mercredi 30 juin 2010
Thierno Madjou Sow, président de l’OGDH : « Le vote ethnique ne cessera que quand il y aura la vraie démocratie »
Thierno Madjou Sow

Le président de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), Thierno Madjou Sow, livre à chaud ses sentiments sur le vote du 27 juin.

Le Démocrate : Monsieur le président de l’OGDH, quels sont vos sentiments face à ce que vous venez de vivre ce 27 juin, en tant que Guinéen ?

Thierno Madjou Sow : Ces élections à caractère historique semblent s’être passées dans de bonnes conditions. Il y a eu quelques problèmes techniques à certains endroits, par exemple ceux qui n’avaient pas de cartes d’électeurs, qui n’avaient pas leurs noms sur la liste ou ceux qui avaient été recensés, et qui ne voient plus leurs noms sur la liste cela a posé des problèmes pour qu’ils votent. Et ceux qui étaient malades ou qui ont voyagé qui voulaient qu’ils soient représentés par d’autres, là aussi il y’a eu certains problèmes. Un des problèmes aussi c’est le nombre important de personnes dans certains bureaux de vote, où l’on se demandait si tout le monde allait pouvoir voter ; après, nous de l’OGDH, avions appelé et on nous a dit que tout le monde a pu s’acquitter de son devoir civique. Il y a également le problème des urnes, tous les bulletins ne pouvaient pas être mis dans une seule urne, il fallait donc une seconde urne, ce sont ces problèmes mineurs qui ont caractérisé les élections, et le reste il y a eu un engouement extraordinaire. Les gens sont sortis massivement pour voter parce que tout le monde veut que ça change et j’espère que celui qui viendra au pouvoir tiendra compte de cette volonté populaire, de cette dynamique, pour qu’il s’engage sur la voie du changement, ce que nous espérons.

L’OGDH a-t-elle déployé des observateurs sur le terrain, pour superviser ce scrutin ?

Oui, on a des observateurs à plusieurs endroits du territoire, que ce soit dans le cadre du FOSCAO ou d’autres organisations ici, nous avons participé à l’observation des Elections.

Ces observateurs vous ont-ils déjà fait leur compte rendu ?

Certains ont travaillé toute la nuit, j’ai appelé ce matin, par exemple à Kindia sur 500 et quelques bureaux de vote, ils n’ont pu totaliser que pour 50 bureaux vote, donc il reste encore.

Et au niveau de l’étranger ?

A ce niveau nous avons Dakar par exemple, où nous avons 22.499 inscrits, pour votants : 18.500.

Alpha Condé totalise 682 voix sur ce chiffre, tandis que Cellou Dalein a eu 15443 voix. Et Sidya Touré 945.

Des bulletins nuls il y en a eu, et on parle de 848.

Ce sont là des chiffres que nous avons reçus ce lundi.

Qu’est-ce que vous pensez de ceux qui disent que ce vote revêt un caractère ethnique ?

La Nation guinéenne n’est pas encore formée. Il ne faut pas que ça fasse d’illusions et ce qu’il y a eu au niveau de la gestion de l’Etat de la gouvernance, qui ont beaucoup souffert, c’est ce qui a amené tous ces groupes à se replier sur soi- même. Je crois que le vote ethnique ne cessera que quand il y aura la vraie démocratie. C’est fondamental pour que le citoyen puisse évoluer de façon libre et qu’il y ait égalité, c’est dans ce cas seulement qu’on peut éliminer l’ethnocentrisme. Sinon l’être humain se replie sur soi même, il a besoin de garde fou, si ces garde-fous ne sont pas crées au niveau des syndicats, de l’administration, de la société civile, de la sécurité, en ce moment il se replie sur sa famille, sur sa région ; mais quand il y à la démocratie, chacun évolue selon ses compétences, chacun est employé selon ses compétences, en ce moment les gens seront libres et ne se replieront plus sur les relations familiales.

Y a-t-il eu des incidents durant la journée de vote ?

