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Depuis la défaite humiliante du Syli national à Ouagadougou face aux Etalons du Burkina Faso (4-2), nombreux sont les dirigeants, observateurs et supporters, à réclamer le limogeage du sélectionneur Robert Nouzaret. Ce dernier qui a perdu son aura depuis l’élimination de l’équipe guinéenne en quarts de finale de la dernière CAN, a aujourd’hui le dos au mur. Robert Nouzaret serait-il en train de vivre ses dernières heures à la tête du Syli national ?
La débâcle du Syli national à Ouagadougou continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive dans la cité. Le sélectionneur Robert Nouzaret semble aujourd’hui coincé entre le marteau et l’enclume et sait plus que quiconque qu’il est sur une chaise éjectable. Les deux mains sur la tête vers la fin du match Burkina Faso-Guinée, preuve d’impuissance à trouver les bonnes solutions dans les moments difficiles, et très tendu à la fin de la rencontre, au point de refuser de répondre aux questions des journalistes, l’ancien coach de Bastia, de Saint-Etienne et de Toulouse, commence sans nul doute à méditer sur son sort, en ne sachant plus à quel saint se vouer. Son limogeage est sur toutes les lèvres des supporters et certains responsables du football guinéen qui ne parviennent toujours pas à digérer ce camouflet de Ouaga. Un état de fait qui n’est pas nouveau. Au lendemain de l’humiliation du Syli national en quart de finale de la CAN 2008 disputée au Ghana face à la Côte d’Ivoire (0-5), les supporters et observateurs, dans leur écrasante majorité, pour ne pas dire tous les Guinéens, avaient réclamé son départ. Mais, à la surprise générale, son contrat qui était arrivé à échéance a été renouvelé par la Fédération guinéenne de football et le ministère en charge des Sports. Ce qui, à l’époque, suscitera assez de commentaires dans les milieux sportifs du pays, au point que certains analystes n’hésitèrent pas à mettre en avant une complicité de certains dirigeants qui auraient touché les dividendes du renouvellement de son contrat. Quoi qu’il en soit, Robert Nouzaret montre encore une fois à travers la cinglante défaite du Syli à Ouagadougou, qu’il n’est pas l’homme de la situation.
Son limogeage dans les plus brefs délais sera accueilli sans nul doute comme un ouf de soulagement et son remplacement par un coach plus compétent pourrait redonner un nouveau souffle à l’équipe nationale de Guinée qui en a tant besoin. S’agissant par exemple du match de Ouagadougou, en le comparant au sélectionneur Paulo Duarte du Burkina Faso, l’on sent d’emblée la différence et l’efficacité dans les méthodes de travail. Duarte confie à la presse avoir minutieusement préparé ce match en visionnant notamment dix neuf (19) fois les cassettes des matches du Syli national, en étudiant même le comportement du coach guinéen quand il perd ou gagne un match, ainsi que le système de jeu qu’il met en place. Sur le terrain, ce travail a produit les résultats escomptés car son équipe a gagné la partie sans trop souffrir, face à un adversaire qui n’était pas à la hauteur des espérances. En ce qui concerne Nouzaret, par rapport à cette rencontre face au Burkina Faso, il a tout simplement brillé par son incapacité à trouver les bonnes résolutions devant permettre à son équipe de tirer son épingle du jeu. Il a aussi démontré sa volonté de ne pas associer son nouvel assistant guinéen, Morlaye Soumah « Colovatti », dans la prise des décisions. Sur un autre plan, son souhait d’opérer un jumelage entre joueurs expérimentés et jeunes pousses aux dents longues n’a pas produit les résultats escomptés, au point de créer d’énormes frustrations.
