dimanche 11 juillet 2010
Suggestions pour l'organisation du 2e tour
Abdoulaye Daka Diallo

ChersCompatriotes;

Nombreux sont les Guinéens qui avaient prévu l’incontournable second tour a l’issue des premières consultations démocratiques dans notre cher pays, la Guinée. Un peu partout à travers le monde, les états major des deux partis finalistes et leurs sympathisants commencent à s’organiser dans l’attente du second tour. Beaucoup de leçons ont déjà été tirées des 1eres consultations, mais à mon humble avis plusieurs aspects techniques de l’organisation de ce 1er tour ont été peu ou pas du tout touchés.

Le fait que j’ai déjà eu à diriger plus d’une fois des bureaux de vote (en Guinée) et surtout suite à que j’ai vu et vécu le 27 Juin, 2010 à New York me permet de recenser les maux qui ont affectés les électeurs lors de ce scrutin et de suggérer la création de meilleures conditions de vote, devant permettre de mettre les électeurs plus à l’aise pour accomplir leur devoir civique.

Malgré l’effervescence pour le second tour, il est regrettable de constater que certains électeurs soutiennent qu’ils ont souffert lors des premières consultations et qu’ils ne sont plus prêts à revivre la même expérience. Il est donc impérieux de suggérer des voies et moyens pour amener le maximum d’électeurs à se diriger vers les bureaux de vote et à accomplir leur devoir civique pour départager dans la paix et la concorde les 2 finalistes lors du second tour.

A mon humble avis donc, tous ceux qui ont intérêt à voir l’instauration d’une véritable démocratie en Guinée en général et les 2 partis finalistes et leurs sympathisants en particulier doivent s’impliquer d’avantage dans leur mission d’assistance à la commission électorale de leur bureau de vote respectif par :

1.   Un choix plus judicieux de l’emplacement devant abriter le Bureau de vote. Dans le cas de New York par exemple, un seul bureau de vote a été ouvert pour les milliers de Guinéens de New York et des Etats voisins. On ne saura jamais le nombre même approximatif de personnes qui voulaient ardemment voter mais qui n’ont pas pu accomplir leur devoir civique pour une raison ou une autre : longue distance à parcourir, interminable attente dans les lignes, chaleur étouffante, nécessité de faire face à la satisfaction de divers autres besoins, etc.…

Face à ce problème, à défaut de pouvoir multiplier les lieux du scrutin pour désenclaver les bureaux de vote, le 2eme tour devrait en principe être organisé dans un endroit plus accessible, avec beaucoup plus d’espace, d’ombre, d’air frais, et où le problème de parking, d’embouteillage et d’attraction des curieux ne se pose pas. Dans le cas de New York par exemple, si les conditions météorologiques permettent, Central Park aurait été bien indiqué pour ce fait;

2.   Quelque soit le lieu retenu pour l’installation des bureaux de vote, un élément anodin mais d’une importance fondamentale a été négligé lors de l’organisation du 1er scrutin du 27 Juin, 2010: l’éclairage des Bureaux de vote et des isoloirs. A New York la salle retenue était si mal éclairée que la commission électorale avait pris soin de se munir d’une lampe torche, dont les piles à force d’avoir été obligées de fonctionner toute la journée ne servaient finalement à rien. Dans mon cas, on m’a fait passer d’une table, à une autre, puis à une autre et enfin retour à la case de départ pour enfin retrouver mon nom.

L’intérieur des isoloirs était encore plus obscur que la grande salle. Mon seul salut est venu du fait que j’avais déjà localisé la position de mon candidat avant de me diriger vers les isoloirs. Est-il besoin de noter qu’il serrait souhaitable que les places retenues, les salles devant abriter les bureaux de vote et les isoloirs soient aussi éclairés que de jour, à défaut d’avoir des résultats à fiabilité douteuse.

La déficience de l’éclairage des lieux de vote et la difficulté inexplicable des membres du bureau de vote à localiser les noms des électeurs sont deux éléments fondamentaux à corriger lors du second tour et les électeurs doivent être informés par qui de droit des dispositions prises à cet effet.

3.   Un autre aspect, et non des moindres est lié à la confection de la fiche électorale. La 1ere fiche présentait à un électorat à majorité analphabète un problème à 72 inconnus (un minimum de 3 informations par candidat multiplié par 24 prétendants) ; elle était confuse, encombrée et encombrante et elle pouvait facilement dérouter et l’électeur (qui pouvait se tromper de l’endroit adéquat pour exprimer son vote) et les membres du bureau de vote (dans l’ouverture des urnes et le décompte des voix) ;

4.   Solliciter l’ouverture d’au moins un bureau de vote pour les grandes villes abritant une très forte communauté Guinéenne, comme le cas de Philadelphia, par exemple. Le recensement des Guinéens de la Delaware Valley a été dispersé entre Washington, New York et Philadelphia. Partant les électeurs de Philadelphia ont été obligés de se rendre soit à Washington, soit à New York pour se faire recenser et/ou exprimer leur vote. En le faisant, ils ont ainsi parcouru parfois jusqu’a 400 km + et ont eu l’obligation de supporter des charges récurrentes non négligeables allant de $25 pour ceux qui ont emprunté le service publique à $150 pour ceux d’entre nous qui ont préféré utiliser leur voiture personnelle ;