Il y a eu un endroit où un chef de bureau a été renvoyé par les forces de l’ordre, mais ce n’était pas pour des problèmes assez importants mais les votes continuaient à son absence quand même.

Certains observateurs pensent que le bon déroulement de ces votes, sans incidents, sonne comme un calme avant la tempête, que la situation risque de dégénérer après la proclamation des résultats. Qu’en pensez-vous ?

Je pense que si les élections sont transparentes et surtout crédibles, si tout le monde croit à ces résultats à la transparence, je crois qu’il n’y a pas de raisons, à se faire du souci.

C’est au niveau des autorités qu’on aurait eu des problèmes, si les choses n’étaient pas transparentes. Il ne s’agit pas de dire d’accepter simplement les résultats quelles que soient les conditions. Il faut que les résultats soient transparents et crédibles pour que les gens acceptent le verdict.


Propos recueillis par Boubacar Bah
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
SOW JEAN BERTRAND, dimanche 4 juillet 2010
Je constate qu`il n`y a que les peulh et les malinkés qui sont entrain de se justifier. Ce sont les plus ethno du pays. Qui se sent morveux se mouche
Boubacar Diallo, samedi 3 juillet 2010
Une petite remarque pour nos compatriotes qui ont la bonne volonté d’enrichir nos échanges électroniques: C’est contreproductif que de reposer des questions déjà répondues par les commentaires formulées par d’autres intervenants. Pour avancer nos débats par des contributions positives, nous devons tout d’abord comprendre les différents commentaires précédents et en tenir compte dans nos interventions. Ainsi, nous serons mieux préparés à nous exprimer sur le sujet en question, tout en évitant de répéter les autres ou de parler hors sujet. Sans cette précaution, on s’engage dans un dialogue des sourds, où chacun parle pour soi et provoque une cacophonie menant à absurdité indésirable. Avec mes encouragements, que vivent les diadoques constructifs!
Mory Sylla, samedi 3 juillet 2010
Il est regrettable de voir et entendre les intellectuels Guineens faire l`apologie d`un acte aussi ignoble que le vote ethnique.Quel paradox!!! La democratie n`est pas une fin en soi.C`est un instrument de gouvernance qui se perfectione dans le temps.La preuve:l`Amerique a mis 234 ans(a partir du 4 Juillet 1776)pour etre la ou il est aujourd`hui,malgre` des hauts et des bas,voir meme des tres bas(l`esclavage). Maintenant il vous revient Mr. Sow des Droits de l`homme de nous donner une date pour la fin du vote ethnique et l`emergence d`une Guinee` nouvelle.Car si nous devons attendre une vraie democratie pour mettre fin au vote ethnique,je dirai alors que l`ethnocentrisme a encore un avenir radieux devant lui. Les intellectuels doivent prendre leur responsabilite` et comprendre qu`ils appartiennent a toute une nation.Pas un groupuscule ethnique.
kalil, samedi 3 juillet 2010
merci gandhi.
Gandhi, vendredi 2 juillet 2010
Personne n`a dit que le réflexe ethnique c`était bien, mais comme Mr Diallo a parfaitement compris ma pensée, il est inutile d`en rajouter sur ce point. Un état de droit, de la pédagogie et de l`éducation finiront avec le temps, par faire rentrer les choses dans l`ordre. Il ne faut pas brûler les étapes. Pour ce qui concerne la Confédération helvétique, mon propos ne visait pas les Suisses entre eux, mais leur rejet de la culture musulmane. Cela ne les dérange pas de vendre leur faux café soluble (nescafé) aux populations musulmanes, ou de mettre en banque l`argent détourné de nos dictateurs, mais en revanche ils ne veulent pas de minarets chez eux. Lorsque l`OMC qui se trouve à Genève imposera aux hommes, la réciprocité applicable aux produits, les Suisses feront montre de moins d`arrogance.
Oumar BAH, vendredi 2 juillet 2010
XOY si tu lui dis le nom de ton Ami il te dira pour qui il a voté.
Alpha Rafiou DIALLO, vendredi 2 juillet 2010