Au regard de ce qui précède, une certitude est de mise. Depuis son arrivée à la tête du Syli national, il n’a pas su mettre en place une équipe compétitive capable de relever les grands défis, étant entendu que son seul mérite est d’avoir permis à la Guinée de se qualifier pour la phase finale de la CAN 2008, alors que le Syli était dans une mauvaise passe. Ce qui est surtout frappant, c’est que Robert Nouzaret n’a jamais réussi à relever un grand défi au cours de sa carrière d’entraîneur. De Bastia, en passant par Saint-Etienne et Toulouse, il a échoué en mettant davantage ces différentes équipes en difficulté. Avec le Mouloudia d’Alger également, il a été limogé pour insuffisance de résultats. En sa qualité de sélectionneur de la Côte d’Ivoire, il n’avait pu permettre aux Eléphants de se qualifier pour la CAN 2004 disputée en Tunisie, à la surprise générale. La question que se posent d’ailleurs certains observateurs est de savoir pourquoi les responsables du football guinéen ont jugé nécessaire de porter leur choix sur Nouzaret, en dépit de ses contre-performances répétées. Aujourd’hui, il touche près de 23.000 euros par mois, alors que les résultats de l’équipe sont loin d’être à la hauteur des attentes, tant sur le plan du choix des joueurs que sur les performances. Il a d’ailleurs reconnu que c’est avec une grande chance et beaucoup de sueurs froides que le Syli national a réussi à se qualifier pour ce troisième et dernier tour des éliminatoires combinées CAN-Coupe du monde 2010. Pourtant, il n’a cessé de déclarer que son objectif ultime est de conduire le Syli national au Mondial sud-africain, pour la première fois de son histoire. Une grande ambition qui a toute l’allure d’un rêve qu’il sait d’emblée irréalisable dans les conditions actuelles.
De qui se moque donc Robert Nouzaret qui, semble-t-il, est venu uniquement en Guinée pour préparer sa retraite ? La question reste posée. Ce qui est surtout évident de nos jours, c’est que, à l’allure où vont les choses, Robert Nouzaret, à la fois arrogant et indiscipliné vis-à-vis de certains responsables de la Fédération guinéenne de football, à qui il n’accorde pratiquement aucun respect, serait en train de vivre ses dernières heures comme coach du Syli national, selon certaines sources. Si son limogeage n’intervient pas dans les plus brefs délais, il pourrait faire ses bagages en cas de contre-performance face à la Côte d’Ivoire le 6 juin prochain au stade du 28 septembre à Conakry. Un match s’inscrivant dans le cadre de la deuxième journée des matches de poule. Et dire à ce propos que la Guinée ne part pas avec la faveur des pronostics, même si le football se moque des valeurs préétablies…
Le CNDD présidé par le capitaine Moussa Dadis Camara qui n’a nullement digéré cette large défaite du Syli face aux Etalons, souhaite que des dispositions soient prises pour permettre à l’équipe de souffler le vent du renouveau amorcé. A cet effet, il ne s’agit aucunement de dissoudre le Bureau exécutif de la Fédération guinéenne de football, comme le pensent certaines personnes. Ce qui occasionnerait d’emblée un bras de fer avec la FIFA et la CAF qui pourrait déboucher sur la suspension de la Guinée de toutes les compétitions internationales. Mais, d’inviter la Fédération et le ministère en charge des Sports d’accorder les violons pour trouver un nouveau sélectionneur compétent, capable de transformer par endroit le rêve des supporters en réalité, avec en prime l’instauration d’une véritable discipline au sein de la sélection. Nouzaret est attendu à Conakry dans les prochains jours, même si pour l’instant l’agence Magic Voyages chargée d’établir son billet refuse de s’exécuter, en raison des arriérés contractés par le département des Sports qui s’élèveraient actuellement à plus de 4 milliards de Francs guinéens.
Selon certaines informations, Nouzaret et sa bande de collaborateurs européens (une dizaine au total) qui n’ont rien apporté concrètement au Syli national et sont sur la sellette, pourraient très prochainement être poussés vers la porte, si la donne ne change pas. Conscients de la nécessité de revoir les choses, les membres du Bureau exécutif devaient tenir au moment où nous allions sous presse une réunion pour essayer de tirer les leçons du match Burkina Faso-Guinée et préparer le prochain match face à la Côte d’Ivoire. Nous reviendrons sur ce sujet brûlant de l’heure dans nos prochaines parutions.
Mamoudou Bory Bah Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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