vendredi 10 octobre 2008
Symposium Mines Guinée 2008 : Un tremplin pour le secteur minier guinéen
Mine de bauxite

Les 12 et 13 octobre prochain, Conakry sera de nouveau la capitale internationale d’un symposium Minier intitulé ‘’symposium Mines Guinée 2008’’, ce, après les symposiums de Bel Air en 2004. Organisé par le Ministère des Mines et de la Géologie avec la collaboration de la société AME Trade LTd du Royaume Uni, ce symposium sera un espace de rencontre et d’échanges entre 130 sociétés nationales et étrangères annoncées, les PMI et PME, les ONG et plus de 400 individus, experts et symposium. Et en prélude à ce rendez-vous de dimension internationale une conférence de presse a été organisée, le 7 octobre, à Novotel par le département des Mines.

Outre le parterre de journalistes, les cadres du département aussi étaient massivement présents à cette conférence. Préalablement annoncé comme étant le maître conférencier, le nouveau ministre des mines, pour des raisons inavouées ne sera pas de la partie. Le Dr Louceny Nabe se fera substituer par son secrétaire général, Abdoul Karim Sylla qui jouera le rôle du ministre. Ainsi, d’entrée il fera un exposé liminaire pour situer l’évènement qu’est le symposium dans son contexte. Selon lui, ce symposium est prévu pour marquer une empreinte dans le cadre des festivités du cinquantenaire de la Guinée. Il devra permettre de vendre l’image du pays, en redonnant le blason du secteur minier. Qui, malgré les 50 ans d’Indépendance de la Guinée et la teneur de sa bauxite (60%), ce secteur minier, qualifié de scandale géologique n’arrive toujours pas à se développer. Et c’est là même où on parle du paradoxe Guinéen. Ceci dû au fait que le pays soit potentiellement riche, et que miraculeusement le peuple soit économiquement pauvre. Le pays regorge la 2/3 de réserve mondiale en bauxite, mais les populations vivent dans une pauvreté extrême. Il faudrait donc que ce symposium de Conakry serve de tremplin pour réveiller le secteur minier guinéen, afin qu’il joue son véritable rôle de leitmotive pour la croissance économique du pays. A ce titre la principale le problématique qui fera l’objet de débat dans le symposium sera celle de savoir, quelle politique de développement doit-on envisager pour que le secteur minier, malgré son apport non négligeable au PIB et aux recettes intérieures en devise et le Trésor public.

Pour lui, il faut « assainir le climat des investissements dans tous les secteurs porteurs de croissance dans un partenaire gagnant (…), pour amorcer le développement économique tant ambitionné par le peuple ». Ce symposium est donc une traitonne scientifique qui permettra à la Guinée d’exposer ses velléités dans le secteur et d’engranger au cours de ce symposium une certaine expérience pour inciter des gros investissements. « Le symposium nous donne l’opportunité de poser les grands sujet qui préoccupent le secteur minier guinéen dans un contexte de mondialisation. Il est aussi une plate forme d’échange qui nous permet de nous enrichir de l’expérience des autres », explique le rapporteur du comité d’organisation, Morciré Sylla. A l’en croire le niveau de préparation dans le cadre de l’organisation du symposium est au top. Les préalables sont d’ores et déjà remplis pour la tenue correcte du symposium. Pour l’heure, 130 sociétés et institutions internationales annoncent leur arrivée et 405 personnes déjà inscrites sollicitent de prendre part au symposium de Conakry. Ce qui permettra, au delà du fait que le pays acquiert de la connaissance, de renflouer les caisses de l’Etat. Puisque les frais de participation sont fixés à 550 euros pour les nationaux et 1200 euros pour les étrangers. Aussi, il faut noter que le coût prévisionnel du symposium est entièrement pré financé par la société partenaire AME Trade, et pour un bénéfice attendu estimé à 600 mille euros. Avec ce bénéfice 20% sera versé au compte de l’Etat et les 80% reviennent à la société qui s’est engagé à pré financer le symposium. Il reviendra ensuite au président de la commission technique de livrer le contenu du programme qui se subdivise sur neuf (9) sessions ou thématiques sur lesquelles doivent ponctuer le symposium. Selon M. Cécé Noramou l’exposé de ses divers thèmes qui se fera par des experts pétri d’expérience en matière des mines contribuera, avec l’afflux des investisseurs étrangers, à relancer le secteur minier guinéen qui servira de credo pour amorcer une croissance économique nationale, véritable facteur de développement du pays.

Parmi les thèmes importants qui feront l’objet de débat au cours du symposium de Conakry, il y a notamment, la politique minière en Guinée, le cadre législatif réglementaire du secteur minier, le financement des activités minières, le développement intégré durable, les infrastructures géologiques et pétrolières l’or et le diamant et enfin le partenariat gouvernement. Bailleurs de fonds et secteur privé. Ces thèmes pourront favoriser des débats fructueux où les ministres des mines des autres pays et des représentants des firmes internationales interviendront pour apporter leur contribution en enrichissant les débats. En tous cas selon Noramou il y aura beaucoup d’enjeux qui sens citeront des discutions et des échanges entre les participants qui comptent tirer du symposium le maximum de bénéfice. Par exemple la société Rio Tinto envisagerait de débourser une manne financière de 600 milliards de dollars pour financer un seul projet. Quel enjeu ? Aussi il faut noter que la Guinée projette la construction d’une usine d’alumine, qui sera la plus grande au monde dans sa conception originelle avec plus de 3 millions de bauxite l’an. Par ailleurs, la CBG étant l’une des plus vieilles compagnies minière dans le pays un confrère posera la question de savoir ce que cette société rapporte à L’Etat guinéen. Selon le conférencier du jour, Abdoul Karim Sylla, l’apport financier de la CBG à l’Etat est de 14% dans le PIB, 80% pour les recettes en devise et 24% pour le trésor public. Les recettes en 2007 sont évaluées à 113 millions de dollars pour chiffre d’affaires de 360 millions US. Quant aux autres sociétés évoluent sur le terrain l’apport est de 140 millions US.

Aujourd’hui, avec la célébration du cinquantenaire il y a lieu de mentionner que le pays est à un tournant décisif de son histoire. Etant à la croisée des chemins, le cinquantenaire devrait être pour le secteur minier une période de profonde réflexion et servir de mutation pour donner du souffle à l’économie du pays qui, malgré les immenses ressources naturelles se retrouve à la tête du peloton des pays les plus pauvres au monde. Il faudrait donc que le symposium de Conakry qui n’est pas premier du genre, auquel la Guinée prenne part ou organise, serve de tremplin pour le secteur minier guinéen. Mais la question que l’on pourrait tenter de se poser aujourd’hui est la suivante : la Guinée pourra-t-elle atteindre les résultats escomptés avec l’organisation de ce symposium ?

Wait and see.

Samory Keïta
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Daouda Kourouma, samedi 11 octobre 2008
Ces chiffres sont d`une fantaisie suspecte

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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