Un lien de parenté doit exister entre nous,M.BAH car Alpha Oumar Rafiou Barry de Daralabé est mon arrière-grand-père maternel.Rafiou est un prénom qui n`est pas très répandu,il ne doit pas sortir du périmètre qui va de Labé à Bantiguel(Pita).Nous sommes sûrement plus proches que l`on ne le croit,M.Bah. Pour revenir à la problématique ethnique,je suis tout-à-fait d`avis qu`il ya nécessité de mettre l`accent sur l`Unité nationale.Comme le fait remarquer Boubacar Diallo,au Mali(le regretté Ampathé BA m`a beaucoup appris sur le fonctionnement de cette société qui pourrait nous servir d`exemple),peulhs,sarakolés, bambaras,...s`entendent à merveille,au point que le bambara est parlé par tous(comme le Ouolof est parlé par tous les sénégalais).Dans ces 2 pays qui sont quasiment dans la même configuration ethnique que la Guinée,le peuple ne se pose pas la question de savoir si Senghor est sérère ou si Toumani est peulh;il s`attache au charisme et à la compétence des leaders.Entre les différentes ethnies,il existe des relations de plaisanterie que nous n`avons pas chez nous.La raison de cette crispation chez nous qui,forcément entraîne le repli sur soi,réside dans la politique menée par Sékou Touré,dès les 1eres heures de l`indépendance de la Guinée(mise à l`écart progressive de Saïfoulaye Diallo,puis inventions d`une série de complots dont le but est de permettre la liquidation systématique des cadres peulhs et des cadres des autres ethnies qui lui faisaient de l`ombre).Je ne vais pas revenir sans cesse sur l`histoire,mais le traitement subi par le pauvre Diallo Telli(dont la popularité à l`échelle internationale était indiscutable),l`expression"je déclare la guerre aux peulhs",ne peuvent que susciter méfiance et crainte.Au Mali,Modibo Keïta était dictateur mais loin de son esprit,le réflexe ethnocentrique.C`est encore mieux au Sénégal où ils n`ont pas eu de dictateurs.Nous n`avons pas eu cette chance alors-même que nous sommes mieux lotis que ces 2pays arides mais bénis de Dieu!!Autre fait:pendant des années,chacune de nos régions étudiait dans sa propre langue vernaculaire,la conséquence directe c`est la division de fait du pays.Il nous faudrait beaucoup de temps pour réparer toutes ces sottises(...).Après les élections,il faudra effectivement qu`une cellule culturelle se consacre spécialement à la recherche de l`unité nationale,par des campagnes de sensibilisation. Mais en l`état actuel des choses,nous devons en priorité mettre en place,un Etat de droit reconnu par tous,et consolidé par un dirigeant ELU au suffrage universel direct.Les mentalités vont suivre sans aucun doute,si nous rendons irréversible,le fait démocratique.A ce moment-là,nous pourrons construire une vraie nation.
Boubacar Diallo, jeudi 1 juillet 2010
Si on est au courant de la culture administrative ethnique des Présidents qui ont géré la Guinée, et qu’on maitrise ce qu’on appelle cause et conséquence, ou la cause et son effet, ou bien encore, la réaction à une action, on pourrait même féliciter les Guinéens de ne pas être davantage «tribalistes». Avant de pouvoir résoudre un problème, il faut le comprendre d’abord. Mauvais qu’ils peuvent l’être, les Guinéens ne forment pas une espèce humaine différente de celle des pays voisins. A titre d’exemples, le Présidents Senghor et Modibo Keita étaient au dessus du comportement ethnique. D’où, malgré les problèmes sociopolitiques de ces pays, les résultats du suffrage n’est pas à base ethnique au Sénégal et au Mali. Ainsi, combien de Guinéens savent même que le Président Toumani du Mali est Peuhl? Lorsqu’il prit le pouvoir en 1990(?), qui est-ce-qui avait entendu dire qu’un officier Peuhl s’est emparé du pouvoir au Mali? En Guinée où la mémoire parait être courte, c’est la confusion qui règne en ce moment dans beaucoup d’esprits, ne sachant pas que la graine ethnique qui a été semée depuis des decennies a poussé et porte déjà ses fruits. Mes chers compatriotes, ce que les Anglo-Saxons appellent « Denial, which is a fact that is too uncomfortable to accept »—le rejet de la vérité désagréable--- est un syndrome réel pour beaucoup parmi nous. Faisons face à la réalité et travaillons sur nos consciences et sur les préjugés des nôtres. Ce travail qui doit inclure la reconnaissance des injustices du passé est le meilleur moyen d’éliminer l’ethnocentrisme, et de développer un Etat de droit, uni et prospère pour le bonheur de tous. Vive l’Unité Nationale
