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vendredi 1 avril 2011 |
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Tenue des législatives : guerre larvée entre pouvoir et opposition |
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« Pour nous, la chose la plus significative de cette période, c’est la volonté apparente de ne pas organiser les élections législatives à bonne date. Quand nous connaissons le contexte de l’élection présidentielle qui s’est déroulée en deux temps, avec des délais qui sont passés de quatorze jours à pratiquement trois à quatre mois, nous ne souhaitons pas que cela se répète pour les législatives. Cela donnerait la possibilité à l’exécutif de mettre la main sur l’administration comme il a déjà commencé de le faire. »
Cette vive préoccupation – exprimée récemment dans JA – de Sidya Touré semble être largement partagée par toute l’opposition. Jean-Marie Doré de l’UGP veut lui des « lois fortes pour servir le destin de la Guinée et non un chef de l’Etat ». Très soucieux des contours que prennent les nouvelles autorités de Conakry, Sékouba Konaté, l’un des acteurs clés de la transition estime lui que : « La transition ne sera vraiment achevée que lorsque l’ensemble des élus auront pris fonction et que les institutions de la République auront été toutes mises en place. » Le pouvoir en place quant à lui, se défend en évoquant la non préparation de la CENI dont les structures ne semblent pas répondre aux nouvelles donnes. Alpha Condé, lui, tranche dans le vif : « Je n’ai pas signé d’accord qui m’oblige à organiser des élections dans six mois. Ce que je sais, les législatives en Guinée seront pour octobre 2011. » Avant d’ajouter : « Ce n’est pas à mon âge que je vais m’accrocher au pouvoir. »
Ce qui est évident, dans les Accords de Ouagadougou constituant jusque-là une feuille de route de la transition guinéenne, il est clairement indiqué que les législatives doivent se tenir six mois après la présidentielle. Si l’échéance doit être reportée, la question doit être négociée à l’occasion d’un débat national. On se rappelle que cette semaine, des leaders des partis politiques dont François Fall du FUDEC, proche d’Alpha Condé et dont les rapports deviennent de plus en plus orageux, s’étaient retrouvés pour voir les possibilités de refonte des "Forces vives" en vue de mieux pousser le pouvoir à respecter la Constitution, de veiller comme le dit Sidya Touré à la transparence dans la signature, la révision des contrats miniers. Ces "Force vives" nouvelle version réussiront-elles à donner du sang neuf au CNT devenu une coquille vide afin qu’ils soient un véritable tandem pour constituer in fine un vrai contre pouvoir ?
L’œil de Guineeactu.com
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