lundi 30 novembre 2009
TGI de Paris : Report du procès des jeunes prévenus guinéens

Pour avoir manifesté leur colère, leur indignation contre les exactions et viols commis dans leur pays le 29 septembre 2009 au stade du même nom par la soldatesque de Moussa Dadis Camara, 10 jeunes Guinéens dont deux filles étaient convoqués le 30 novembre 2009 à 9 heures à la 29e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance (TGI) de Paris.

Le chef d’inculpation est le « saccage » des locaux de l’ambassade de Guinée à Paris. Il n’est pas inutile de souligner la disparité, la disproportion entre des dégâts matériels, d’une part, et des pertes en vie humaine, des conséquences physiques et des séquelles psychologiques provenant de viols, d’autre part.

L’audience a été renvoyée au 8 février 2010. Maîtres Olivier Sur et Mariane Lagris, les avocats des jeunes prévenus, allaient plaider « la nullité de la procédure » en invoquant « l’absence d’assistance d’avocat tout au long de la procédure de garde à vue » ; donc pas de jugement sur le fond.

Par ailleurs, ils allaient souligner « l’état de nécessité », de l’émotion, de la colère des inculpés qui avaient perdu des parents au stade et dont certains étaient en possession de leurs certificats de décès.

En ce début de journée grise et froide du 30 novembre 2009, de nombreux jeunes, des femmes, des Guinéens de tous bords, des leaders politiques et d’opinions étaient venus apporter leur soutien à nos jeunes compatriotes et à leurs avocats.

On remarqua parmi ces soutiens, FNabbie Soumah, Dr Bakary Diakité et Alphadio Diallo des Forces vives-section France, Dominique, son mari Tétémadi Bangoura et François Lonseny Fall du FUDEC, Ibrahima Sory Makanéra le secrétaire fédéral de l’UFR, Abdoulaye Bailo Diallo et Malhado Diallo de l’UFDG.

Médiatiquement, cet événement fut couvert par la radio RFI et le site « leguepard.net » de Ibrahima Sory Makanéra sur lequel la vidéo de la manif de soutien peut être visionnée.

Rendez-vous est pris au TGI de Paris pour l’audience du 8 février 2010.

Que Dieu assiste les 10 prévenus et préserve la Guinée !


Paris, le 30 novembre 2009

Une correspondance de Nabbie « Baby » Soumah
Juriste et anthropologue guinéen


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
CONDE, mardi 1 décembre 2009
Je suis parfaitement d`accord avec toi toure,les biens publiques et privés doivent être préservés.s`il ya un probleme il faut s`asseoir et trouver des meilleures solutions.Que cela ne se repete plus.
Mohamed S., mardi 1 décembre 2009
Je ne peux que cosigner l`intervention de Mr. TOUREt. Vous ne pouvez pas prétendre être juriste et défendre par la même occasion le deux poids deux mesures. Le massacre qui a eu lieu au stade du 28 Septembre (quels qu`en soient les auteurs) est fort condamnable. Nombreux sont les Guinéens qui y ont perdu les leurs. Que cela pousse certains de nos compatriotes (sous le coup de la colère) à saccager les locaux de notre propre ambassade est une chose, mais que certaines personnes aux ambitions peu nobles se permettent de minimiser ces dégâts sous un quelconque prétexte est preuve de mauvaise foi indescriptible. La France est un pays de droit, le droit sera dit!
TOUREt, mardi 1 décembre 2009
Baby puisque tu es juriste tu dois savoir qu`en matière de relation diplomatique le pays hôte a obligation de protéger les biens et le personnel des pays tiers. En France la loi punie toute personne qui saccage les biens d’autrui ou les édifices publiques. L’ambassade est un endroit de souveraineté d’un pays. Quelque soit les motifs ou l’émotion que tu évoques la loi est claire en tant que juriste tu aurais dû donner conseil a ces casseurs qui ignoraient certainement cet aspect du droit, les soustraire à cela créerait un précédent vous vous agitez partout toi et tes camarades et vous parlez de démocratie alors que vous ne respectez pas les lois du pays qui vous héberges et c’est vous qui comptez dirigez la Guinée ? Imagine un instant que des personnes saccagent les locaux de l’ambassade de France en Guinée et que les autorités ferment les yeux dessus ? Après les massacres et les charniers de yopougon à Abidjan pourtant les victimes étaient quatre fois plus nombreuses qu’en Guinée aucun ivoirien n’a songé saccager leur ambassade. Tu parles de démocratie tous les jours mais tu ignores les règles de la démocratie La première règle de la démocratie est le respect du droit, et le second c’est le respect de l’autre ses opinions et son droit à la différence. NOTRE LIBERTE S’ARRETE LA OU COMMENCE CELLE DES AUTRES tu dois retenir cela

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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