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Deux des personnes arrêtées par le fameux Directeur de l'Agence nationale de lutte contre la drogue et le crime organisé, le colonel Moussa Tiégboro Camara, sous le prétexte fallacieux qu'elles ont usurpé la fonction de médecin, ont été condamnées à six (6) mois d’emprisonnement avec sursis et au payement de 200.000 GNF d’amende chacune, le 16 mai par un tribunal de Conakry. Celui-là même qui avait condamné les militaires affectés à Cellou Dalein.
Le médecin Gbamou Gadè Foromo et l’infirmier Moriba Kolié ont été retenus dans les liens de la culpabilité des faits d'usurpation de la fonction de médecin et condamnées à six (6) mois d’emprisonnement avec sursis et au payement de 200.000 GNF d’amende chacun en dépit de la légalité de leur aptitude à leurs différentes professions prouvée par les diplômes et autres attestations qu'ils ont produits. Moriba Kolié, particulièrement, s'est dit surpris de l'accusation.
Le représentant du ministère public venu en parent pauvre a demandé la condamnation de Moriba Kolié et Gbamou Foromo à un (1) an de prison ferme pour exercice illégal de la fonction de médecin. Sans apporter la moindre de preuve de leur implication dans la pratique illicite de ce métier en Guinée.
La défense a dénoncé des vices de procédures dans cette affaire. Elle a démontré que le ministère public a été incapable de prouver les fondements de son accusation. « Il faudrait que le colonel Tiégboro soit condamné à un franc symbolique » a sollicité un avocat de la défense.
« Le mal de ce pays est qu’on encourage la médiocrité. Cette médiocrité est que nos clients ont été arrêtés par un groupe dont le dirigeant n’a pas la qualité d’un officier de police judiciaire » ajoutera cet avocat. L’avocat dira, contrairement aux dires du procureur, qu’il y a eu une centaine de médecins arrêtés dans ce cadre au lieu de 14. Mais les nantis se sont échappés, c’est les moins nantis qui ont été transmis à la justice. « Pour qu’on parle d’usurpation de titre ou de fonction, il faut que l’intéressé ne soit pas en mesure de prouver sa fonction par un acte administratif. Ce qui n’est pas le cas dans ce cas d’espèce » poursuivra l'avocat pour montrer en quoi la base légale de cette infraction d’usurpation de fonction n’est pas constituée.
Disons que plutôt qu'un procès Gbamou Gadè Foromo et autres, ce fut le procès du colonel Moussa Tiégboro Camara. « Après avoir menti sur les honnêtes citoyens pour drogue, Tiégboro s’attaque aujourd’hui aux médecins, on se demande de qui sera-ce le tour demain. » s'est interrogé un autre avocat.
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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