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Le nouveau coach du Syli national, Aboubacar Titi Camara, traverse une mauvaise passe depuis une quinzaine de jours. Après avoir proposé pour ses prestations un salaire mensuel de 10.000 euros, ses mentors que sont le président Moussa Dadis Camara et le ministre de la Défense, le Général Sékouba Konaté qui jugent le montant exorbitant, ont réclamé tout simplement son limogeage.
Nommé directeur national sur injonction des plus hauts responsables du CNDD, puis coach du Syli National, Titi Camara est en train de vivre des moments très difficiles.
La semaine dernière, le président Dadis Camara et le ministre de la Défense, Sékouba Konaté, qui accusent Titi Camara de n’avoir pas fait acte de patriotisme par rapport à sa proposition de salaire, ont sollicité son départ du poste de sélectionneur national. En effet, pour ses prestations au niveau du Syli national, ce dernier a sollicité un salaire de 10.000 euros, l’équivalent de 65 millions de Francs guinéens. Une proposition soumise à la Fédération guinéenne de football qui, à son tour, a transmis le dossier au ministère en charge des Sports.
Mais s’étant rendu au camp Alpha Yaya Diallo pour des raisons personnelles, Titi Camara a appris à ses dépens que ses mentors qui ont pourtant œuvré pour sa nomination au poste de directeur technique national puis sélectionneur national, ne sont pas du tout contents de lui. Selon nos sources, le Général Sékouba Konaté lui a signifié d’entrée sa colère par rapport à sa proposition de salaire, tout en demandant à Titi Camara où est passé son patriotisme en cette période de vaches maigres.
Confondu par son interlocuteur, l’actuel coach du Syli n’a trouvé d’autres moyens que de nier les faits, estimant au passage qu’il n’a jamais fait une telle proposition. Pour clarifier le sujet, le ministre en charge des Sports, Fodéba Isto Keïra, a été appelé d’urgence au camp à 1 heure du matin. A l’arrivée de celui-ci, Titi n’a pas hésité de camper sur sa position. Il a fallu que ce dernier fasse sortir le document signé par l’ancien capitaine du Syli national pour que la vérité des faits soit établie.
A partir de là, Titi Camara ne pouvait que reconnaître son acte, tout en présentant ses excuses au ministre de la Défense. Celui-ci n’étant pas satisfait de cet état de fait, n’a pas manqué de demander à Isto Keïra de remercier Titi Camara, tout en lui demandant de trouver un nouveau coach pour le Syli national, en collaboration avec la Fédération guinéenne de football.
Comme si cela ne suffisait pas, Titi Camara a également passé un sale quart d’heure dans le bureau du président Dadis qui a évolué dans le même contexte d’idées avec son ministre de la Défense. Comme celui-ci, il n’a pas hésité un seul instant à réclamer son limogeage car n’ayant pas mis en avant son patriotisme auquel il ne cessait de faire allusion avant de prendre les rênes du Syli national, en remplacement de Robert Nouzaret qui l’accuse d’ailleurs d’être à la base de son départ.
De nos jours, pour éviter un départ brusque de Titi Camara, Isto Keïra est en train de tout mettre en œuvre pour gérer calmement cette situation, à moins de deux mois du match décisif Malawi-Guinée comptant pour la quatrième journée du dernier tour des éliminatoires combinées CAN-Mondial 2010. La nouvelle donne indique que lors des matches, Titi Camara percevra la même prime que les joueurs, en plus de son téléphone international qui lui permet d’entrer en contact avec ses poulains et du véhicule de service mis à sa disposition. L’autre hic, c’est que la paix armée est toujours de mise entre la Fédération guinéenne de football et lui. Malgré une réunion de réconciliation tenue au ministère des Sports, Titi Camara refuse encore d’occuper son bureau et ne se rend presque pas au siège de la Fédération.
Au moment où nous allions sous presse, il n’avait pas encore transmis ses rapports à l’instance dirigeante du football guinéen par rapport aux matches contre l’Angola en amical et contre le Malawi à Conakry.
L’autre inquiétude des observateurs du football guinéen se situe dans le fait que Titi Camara refuse de composer avec les autres membres du staff technique, en ce qui concerne les choix des joueurs et le dispositif tactique à mettre en place. C’est le cas lors du match Guinée-Malawi, où il a refusé de discuter concrètement avec ses assistants par rapport au dispositif à mettre en place, avant le départ de l’équipe pour le stade du 28 septembre.
Ces derniers se sentant aujourd’hui marginalisés, se contentent de faire de la simple figuration. S’agissant des préparatifs pour la quatrième journée du dernier tour des éliminatoires et des prochains matches de qualification, il n’a pas voulu accorder les violons avec la Fédération guinéenne de football, qui a élaboré son programme de travail soumis récemment au département de tutelle.
Autant dire que les griefs formulés contre l’actuel coach du Syli national sont nombreux. La suite des événements promet donc des étincelles, à moins que des solutions urgentes ne soient trouvées pour éviter que les choses ne se dégradent davantage. Nous y reviendrons.
Mamoudou Bory Bah Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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