mercredi 7 avril 2010
Sur un air de campagne
Ibrahima Fofana

Dans une joyeuse zizanie, les candidats à la présidentielle sont déjà en campagne, même si les règles du jeu électoral n’ont pas encore été établies.

Le 21 mars, plus de 300 motards arborant des tee-shirts à l’effigie de Cellou Dalein Diallo, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée, ont sillonné Conakry. La « parade motorisée » est la dernière trouvaille des sympathisants de l’ancien Premier ministre. À l’approche de la première élection présidentielle potentiellement « libre et transparente », l’euphorie s’est emparée des militants de tous les camps. Le Conseil national de transition (CNT) n’a pas encore défini les règles du jeu, mais à deux mois du lancement officiel de la campagne électorale, prévu le 27 mai, affiches et banderoles sont déjà dans les rues, et les rencontres politiques se multiplient dans les quartiers. Les « anciens » comme Cellou Diallo, Alpha Condé, Sidya Touré, Lansana Kouyaté, ainsi que les nouveaux venus se sont lancés. La Guinée ne compte pas moins de 116 partis, créés pour la plupart par d’illustres inconnus. Le pays, depuis que le président par intérim, le général Sékouba Konaté, a annoncé la tenue du scrutin le 27 juin, ne vit plus que pour ces élections.

Partis contre syndicats

Les listes électorales provisoires (4,2 millions d’électeurs) sont affichées. Le recensement des Guinéens de l’étranger est en cours. L’Union européenne a débloqué 15,5 millions d’euros pour l’organisation du scrutin. La télévision publique a lancé des émissions consacrées à la vie politique, le gouvernement discute avec l’opposition. Autant de raisons d’être optimiste. Néanmoins, il subsiste au sein de la classe politique des interrogations sur les intentions du Premier ministre, Jean-Marie Doré, soupçonné de vouloir se présenter bien qu’il soit membre des autorités de transition. D’autre part, syndicats et partis politiques s’affrontent sur le principe des candidatures indépendantes. Les premiers bénéficient d’une certaine légitimité depuis les manifestations populaires de janvier et février 2007, et comptent en profiter pour engager dans la course à la présidence un des leurs, Ibrahima Fofana, secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée, proche de Rabiatou Serah Diallo, désormais à la tête du CNT.

La classe politique ne voit pas d’un très bon œil les indépendants. « Nous avons trimé pendant des années pour installer nos partis et gagner la sympathie des populations. Pourquoi laisserions­-nous des gens sortis de nulle part s’incruster ? Les syndicats [qui n’ont pas participé à la manifestation du 28 septembre, NDLR] ne nous ont pas soutenus contre Dadis [ancien chef de la junte, NDLR] », commente un membre des Forces vives. Les formations politiques comptent 29 représentants sur les 155 membres du CNT, l’organe qui tranchera ce différend, syndicats et société civile en ont 25. Les autres membres sont issus de l’armée, de la magistrature, du patronat ou des médias. En avril, l’organe de transition planchera aussi sur le mandat présidentiel. Il devrait passer de sept à cinq ans et n’être renouvelable qu’une fois. Sur cela au moins, tout le monde est ­d’accord.


06/04/2010

Cécile Sow


Source : jeuneafrique.com


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
FIDEL, vendredi 9 avril 2010
La democratie, la democratie, la democratie. Tout le monde doit etre libre de sa pensée. Nous sommes tous citoyens de ce pays au meme titre, donc nul ne peut avoir plus de droit que l`autre. Merci Oularé en passant. Fidel como Castro
Oularé, jeudi 8 avril 2010
Nous invitons nos compatriotes notamment, l`intélligentsia du pays à se pencher sur ce que apporte FIDEL dans ses commentaires même si on les partage pas forcément.
Me LAMAH Dakar, jeudi 8 avril 2010
A mon avis, Ibrahima FOFANA tout comme les candidatures indépendantes annoncées des autres compatriotes guinéens ne sont pas en disgrâce de candidature aux élections présidentielles de juin 2010. La Guinée n`est pas la chasse gardée d`un leader politique contrairement à ce que pensent certains observateurs. Il n`y a pas de guinéens qui se sont plus battus que les autres, loin s`en faut le critère d`éligibilité. Le premier critère est le projet de société du candidat. Concernant la candidature de Jean Marie DORE, je me demande sur quelle base les interrogations fusent sur la candidature de JMD?
Abdoul.H, jeudi 8 avril 2010
Ibrahima Fofanah est en plein droit de se présenter s`il le desire. Quant à JMD, il y a lieu d`éviter de lui preter ces intentions, ça ne se discute pas. En choisissant d`être premier Ministre de la transition, il a choisi de ne pas se présenter. Il n`y aura pas un autre Dadis et une autre crise.
Samory, jeudi 8 avril 2010
En démocratie,tous les citoyens ont les mêmes droits sauf quand la LOI impose des restrictions.En plus chacun peut exprimer librement ce qu`il pense.Bien entendu,les pensées divergent et en général sont fonction du niveau intellectuel,de l`éducation et de la personnalité de celui qui s`exprime.Donc il faut accepter cette difference et se combattre par la force des arguments et non par l`ARGUMENT DE LA FORCE.
Almamy Bérété, mercredi 7 avril 2010
Pourquoi Kassory Fofana serait-il candidat alors que Ibrahima Fofana, quant à lui, serait exclu? Oh! La Guinée!
diountou-petoye, mercredi 7 avril 2010
Si Ibrahim fofana a l`intention de se presenter comme candidat independant il y a aucune raison de l`interdire puisque des cadres qui ont vecu pandant longtemp a l`etranger reviens pour former leur parti sans probleme,les syndicalistes sont plus meritant si ont regarde le combat qu`ils ont mener par raport aux partis politique en place******
Abdoul Sow, mercredi 7 avril 2010
Voilà la sauce de la guerre civile annoncée. Qui avait dit que Dadis était le problème? Maintenant, se sont les partis politiques qui veulent exclurent d`autres guinéens. Pourquoi?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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