bah, jeudi 1 juillet 2010
Cousin ou tonton alfa rafiou (lool, j’ai pas mal de rafiou dans ma famille donc on est surement parent vu qu’en Guinée on est tous liés !), suis totalement d’accord avec ça mais justement il ne faut pas se laisser aller après ces élections, oublier le passé et refaire les mêmes erreurs. Avant je me disais, en tant que jeune et comme plein de Guinéens surement, que la réconciliation nationale était plus une obsession des aînés mais en fait non, c’est une réalité qui, si nous ne la prenons pas au sérieux, va nous éclater à la figure un beau jour, même si on devient aussi développé économiquement que les USA, et ce jour là tout va s’écrouler. La première des choses à faire, à mon avis, c’est d’accepter le choix des urnes (que faire des soupçons de fraude !) mais au lieu de se contenter de dire « on comprend » (ce qui, effectivement, ne veut pas forcément dire prendre la défense), il faut surtout insister sur "attention". Je suis peut être un peu rêveur mais je pense que le pardon est essentiel, ne pas faire la même erreur même si la douleur est vive. J’espère qu’on y arrivera vite avant que le pire n’arrive. Ensemble nous vaincrons.
Alpha Rafiou DIALLO, jeudi 1 juillet 2010
M.Bah,on n`est pas en train de prendre la défense du vote ethnique,ni justifier un quelconque choix électoral.Nous souhaiterions que l`on ne diabolise pas le vote à caractère ethnique au point d`en faire un épouvantail qui serait de nature à opposer les guinéens.Nous voulons dire que pour un premier pas vers l`instauration durable de la démocratie dans notre pays,l`inconscient collectif va fonctionner malheureusement comme ça.Après les tourments qu`ont connus les peulhs sous Sékou Touré(ils n`étaient pas les seuls d`ailleurs!),la diabolisation des malinkés sous le 1er Gouvernement Conté,les évènements de 2006,2007...et surtout 2009,ont montré l`absence criante d`Etat digne de ce nom pour protéger les citoyens guinéens(dans un pays où la culture est globalement islamo-chrétienne,il ya de quoi être offusqué par la violence et les viols subis par la population,c`est peu dire!).A partir de ce constat,les gens sont gagnés par la crainte de revivre de telles situations et préfèrent s`en remettre au bon Dieu ou accorder leur confiance à celle ou à celui dont ils se sentent géographiquement plus proches(ainsi un Diallo de Labé voterait plus facilement pour un Doumbouya de Labé que pour un Diallo de Beyla).C`est une question non pas de différence "raciale" mais de proximité culturelle et géographique.Mais ça n`a rien à voir avec le rejet des autres. Peut-être qu`il yaura un 2eme tour des élections,des alliances vont pouvoir se nouer et cela aura un impact,à terme,sur les comportements des uns et des autres.Progressivement,nous irons vers un combat d`idées et il ne restera plus que deux ou 3 partis politiques majeurs,ce qui pourra transcender les clivages ethniques apparents.De fil en aiguille,notre démocratie prendra forme dans la tolérance et la prospérité,qui constituent le socle d`une meilleure fraternisation des guinéens.Soyons tout simplement sincères avec nous-mêmes et par ricochet avec les autres.Evitons les beaux discours pour faire plaisir à Paul ou à Pierre,nous n`avons plus beaucoup de temps,vu l`énorme chantier qui nous attend.Enfin,pensons à la postérité...
bah, jeudi 1 juillet 2010
