jeudi 28 février 2008
Télécommunications : Des sous-préfectures laissées pour compte

Depuis quelques années, force est de reconnaître que le secteur des télécommunications a enregistré un relatif changement. Mais si certaines zones peuvent se réjouir de l’implantation des quatre opérateurs de téléphone mobile (Sotelgui, Areeba, Orange, Intercel), d’autres par contre sont laissées pour compte, au grand dam de leurs habitants...

Nul n’est sans savoir que le téléphone est devenu un outil de communication indispensable pour l’homme moderne. Dans un passé plus ou moins récent, il était considéré par l’écrasante majorité de la population comme un luxe auquel il était difficile d’avoir accès. Seuls quelques privilégiés de la société guinéenne pouvaient se targuer de posséder un téléphone portable. Aujourd’hui, la situation semble avoir considérablement changé. Les puces téléphoniques ne se vendent plus à des prix exorbitants, comme ce fut le cas par le passé. Les prix des téléphones commencent également à être revus à la baisse, pour le plus grand bien des consommateurs. Les quatre opérateurs de téléphonie mobile (Sotelgui, Areeba, Orange, Intercel) se livrent depuis un certain temps à une concurrence qui ne dit pas encore son nom.

Si la plupart des centres urbains du pays sont désormais couverts par le réseau GSM, tel n’est pas encore le cas pour l’écrasante majorité des sous-préfectures. A Bissikrima par exemple, dans la préfecture de Dabola, les habitants éprouvent des difficultés à entrer en contact téléphonique avec leurs parents ou leurs connaissances résidant dans les localités plus ou moins lointaines. M.S. est un jeune résidant dans ce village, situé à 23 km de Dabola, sur la route nationale Mamou-Kankan. Son témoignage en dit long sur le calvaire que vivent au quotidien les habitants de Bissikrima dans le secteur stratégique des télécommunications. « A Bissikrima, nous sommes confrontés au problème de réseau. Le village n’est pas entièrement couvert par le réseau GSM. Les gens sont obligés de se déplacer sur une longue distance à la recherche d’une hypothétique zone couverte par le réseau. Pendant la journée, on se rend souvent à la sortie du village, au terrain de football, au long de la voie ferrée pour pouvoir joindre les éventuels correspondants. Pendant la nuit,  on peut téléphoner à partir de certains endroits du centre-ville », nous a-t-il confié, avec une certaine amertume. A l’instar de ce jeune homme âgé d’une trentaine d’années, nombreux sont les habitants de Bissikrima qui caressent légitimement le secret espoir de voir leur village entièrement couvert par le réseau GSM. Au niveau du télé centre de fortune, le téléphone est suspendu à un branchage afin de stabiliser le réseau. Et dans ce genre de situation, les écouteurs se révèlent d’une importance capitale pour les utilisateurs du téléphone. Il faut, toutefois, rappeler que Bissikrima n’est pas la seule sous-préfecture du pays à connaître des problèmes de réseau.

Espérons que dans les mois et les années à venir, toutes les communautés rurales de développement seront convenablement couvertes par le réseau GSM. Il faut signaler par ailleurs que Bissikrima abrite le siège de la Radio communautaire de Dabola et fait partie des rares sous-préfectures qui ont eu le privilège d’être électrifiées depuis quelques années. Après les centres urbains, il est souhaitable que les opérateurs de téléphonie mobile se tournent enfin vers les grandes sous préfectures du pays. 

Mamy Dioubaté

L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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