis a même plusieurs fois démontré que l`adversité politique n`implique pas forcement l`animosité ? « Il faut rendre à César ce qui appartient à César ; et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Il est impératif que nos acteurs politiques, qu`ils soient du gouvernement ou de l`opposition, traduisent les valeurs intrinsèques de notre société dans leurs comportements, cela est aussi le devoir du politique.
Force est de reconnaître que la loyauté hautement républicaine et la fidélité d’homme africain dont a fait preuve le général Sékouba Konaté fut purgative pour notre armée nationale, qu’elle l’a débarrassé de la honte et de la souillure morale et lui redonné sa dignité. Elle nous a donné, à nous Guinéens, une raison d’être fiers du haut commandement de notre armée nationale et par-dessus, une raison d’espérer en des temps meilleurs.
Ibrahim Kaba, Berlin Géophysicien et consultant de logiciel à Berlin
www.guineeactu.com
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