Chers amis, ces derniers temps, malheureusement, on a souvent entendu dire que le vote ethnique est un argument valable comme les autres et on le lit encore dans les commentaires ; aussi, certains disent que le vote ethnique est compréhensible compte tenu de l’histoire, certainement pour justifier leur vote. En fait, on ne le condamne plus parce que c’est compréhensible ; c’est devenu normal même pour les intellectuels qui le dénonçaient avant. Ce constat me désole profondément et à mon avis, ce n’est pas de l’immaturité mais de l’irresponsabilité parce qu’on sait très bien qu’il est dangereux de le faire et on s’est tous battus pour l’égalité et l’unité nationale entre 2007 et 2009. Cette élection est un bon pas en avant mais ne disons pas que le peuple de Guinée a gagné cette élection parce que ce n’est pas le cas, ce sont des groupes communautaires qui l’auront gagnée. Ne disons pas que la Guinée est un pays démocratique parce que la démocratie ne se limite pas à organiser des élections libres. Qu’on ne s’offusque pas lorsque d’autres personnes auront le même comportement ? va t-on exiger d’eux le respect de valeurs qu’on n’aura nous-mêmes méprisées ? Souvent, on dit aussi que ça prendra du temps mais faut-il attendre qu’il y ait encore d’autres morts ou alors ça va tant que les morts ne sont pas de notre côté ? Nous avons aujourd’hui conscience du danger car c’est un danger, alors pourquoi se contenter de comprendre alors qu’on l’a compris depuis fort longtemps, ayons le courage de dénoncer et lutter contre cela. On dit souvent que l’histoire nous jugera mais j’aimerai dire mieux : Dieu nous regarde. Prions pour que la prochaine équipe (bonne remarque Boubacar Diallo) travaille aussi à cela. Vive la Nation.
OXY, jeudi 1 juillet 2010
J`aimerais savoir pour qui a voté Mr SOW pour etre bien situé.Merci!
Sékou Falil Doumbouya, jeudi 1 juillet 2010
En lisant l’interview et les contributions précédentes, on est tenté de se poser trois questions : (i) l’existence d’une nation est-elle nécessaire pour éviter le péril du vote ethnique ? (ii) La polarisation d’un vote vient-elle seulement de la caractéristique ethnique ? Qu’est ce que c’est que la véritable démocratie ? Plusieurs traits permettent de classer les guinéens en plusieurs groupes : la région, la religion, la langue, l’ethnie, le milieu de résidence (urbain ou rural), l’âge (jeune ou vieux), la profession, le lieu d’acquisition de l’expérience professionnelle (Guinée ou étranger), le courant idéologique, etc…Ces traits sont souvent irréductibles et il peut arriver que le résultat d’un vote soit influencé ou polarisé par l’un de ses traits. A priori, il n’y a pas de bonnes raisons de s’inquiéter du péril du vote « ethnique » et de ne pas s’inquiéter du péril du vote polarisé par une autre caractéristique de la population. Il me semble que la véritable peur de nos compatriotes n’est pas la polarisation du vote (ethnique ou non) mais l’incertitude sur le lien entre le vote et la répartition du pouvoir à instaurer dans nos institutions. Le vote est un beau principe égalitaire pour repartir le pouvoir, mais on ne doit y voir qu’un principe dérivé, derrière lequel se cache un principe plus fondamental, dont l’application ne se limite pas à la sphère politique mais concerne le partage du pouvoir dans n’importe quel contexte de décision (entreprise, syndicat, parti politique, association, ONG, famille,..). Le principe fondamental de la véritable démocratie est le suivant : toute décision doit être prise par ceux qu’elle concerne, et le pouvoir de décision doit être réparti en proportion des intérêts en jeu. Ce principe n’a pas besoin d’attendre la réalisation d’une nation (dans le sens de l’identification de « la » volonté du peuple) mais repose sur la possibilité de définir un objectif de bien commun tenant compte de façon équilibrée des intérêts en cause. Il peut servir de guide pour repérer et réformer les imperfections de nos institutions, même si nous devrions reconnaître les difficultés de comparer les différents intérêts en jeu dans le cadre d’une décision particulière.
