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 | Tata, à droite, avec ses soeurs |
« Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris » disait Victor Hugo. Mais, selon moi, « lorsqu’une « sainte » disparait le cercle de famille se reforme et se solidifie comme un bloc de granit, car la famille est ce qui vous reste de plus précieux lorsque vous avez tout perdu ».
D'après un proverbe sénégalais « la famille est comme un baobab qui tantôt a des fleurs, tantôt voit ses fleurs tomber mais le baobab reste toujours debout ».
Toute la famille s’était réunie autour de TATA. Tous ses enfants et parents résidant à l’extérieur ont accouru pour l’accompagner à sa dernière demeure sise à Kaporo : Ibrahima « Papus » son fils ainé de Nairobi (Kenya) ; Aida d’Abidjan (Côte d’Ivoire) accompagnée de sa tante Astou Fofana ; Issa de Dakar (Sénégal) ainsi que ma nièce Naba (fille de Fodé Mohamed), mes sœurs Hadja Marie et Maciré « Bijou » ; ma mère, qui était venue chez moi pour son bilan de santé annuel, et moi-même de Paris ; mais sa fille Mafoulé, enceinte de 7 mois, n’a pu voyager de Floride (USA).
Ses autres enfants Maître Fatoumata Yari Yansané, Sékou dit Boy Cheikh, Alioune Badara dit Popaul et notre frère El Hadj Fodé Mohamed Président du parti « Génération citoyenne » (GECI), résidant tous à Conakry, nous accueillirent.
Si tous les enfants du monde avaient reçu l’affection dont nos parents, et surtout TATA, nous ont couverts, il n’y aurait aucun enfant malheureux sur terre.
J’ai eu la chance d’avoir trois mères : Hadja Yalihan « CFA » Touré ma mère biologique, Feue Hadja Maciré Mouké Yansané ma marâtre qui m’a donné le sein et Hadja Aissata Soumah dite TATA, ma sœur et la fille ainée de mon père Feu El hadj Amara Soumah.
Ce dernier, qui l’appelait affectueusement Mamaîssata, avait tout sacrifié pour le bonheur, l’épanouissement de ses enfants en refusant notamment les offres de service, les appels du pied des Présidents Ahmed Sékou Touré et Lansana Conté. Par exemple, lorsque j’ai eu mon bac et l’ai rejoint le 19 octobre1977 pour entamer mes études supérieures à Paris (le lieu de son second exil après Dakar), je l’ai surpris très ému en train de dire dans la cuisine à mon cousin Ishaq Mahmoud Soumah : « Mon fils Nabbie est devenu un Homme ! Qu’est-ce qu’il a grandi ! Ah ! Je ne l’ai pas vu grandir ! Ah ! La politique ! ».
Ma sœur TATA s’est endormie le 19 mars dernier à l’âge de 73 ans et a rejoint ses parents dans leur dernier sommeil.
A l’annonce de la mort du Président Ahmed Sékou Touré en mars 1984, mon père en exil à Dakar (Sénégal) avait jeuné et prié toute la journée pour remercier L’Omniscient, Le Miséricordieux de lui donner l’opportunité de mourir et d’être enterré à Kaporo son village natal. Ce qui fut fait le 8 juin 1989. Récemment, TATA disait depuis Dakar qu’elle ne souhaiterait pas connaitre le même sort que sa mère qui repose au cimetière de Yoff dans la banlieue périphérique de Dakar.
Son vœu le plus ardent était de mourir et d’être enterrée en Guinée auprès de son père à Kaporo. Son souhait fut exaucé le 19 février dernier, jour de son retour définitif sur sa terre natale. Et, ironie du sort, un mois plus tard, jour pour jour, elle rendait l’âme à l’aube à la clinique Ambroise Paré de Conakry.
Elle était une juriste d’une grande rigueur intellectuelle et d’une grande exigence morale qui avait servi au Tribunal de grande instance de Dakar et au Tribunal d’instance de M’Bour.
Lorsqu’on reçoit une éducation, des valeurs et des principes on en porte toujours la marque. En effet, TATA était une « sainte » à l’image de sa mère N’Ga Maciré dont elle avait hérité l’humilité, la bonté, le souci du bien-être des siens et des autres.
TATA, à l’image de N’Ga Maciré qui était très pieuse, jeûnait tous les jeudis et offrait un repas aux indigents qu’elle conviait dans la concession familiale au Point E. Elles m’ont inspiré toutes les deux pour ce jeûne hebdomadaire, recommandé par notre religion et m’ont, surtout, aidé à consolider ma foi religieuse.
J’ai appris récemment que TATA, avec l’argent que ses enfants lui envoient régulièrement chaque mois, payait le loyer de personnes démunies à Guédiawaye une cité pauvre de la banlieue dakaroise. Elle était, en effet, une grande humaniste que certains n’hésitait pas à surnommer « Mère Theresa ». Ce ne sont pas là des propos convenus, ni de circonstance mais une réalité vécue.
