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Il semble qu’il y a de nos aînés qui tremblent, chaque fois que la question de la limite d’âge pour la présidence est soulevée. Eh bien ! chers frères et sœurs, si tous les Guinéens avaient le même point de vue que moi, vous n’auriez rien à craindre, car à mon humble avis, nous n’avons nul besoin de nous imposer cette limite. De nos jours, en effet, nous voyons de plus en plus de centenaires dans le monde et d’octogénaires, qui assument parfaitement bien des fonctions politiques.
Par contre, nous avons absolument besoin de limiter le nombre de mandats consécutifs du Président. En plus d’écarter les risques de créer des dictateurs à vie, la limite de mandats a d’autres avantages. Il y a une façon simple de le vérifier : Prenez une organisation quelconque (votre service, votre association, etc.) et notez, au fil du temps, les changements positifs, si minimes soient-ils, qui s’opèrent chaque fois que les postes de responsabilité changent de titulaires.
Par ailleurs, on pourrait aborder deux autres questions. D’une part, on entend parfois des propositions pour limiter le nombre de partis politiques. Il semble pourtant qu’il n’y a aucune raison de le faire. Une fois qu’un système démocratique est institué, les partis finiront par s’allier les uns aux grands, et en fin de compte, il y aura une sorte d’élimination naturelle.
D’autre part des voix clament que le Cndd doit continuer sa tâche plus longtemps, parce qu’un président civil ne saurait faire de même. Que nenni ! Ce n’est pas parce que le futur président est un civil, qu’il ne pourrait pas, lui, conduire les mêmes réformes. Même civil, tout Président de la République aura les mêmes prérogatives qu’un capitaine, voire un général président –pas un iota de moins ! – car, entre autres, l’article 41 de la Loi fondamentale stipule : « Il est le chef des Armées. Il nomme à tous les emplois militaires. »
Le Président Dadis a réussi à faire, ce qu’aucun autre n’a fait : c’est indéniable, et tout Guinéen conséquent lui doit sa reconnaissance. Mais cela ne justifie pas l’allongement de la transition. En effet, qu’il ait pu faire une chose, démontre de façon élémentaire, que cette chose est faisable par ses successeurs. C’est une question de détermination, comme le prouve Michael Beschloss dans son ouvrage : « Presidential Courage ».
Si donc la Guinée a la chance d’avoir un leader aussi courageux et patriote que le capitaine Dadis – qu’il soit militaire ou civil, grand diplômé ou pas –, il pourra faire exactement la même chose. D’ailleurs, plus éclairé et mieux préparé, il pourra faire mieux.
Plût à Dieu donc que la Guinée célèbre les fêtes de fin d’année 2009, avec un tel président, ou une telle présidente, démocratiquement élu(e) !
Mahmoud Ben Saïd
pour www.guineeactu.com
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