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Le projet de construction de 200 logements à Conakry annoncé à cor et à cri par le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Thierno Oumar Bah, « n’est rien d’autre qu’une fumeuse affaire qui permettra à un groupe de privilégiés, des parents et amis à coup sûr, de bénéficier de ces maisons au détriment de nombreux Guinéens plus nécessiteux », selon les propos que nombre d’observateurs n’hésitent pas à avancer à la lumière du désenchantement, du ras-le-bol et de la déception qui prévalent au sein des populations face à la politique du gouvernement de Lansana Kouyaté abusivement qualifié de consensuel. Au lieu de commencer son action par la mise en place d’une rigoureuse réglementation des loyers en République de Guinée, Thierno Oumar Bah s’est engagé dans un projet de construction de logements qui, bien que louable, relève des moyen et long termes. L’urgence eût été de mettre en place une politique rigoureuse de fixation des loyers, à savoir des prix plancher et des prix plafond en fonction du type et de l’âge du bâtiment, comme cela se fait ailleurs dans la sous région. En attendant que le ministre et ses collaborateurs s’attèlent à ce travail salutaire, les Guinéens en général, et les fonctionnaires en particulier, sont laissés à la merci de propriétaires immobiliers qui n’ont de religion et conviction que l’argent. Vraisemblablement, seules les actions d’éclat et les projets juteux, intéressent Thierno Oumar Bah. Et aussi longtemps que ce département ministériel sera occupé par ce « technocrate », les millions de Guinéens locataires ne seront pas sortis de l’auberge estiment nombre de concitoyens. La problématique du loyer mensuel à payer constitue la raison du courroux contre le ministre de l’Habitat de bon nombre de citoyens qui, pour la plupart sont locataires des logements qu’ils habitent. Alors que les loyers sont déjà, en moyenne, équivalents à 50% de leurs salaires, ils sont régulièrement revus à la hausse par les propriétaires sans aucune réglementation et sans aucune voie de recours pour les pauvres locataires. Par ailleurs, que dire des nombreux loyers payés en monnaies étrangères par certains locataires ? Les impôts et les taxes foncières liés à ces logements dont les loyers sont fixés en monnaies étrangères sont-ils perçus en contrepartie par l’Etat ? C’est donc pour toutes ces failles et improvisations dans ses actions qui ne tiennent compte ni de la réalité ni des préoccupations des Guinéens que les observateurs s’accordent à dire que le ministre de l’Habitat est passé à côté de son sujet. Thierno Oussou BARRY Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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