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Suite à la grève des étudiants de l’Institut supérieur des sciences vétérinaires de Dalaba, au mois de décembre, une dizaine d’étudiants avaient été arrêtés et écroués. Transférés à la Sûreté urbaine de Mamou, ces étudiants attendent toujours d’être jugés. Et la question que l’on pourrait se poser aujourd’hui est de savoir pourquoi ce dossier traîne-t-il encore dans les tiroirs de la police de paix de Mamou ? Etant donné que les parents des étudiants et leurs collègues attendent impatiemment de connaître le sort réservé à ces étudiants et pour éclairer la lanterne de l’opinion sur ce dossier brûlant, nous avons effectué le déplacement sur le terrain. C’était le 15 février dernier, à la Justice de Paix de Mamou pour connaître le fond du problème. Rencontré à cet effet, le Procureur général de la Justice de paix de Mamou, M. Bangaly Condé, a jugé nécessaire de revenir sur le débat avant de nous situer sur la suite à donner au dossier. Selon lui, la dizaine d’étudiants arrêtés sont poursuivis pour destruction et incendie d’édifices publics. Ce qui serait, selon lui, considéré par le code pénal guinéen (CPG) comme un acte criminel. Et la sanction que le code prévoit pour une telle infraction est la prison à vie. Pour le moment, les enquêtes se poursuivraient pour situer les responsabilités des uns et des autres. Le dossier serait d’ores et déjà au niveau du cabinet d’instruction qui se charge de recouper toutes les informations. A l’en croire, le juge d’instruction doit effectuer un déplacement à Dalaba pour rencontrer les autorités de la localité et faire l’état des lieux. Le procureur a par ailleurs apporté un démenti aux rumeurs qui font croire que les parents des étudiants arrêtés auraient affiché une certaine inquiétude du fait que le dossier traîne, et porté plainte au niveau de l’autorité compétente. Il affirme n’avoir jusqu’ici reçu aucune plainte d’un quelconque parent. Par contre, dira-t-il, des étudiants « rebelles » ont adressé une correspondance au gouverneur de la région de Mamou dans laquelle ils auraient tenu des propos « malveillants ». Ce qui, à ses dires, aurait d’ailleurs choqué le gouverneur. Sur la question de savoir la peine que pourrait encourir ces étudiants, M. le Procureur général précise que selon l’article 477 du code Pénal « quiconque aura volontairement mis le feu à des édifices, maison de valeur, magasin, chantier quand ils sont habités et servent à l’habitation, qu’ils appartiennent ou non à l’auteur du crime, sera puni de mort ». En tenant donc compte des explications du Procureur Général, force est de croire d’ores et déjà que ces étudiants en prison depuis maintenant près de deux mois, risquent gros, au grand dam de leurs parents. Mais en correctionnalisant le dossier, selon toujours le Procureur leur peine peut être réduite de 1 à 5 ans de prison ferme. Auparavant, parlant des conditions de détention des étudiants, le substitut du procureur nous fera entendre qu’ils sont bien traités par le geôlier. Il faut reconnaître que toutes les administrations régionales sont à l’image de celle de la capitale, Conakry, où la rétention de l’information ne dit pas son nom. Puisque malgré notre insistance pour compléter l’information, Mme le Substitut du procureur, Kadiatou Bah, le visage rayonnant de malice, n’a pas voulu diligenter les choses à ce niveau. Il y a lieu de noter qu’une fille figurerait parmi les étudiants détenus. Mais à cause de sa féminité, cette dernière serait en liberté provisoire. Samory Keita Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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