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Le 3 mai, les abonnés des opérateurs privés de téléphonie mobile ont reçu des messages leur annonçant laconiquement l’augmentation des tarifs de leurs appels. Une augmentation que beaucoup trouvent injustifiable et inopportune.
Jusqu’à 2005, la Sotelgui était la seule société de téléphonie digne de ce nom en Guinée. La Guinéenne des Télécommunications avait mis à profit, il est vrai, ce statut de leader incontestable et incontesté dans ce secteur stratégique pour agir comme bon lui semblait. Au lieu d’être un simple outil de communication à la disposition d’un plus grand nombre de citoyens, le téléphone a été perçu malheureusement comme un luxe insolent et inaccessible pour le Guinéen moyen. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la puce téléphonique s’est vendue à cette époque à des prix qui sont loin d’être raisonnables. Ces prix variaient de 350.000 à 1.000.000 de francs guinéens. Avec l’installation de nouvelles sociétés (Areeba, Cellcom, Orange, Intercel), force est de reconnaître que les choses ont fondamentalement changé dans le secteur des Télécommunications. La puce téléphonique se vend aujourd’hui à vil prix. Les Guinéens de toutes les couches socioprofessionnelles peuvent désormais se procurer un ou deux téléphones portables. Beaucoup pensaient que les choses iraient dorénavant dans le sens souhaité par les abonnés de ces sociétés privées de téléphonie mobile. Mais le 3 mai, à leur grande surprise, ils ont reçu de leurs opérateurs respectifs des messages leur annonçant laconiquement l’augmentation des tarifs de leurs appels. La vie des consommateurs guinéens va-t-elle continuer à être rythmée par des augmentations fantaisistes ? C’est la pertinente question que l’on serait tenté de se poser aujourd’hui. Au lendemain de l’augmentation du prix des produits pétroliers à la pompe, l’on a assisté, impuissant, à une majoration des tarifs de transport urbain et interurbain ainsi qu’à la flambée des prix des denrées de grande consommation. Malgré l’augmentation de leur salaire, force est de constater, avec regret, que la plupart des fonctionnaires n’arrivent toujours pas à faire face à toutes leurs charges familiales et sociales. Et c’est le moment que choisissent les opérateurs de téléphonie mobile pour revoir à la hausse les tarifs des appels téléphoniques, au grand dam des abonnés. Le ministère en charge des Télécommunications devrait se pencher sur cette situation qui fait dire à certains, non sans raison, que le pauvre consommateur guinéen est laissé pour compte dans plusieurs secteurs de la vie nationale (eau, électricité, transport, télécommunications, etc.). Il serait vraiment souhaitable que l’Etat, à travers ses services compétents, rappelle les uns et les autres à l’ordre, dans l’intérêt supérieur de la population guinéenne.
Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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