En sport plus particulièrement en football, après avoir constitué son équipe pour une compétition, on essaye de discuter de ses chances de qualification (réussite) face aux autres compétiteurs (défi) : c’est le pronostic
Cela écrit, essayons de pronostiquer sur les chances de réussite de la plus « parfaite équipe gouvernementale » que la Guinée n’ait jamais connue, puisqu’ayant été mise en place par le meilleur sélectionneur (selon la CENI, la Cour suprême et le gouvernement de transition) en l’occurrence le « Professeur » Alpha Condé.
Je demanderai patience aux défenseurs du « Pr », je ne critique pas, mais je donne mon pronostic
Regardons notre équipe. Le premier constat, 42 ministres, du jamais vu en Guinée, et surtout à une période de récession économique globale. La Guinée, un pays dont les ¾ de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté… Comment un professeur, je dis bien un professeur, peut-il se permettre de mettre en place une pléthore de ministères sur le dos des pauvres citoyens guinéens ? Incroyable mais vrai !
Dans l’Etat de New York où je vis, l’une des premières mesures proposées par notre nouveau gouverneur, a été de réduire la taille de l’administration, pour comprimer les dépenses de l’Etat. Pour moi, une mesure similaire allait être suggérée par Alpha pour la Guinée.
Pourtant, quelques jours juste après la victoire floue du professeur, nous l’avions tous entendu dire, je cite : « ... tous ceux qui pensent qu’on s’est battu pour occuper les postes n’ont pas compris le sens de mon combat…». Excellent, car cela sous-entendait qu’aucun poste ne serait octroyé pour rétribuer quelqu’un.
A voir notre fameuse nouvelle équipe d’Alpha, on est en face d’un paradoxe total, car même des illettrés s’y retrouvent (ce n’est pas du jamais vu, le ministre de l’intérieur de Sékou Toure était un chauffeur). Aboubacar Titi Camara ministre, c’est de la foutaise, il sait que son équivalent (au Ghana, Abedi, ou au Sénégal J. Bocandé) ne peut jamais prétendre à un poste ministériel dans son pays.
Pour enfoncer le clou de bêtises contre le peuple, Titi, dans une des ses interview post-nominale, se permet de déclarer à la RTG, je cite « ...ces n’est pas les diplômes con conte, mes le patriotisme…». Est-ce que Titi sait que, le niveau d’alphabétisation de la population est un des critères d’évaluation du développement d’un pays ?
Ce qui est plus marrant et inquiétant dans la composition de cette administration, est que le fameux professeur, notre président, a délibérément écarté même l’élite de sa coalition électorale, les Kouyaté, Kassory, Daraba et tant d’autres, tout en favorisant les Biriki Momo, sa nièce, et Nabé, un ancien voleur, qui avait publiquement admis avoir subtilisé des fonds de l’Etat (c’était la période Moussa Dadis). Ce voleur Mr Nabé (actuel gouverneur de la banque) avec l’ex-PM Souaré étaient en train de rembourser l’Etat guinéen… Mais où est l’éthique dans cette nomination ?
Il faut que les Guinéens ouvrent les yeux, c’est cette passivité, et surtout le silence coupable qui transforme le pouvoir du peuple en dictature.
Heureusement que le ridicule ne tue pas, l’un des conseillers à la présidence ne sait ni lire ni écrire. La nominée était une des militantes très engagée du PUP, cependant malgré son militantisme, le Gl Conté, paysan n’avait fait qu’envoyer cette dame à la Mecque pour la récompenser… Aujourd’hui Hadja Sina Fakhe, occupe le poste de conseillère à la présidence chargée de missions
On se rappelle que, pendant la campagne, les leaders des 2 alliances avaient signé le pacte de faire un gouvernement d’union nationale (pas d’union ethnique) quel que soit le gagnant. Le Général Sékouba était témoin. Cet engagement pris par les deux leaders était prometteur, car dans les deux camps, malgré tout on retrouvait une élite qui pouvait relever le défi qu’attend la Guinée. Mais qu’est-ce qu’est devenu ce pacte ?
En regardant la composition de cette équipe, il semble que, pour Alpha Condé, tout Guinéen qui n’avait pas voté ou œuvré pour son élection est un ennemi, non un adversaire. Certainement que c’est l’une des raisons pour lesquelles le pacte a été ignoré.
Posons-nous la question suivante :
Pourquoi le ‘Pr’ a-t-il délibérément écarté Kouyaté, Daraba, Kassory, l’élite de l’autre camp, et choisi les bénis oui, oui dans son gouvernement ?
Essayons de spéculer :
Soit Alpha Condé voudrait faire exactement ce qu’avaient fait les 2 premiers dictateurs au début de leur règne, une stratégie qui consiste à écarter les hommes avec lesquels on a conquis le pouvoir pour mieux implanter sa dictature.
Soit Alpha a usurpé son titre de professeur, ce qui est facilement remarquable en écoutant notre « PROFESSEUR » s’exprimer dans la langue qu’il parle depuis son adolescence.
S’il est réellement un professeur, avec ce genre de nomination, on peut facilement dire sans crainte qu’Alpha n’aime pas la Guinée.
Il y a eu tellement de fantaisie dans la formation du gouvernement, qu’on retrouve deux ou trois ministres dont les fonctions sont identiques. Pour le moment, à ma connaissance, seulement 2 Guinéens ont dénoncé cette pagaille, l’un est Mr Kylé Diallo par écrit sur le net, l’autre est le Gl Toto par une menace de démission.
Mais où sont les membres du CNT ?
Aussi dans notre gouvernement, on remarque beaucoup de ministres d’Etat, qui très probablement seront bientôt hiérarchiquement supérieurs au PM faux chef du gouvernement.
Si c’était ce changement que ce chimérique professeur nous promettait, alors la Guinée est encore mal partie, c’est mon pronostic, je souhaite me tromper.
Vu cette fantaisie, il est temps que les Guinéens réfléchissent sur le pouvoir de nomination d’un président, pour empêcher une pagaille de ce genre dans le futur.
Il serait mieux d’adopter le système américain, dans lequel le président ne peut que proposer un individu à nommer à une haute fonction de l’Etat, c’est au Sénat (assemblée, représentante du peuple) d’approuver ou de rejeter l’intéressé.
Baldé MS, USA
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