Alpha Rafiou DIALLO, jeudi 1 juillet 2010
Merci pour la mise au point de Gandhi dont les interventions sont toujours éclairantes.Ainsi,sur l`ethnisation électorale,il nya plus rien à rajouter,son résumé englobe tout et va dans le même sens que le sage,Thierno Sow.L`absence de l`Etat depuis l`indépendance est à l`origine de ce repli communautaire.Or,sans Etat fort,l`idée de nation devient illusoire.Gandhi rappelle de manière chronologique et intéressante que toutes les ethnies ont été touchées par la répression "barbare". Comme on dit,"chat échaudé craint l`eau froide". Cependant,à propos de l`exemple suisse,je persiste à penser qu`en dépit de ses imperfections,il nya pas de problème communautaire grave entre"français,italiens et allemands".Au contraire,ils ont tous le réflexe de défendre le drapeau face à l`extérieur,notamment face à l`Union Européenne(Les résultats des différents référendums en attestent la réalité).Et Dieu seul sait qu`ils ont tous oeuvré pour le développement de leur pays!En revanche,le mauvais exemple serait la Belgique où de nos jours,le repli flamand prend des allures empreintes de tendances guerrières.Pour le plus grand desarroi des unionistes belges.Cela,nous ne le souhaitons pas pour la Guinée. Mon idée,c`est que la pluralité ethnique soit perçue comme un addition de cultures qui enrichissent le pays,comme l`est le sol guinéen(à remarquer que nos 4 régions naturelles ont chacune leur spécificité mais se complètent,pour le plus grand bonheur du peuple).En observant autour de nous,il nya que la Guinée qui dispose de tant de variétés(la savane,la forêt,la montagne et la mer,au milieu de tout ça,des richesses vivrières et minières inestimables)au point de rendre jaloux tous les pays de la sous-région.Cette variété géographique naturelle devrait inspirer tous les analystes malintentionnés(ceux qui instrumentalisent dans le mauvais sens,la question ethnique). Croyez-moi,compte tenu de l`environnement démocratique qui se profile,un Etat protecteur de ses citoyens va naître et nous ferons de cette pluralité ethnique,une FORCE!Merci le Général Sékouba Konaté...
Boubacar Diallo, jeudi 1 juillet 2010
Il est évident que les pouvoirs qui se sont succédés à la tête de la Guinée depuis 52 ans n’ont aucunement encouragé la neutralité ethnique dans la gestion du pays. Au contraire, ils se sont même servis du clivage ethnique pour se maintenir dans l’impunité. Cette nouvelle ère est une opportunité pour créer la culture du civisme et de la vertu pour le bien commun et l’unité nationale. Compte tenu de la situation pourrie que vit le peuple, c’est déjà beaucoup que les gens votent « sans se bouffer le nez. » La responsabilité d’éliminer le vote à tendance ethnique reviendra à la nouvelle équipe au pouvoir. Je dis bien équipe et non pas Président. Après ces élections, nous exigerons la mise en place d’un gouvernement d’union nationale qui aura à rendre compte au peuple, et non pas à une ethnie. Nous sommes pressés, mais « Hâtons-nous lentement » et surement. Vive l’Unité Nationale.
Sékou Falil Doumbouya, jeudi 1 juillet 2010
Plusieurs attributs permettent de classer les guinéens en plusieurs groupes : la région, la langue, l’ethnie, le milieu de résidence (urbain ou rural), l’âge (jeune ou vieux), la profession, le lieu d’acquisition de l’expérience professionnelle (Guinée ou étranger), le courant idéologique, etc…Le vote d’un individu est très souvent motivé par l’un (au moins un) des attributs susmentionnés des requérants au pouvoir. A priori, il n’y a pas de bonnes raisons de s’inquiéter du vote « ethnique » et de ne pas s’inquiéter des votes dirigés par les autres attributs. Il me semble que la véritable peur de nos compatriotes n’est pas la nature (ethnique ou non) du