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Après avoir transféré les présumés narcotrafiquants, le ministre d’Etat à la présidence chargé de la Répression du grand banditisme, de la Lutte Antidrogue et des Services Spéciaux vient de commencer à mettre officiellement à la disposition de la Justice guinéenne les biens immobiliers appartenant à ces personnes interpellées. Cette cérémonie, débutée depuis le 10 février en présence du premier Avocat général près la Cour d’Appel de Conakry, Me. Karifa Doumbouya, représentant le Procureur général près ladite Cour, continue son petit bonhomme de chemin.
Elles sont plusieurs dizaines de propriétés immobilières de présumés narcotrafiquants à être passées depuis le mercredi 10 février sous le contrôle de la justice guinéenne. Disséminées entre les quartiers huppés situés, pour la plupart, en haute banlieue de la capitale, de Yimabaya Fassa à Kobaya en passant par Kipé, Nongo, Lamabayi, Symanbossiya, Taouyah..., ces différentes réalisations sont composées de maisons simples, d’immeubles à plusieurs niveaux et de grands magasins d’entrepôts. Comme il fallait s’y attendre ces villas et somptueux châteaux répertoriés appartiennent à des personnes tristement célèbres et connues comme étant des présumés grands barons du narcotrafic en Guinée. Ce sont les sieurs Moussa Traoré, Elhadj Mamadou Ciré Bah alias ‘’Kötô’’, Sidikiba Mara aujourd’hui tous en cavale et Mamady Kalo. Celui-ci est quant à lui, incarcéré à la Sûreté urbaine de Conakry en attendant son jugement.
Pour le compte de Moussa Traoré, plusieurs sites ont été localisés et mis à la disposition de la justice dont une grande cour de plusieurs hectares ainsi que de grands magasins d’entrepôts qui lui rapporteraient chaque fin de mois une bagatelle de 5 millions. Soit 60 millions l’an, nous a confié un de ses locataires. Sur les berges de Kaporo, précisément dans le secteur de Kaporo Beach, Moussa Traoré dispose aussi d’un vaste domaine fermé où plusieurs immeubles à trois niveaux y ont poussé. A Kaloum, en plein cœur du quartier Manquepas, la même personne a racheté l’imposant immeuble à 7 niveaux qui jouxte la Pâtisserie centrale, et fait office de QG pour la corporation des diamantaires de la capitale. A deux cent mètres de là, et toujours sur la même ligne, se trouve un immeuble à 6 étages en chantier de Sidikiba Mara. Ce dernier possède dans le quartier Camayenne un autre immeuble en chantier de R+10. A Kaporo, Elhadj Mamadou Ciré Bah, alias Kötö que le ministre d’Etat Tiégboro surnomme le Parrain, détient un immeuble qui portait, a-t-il rapporté, des radars, des équipements satellitaires, le plan cadastral entier du pays.
Selon le lieutenant colonel Tié, ces instruments servaient sans nul doute au guidage des opérations de rotations clandestines des petits avions et vedettes qui transportaient les cargaisons de cocaïne de l’Amérique du sud à Conakry. Mamadou Ciré Bah compte d’autres réalisations dans les quartiers Taouyah dans le secteur Kakimbo, à Faban et à Gbéssia port I où sont stockés les produits organiques toxiques que les experts de l’ONU-DC ont qualifiés de précurseurs de la drogue dure. Plusieurs villas dotées d’équipements de surveillance hyper sophistiqués et de nombreux autres en chantier dont 15 duplex, presqu’une modeste cité, situés à quelques encablures du futur stade de Nongo qui appartiennent à Mamady Kallo, sont désormais sous le coup d’une saisie conservatoire de la justice.
En mettant ces biens saisis à la disposition du Parquet général, le ministre d’Etat en charge de la Lutte Antidrogue, le lieutenant colonel Tiégboro Camara a insisté à ce que la justice fasse dans la plus grande transparence et conformément aux dispositions prévues dans la Constitution, le procès de ces présumés narcos aujourd’hui attendu avec impatience par le peuple de Guinée. Par ailleurs, il a tenu à rappeler que, plus qu’avec le capitaine Dadis, la lutte implacable engagée contre le narcotrafic en Guinée va s’intensifier sous le pouvoir du général Sékouba Konaté, le président de la Transition et président de la République par intérim. ‘’Le général Sékouba m’a exhorté de procéder maintenant et officiellement à la mise à la disposition de la justice des biens saisis des narcos. Il m’a également exprimé son souhait de voir très rapidement la justice organiser le procès de ces présumés narcos’’, confiera-t-il. Surpris par la valeur et le nombre des biens immobiliers saisis, l’avocat général, pour sa part, rassurera que la justice jouera pleinement sa partition en faisant en sorte que tout le droit soit dit dans ce procès qui va bientôt être renvoyé devant les juridictions compétentes du pays. ‘’Pour le moment et dans les 24 heures qui suivent, tous les occupants de ces maisons, dorénavant sous contrôle de la justice, seront déguerpis et ce jusqu’à ce justice soit faite’’ a indiqué enfin Me Karifa Doumbouya.
Aujourd’hui, après trois journées, le ministre Tiégboro a annoncé que ces opérations de mise à la disposition des biens immobiliers des présumés narcotrafiquants à la justice se poursuivront et pourraient s’étendre, dans les jours qui suivent, à certaines localités de l’intérieur du pays. Elles concernent autant les propriétés immobilières que les produits toxiques que certains sites abritent, a-t-il promis.
Affaire à suivre
Camara Moro Amara L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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