Elle était un trait d’union social et familial parmi les siens. Elle avait la culture du compromis, du rapprochement et non celle de l'affrontement, de la défiance.
J'ai encore vivace dans ma mémoire certains de ses conseils : « Quand deux parents se battent, c'est le vautour qui emporte l'héritage (...) Lorsqu'une famille est unie, c'est une valeur ajoutée (...) Sois toujours reconnaissant et ne donne jamais à boire du sang à celui qui t'a offert du lait (...) Sois toujours sérieux à l'école car un enfant bien éduqué et instruit aujourd'hui est un homme épanoui et libre demain ».
Plus qu’une grande sœur, TATA avait été pour moi une mère qui m’a toujours choyé, couvert d’affection, de jouets, de cadeaux. Ce n’est un secret pour personne que j’avais avec elle des relations particulières au sein de notre famille. Par exemple, si elle restait un certain temps sans avoir de mes nouvelles, elle m’appelait de Dakar pour se plaindre habituellement en ces termes récurrents mais empreints d’affection, de douceur : « Mais Papa qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi tu ne m’appelles pas ? Je ne te demande rien mais donne-moi de tes nouvelles au moins ».
J’avais « exigé » affectueusement qu’elle m’appelât dorénavant « Papa » puisque j’avais donné le nom de sa mère à une de mes filles. Il y avait entre nous-deux une complicité sans égale.
Elle a eu droit à l'au-revoir des siens et aux honneurs de la République guinéenne avec la visite et la présentation de condoléances, le jour même de son décès, du chef de l’Etat Alpha Condé à Kipé chez mon grand-frère ainé El hadj Almamy Soumah ; il est un vieil ami de notre famille et de Almamy.
Ensuite, se succédèrent son conseiller en communication et en prospectives Mohamed Rachid N’Diaye ; les ministres d’Etat El hadj Papa Koly Kourouma et Ousmane Bah ; notre beau-frère Kabélé Camara (époux de Kadija Yansané) le ministre délégué à la défense nationale ; Abdoulaye Yéro Baldé vice-gouverneur de la Banque centrale (BCRG) ; Sidya Touré l’ex-PM avec une délégation de son parti l'UFR ; l’ancien ministre Cheikh Camara à la tête d’une forte délégation de la Basse-Guinée ; Salifou Sylla et Bachir Touré deux anciens ministres de la justice ; des représentants du monde judiciaire (ma nièce Maître Fatoumata Yari Yansané étant notaire) ; Makalé Traoré ex-ministre et directrice de campagne d’Alpha Condé et son frère Daouda « David » un réputé opérateur économique ; une délégation de l’UFDG d’Elhadj Cellou Dalein Diallo conduite par Dr Fodé Oussou Fofana son directeur de campagne et Dr Saliou Bella Diallo un des leaders de ce parti.
La famille de Feu Barry Diawadou fut représentée par Hafidou, Mohamed et maitre Aminata Barry ; Elhadj Alhassane Barry ex-président de la CAGF (France) et ses parents ; Papis le fils de Gabin Touré.
Le monde de la presse fut représenté par mon ami Yamoussa Sidibé de la RTG et directeur général du groupe « Evasion Guinée » qui comporte une radio (97.0 FM) et une télé qui commencera à émettre fin avril prochain ; ses confrères journalistes et nos cousins Charles-André Soumah (RTG) et Jean-Raymond Soumah ancien président du Conseil national de la communication.
La famille fut soutenue, entre autres, par nos cousins Chérif Fadiga ; Professeur Yacouba Touré et son épouse Mama Kassory Bangoura collaboratrice du Premier Ministre actuel, Elhadj Ibrahima Diaby ; Fassiné Fofana (l’ex-ministre), Naby Yansané, Amara « Walter », Naby Traoré (le commissaire) et d'autres nous apportèrent également leur soutien dans cette douloureuse épreuve.
De même que notre beau-frère et conseiller spécial de Fodé Mohamed dénommé Elhadj Cissé mari de Maciré « Bijou ». Egalement mon ami et frère Ibrahima Capi Camara présent à mes côtés tous les jours.
Au nom des familles Soumah de Kaporo, Yansané Mouké, Touré Nabbie de Bakoroyah, Bérété, Condé, Bangoura, Sylla, Camara, Cissé, parents, amis et alliés, nous vous remercions pour les marques de sympathie et d’affection que vous nous avez témoignées.
Hadja Aissata (Mamaissata) Soumah aurait bien voulu continuer avec vous, mais L’Omniscient, Le Miséricordieux, Le Tout-Puissant en a décidé autrement ; alors souvenez-vous de la « sainte » TATA dans vos prières pour le repos de son âme !
Conakry, le 25 mars 2011
Ton frère et « Papa » Nabbie Ibrahim « Taxi BABY » SOUMAH
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