vote (le vote sera toujours coloré par un attribut) mais la nature de la répartition (équitable ou non) du pouvoir à instaurer dans nos institutions. Le vote est un beau principe pour repartir le pouvoir, mais on ne doit y voir qu’un principe dérivé, derrière lequel se cache un principe plus fondamental, dont l’application ne se limite pas à la sphère politique mais concerne le partage du pouvoir dans n’importe quel contexte de décision (entreprise, syndicat, parti politique, association, ONG, famille,..). De plus en plus de penseurs, en philosophie politique ou en théorie économique de la justice, conçoivent le principe démocratique fondamental (ou de répartition de pouvoir) comme suit : toute décision doit être prise par ceux qu’elle concerne, et le pouvoir de décision doit être réparti en proportion des intérêts en jeu. Ce principe n’a pas besoin d’attendre la réalisation d’une nation mais repose sur la possibilité de définir un objectif de bien commun tenant compte de façon équilibrée des intérêts en cause. Il peut servir de guide pour repérer et réformer les imperfections de nos institutions, même si nous devrions reconnaître les difficultés de comparer les différents intérêts en jeu dans le cadre d’une décision particulière.
kalil, mercredi 30 juin 2010
depuis que le peuple guineen a accompagne SEKOU TOURE 1958 pour l independance et le genocide qu il a organise apres contre cette ethnie la mefiance bat son plein ,il faudra une nouvelle generation pour une guinee nouvelle .
Gandhi, mercredi 30 juin 2010
Je l`ai déjà dis dans des commentaires précédents, beaucoup de reproches sont faits aux électeurs qui se recroquevillent derrière leur ethnie, mais cette situation est pourtant compréhensible. L`histoire a prouvé en Guinée, qu`on ne pouvait pas être protégé par l`État. Nos différents dirigeants ont dit ou montré, quelles qu`en soient les raisons, que l`État lui-même pouvait s`attaquer à une ethnie (les peuls en 1976, les malinkés en 1985, ….) ou à sa propre population (en 2006, 2007 et 2009). Dès lors, en l`absence de protection, on se réfugie dans son clan : c`est humain. Si demain l`État est fort, ce qui ne signifie pas faire régner la force, mais faire respecter l`état de droit, les institutions, les libertés publiques... y compris et surtout en son sein, alors progressivement les citoyens s`attacheront davantage aux compétences et aux qualités du leader, qu`à son appartenance ethnique, et ce réflexe communautaire perdra tout son sens. Par ailleurs la Suisse n`est pas le modèle indiqué pour donner des exemples d`union entre communautés. Elle devient même l`un des pays les plus sectaires d`Europe.
GilBlack, mercredi 30 juin 2010
Une question tres sensible ET pertinente,le VOTE ETHNIQUE!Sa réalité est là. Je doute fort ce changement de donne en ce qui concerne son banissement de la strategie politicienne de notre pays. De toute façon,esperons que cela soit une REALITE(c-a-d finir avec ce fleau du vote ethnique en Guinee) pour des annees a venir.
Alpha Rafiou DIALLO, mercredi 30 juin 2010
A propos de l`ethnisation du vote,j`abonderais dans le même sens que le sage Thierno M.Sow.Un certain nombre de guinéens ont tendance à prendre ça très mal,or nous ne constituons pas encore une vraie nation.On ne vote pas contre une ethnie mais on vote pour son ethnie,la nuance est importante.Ce n`est qu`un 1er pas vers la démocratie,une sorte de passage obligé qui n`a aucun caractère raciste.Ce que nous n`accepterons plus en Guinée,c`est les tendances dictoriales,autrement dit le retour en arrière.Là-dessus,la majorité des guinéens est sur la même longueur d`onde et c`est le point central.Pour le reste, j`ai pleine confiance dans l`avenir pour l`ensemble du peuple guinéen.Il ya des similitudes avec la fédération suisse.Positivons...

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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