5.   A défaut de la multiplication du nombre de bureaux de vote et/ou de leur transfert dans des endroits plus conciliant, il serrait alors recommandable de trouver une formule devant alléger l’attente et la tache à tout électeur obligé de parcourir une certaine distance. A ce propos, on pourrait bien continuer à former nos 2 rangs habituels: un pour les hommes et un autre pour les femmes, lequel cependant devra accommoder aussi bien les vieux, que les handicapés, et toute autre personne qui se trouve obligée de consacrer toute une journée de voyage pour exprimer son devoir civique envers la nation ;

6.   Décider de l’acceptation ou non du vote par procuration. Nombreux Guinéens se sont dirigés vers les bureaux de vote munis de procuration acquises au prix de $10 l’unité qui n’auront finalement servi à rien ;

7.   Accommoder les électeurs par la fourniture autant que faire se peut : (a) d’un service de transport gratuit de leur lieu de résidence au bureau de vote et vis versa ; (b) des toilettes portables, des poubelles, et un service de nettoyage compétent ; (c) de la nourriture et des rafraichissants qui devront être fournis gratuitement par les 2 partis finalistes et/ou leurs sympathisants ;

8.   Recruter des volontaires et leur confier des taches diverses et spécifiques : transport des électeurs, fourniture de la nourriture et des rafraichissants, ordre, discipline et sécurité des lieux de scrutin, assistance au bureau de vote ;

9.   Enfin, bien que nous félicitons la CENI, et le Gouvernement pour ses résultats très encourageant, les 2 partis finalistes doivent cependant absolument se faire représenter par des délégués bien formés à jouer leur rôle pour observer l’ensemble du processus électoral et faire ce que de droit.

Dans mon cas précis, comme mentionné à l’introduction, j’ai eu à diriger des bureaux de vote en Guinée. C’était lors des toutes premières élections dites démocratiques au temps du PUP. A toutes les occasions j’avais accepté dans la salle tout individu, délégué ou non d’un parti politique, civil ou militaire qui voulait observer le déroulement des opérations dans la paix et la discipline, et cela de l’ouverture du bureau de vote, au dépouillement et au dépôt des résultats à qui de droit. J’avais préféré faire prévaloir la transparence, l’intransigeance et l’impartialité. Et comme résultat, aucune revendication n’a été enregistrée ; même pas du coté du PUP, qui apparemment n’a jamais été majoritaire dans aucun bureau de vote que j’ai eu le grand honneur de diriger.

Si la CENI, ou les partis politiques finalistes exprimaient le besoin, nombreux sont les Guinéens intègres aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur qui sont prêts à servir loyalement et bénévolement pour les besoins de la circonstance en vue d’organiser le second tour dans les meilleurs délais et conditions possibles. En fait, les Guinéens ne sont pas les meilleurs à tout point de vue, mais personnes d’autre n’est meilleur à nous. Avec un peu plus de discipline et d’équité, nous sommes sur le bon chemin et Dieu ferra le reste.

Que le meilleur gagne et que Dieu guide nos pas sur le chemin du beau, du bien, du juste et du vrai.


Abdoulaye Daka DIALLO, Wilmington, DE/USA


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
alfa, lundi 12 juillet 2010
Je suis d`accord avec tes suggestions et je pense qu`avec un peu de volonté on pourrait réussir le 2ème tour avec moins de difficultés . Moi par exemple j`ai été à mon bureau de vote à 7h30 mais j`ai pu voter qu`à 17h . Au départ les électeurs ne savaient même pas où serait installé leur bureau de vote. Les membres de la CENI accompagnés des dirigeants du quartier cherchaient un endroit approprié pour installer le bureau jusqu`à 08h30. J`ai passé tout mon temps à observer le déroulement du processus mais aussi à aider nobreux électeurs qui voulaient savoir l`emplacement de leur bureau de vote puis qu`il y en avait plusieurs dans le quartier.Je pouvais juste voter et m`en aller mais j`ai voulu me rassurer que le processus était transprent et libre et surtout je voulais me rendre utile surtout que c`était un Dimanche que j`ai décidé d`utiliser pour le service de mon pays. J`ai pu quand même constater quelques irrégularités en ce qui concerne le vote par procurration mais ce n`était pas d`une telle empleur comme décriée dans les médias en tout cas au niveau de mon bureau de vote. Sur les 9987 électeurs inscrits sur la liste, il y a eu près de 100 qui ont voté par procurration ce qui m`a d`ailleurs mis mal à l`aise sur place car pour moi c`était une source de fraude étant donné que ceux qui avaient les procurations n`avaient pas forcément leurs noms sur la liste du bureau où ils se presentaient . Si nous voulons vraiment des élections démocratiques dans notre pays, je souhaite que tous les intellectuels à tous les niveaux s`impliquent avec honnêtteté afin de connaître le choix du peulpe. Je n`étais pas dans la salle d`où était installé le bureau mais au dehors j`ai sensibilisé les électeurs de respecter les rangs, de se diriger dans tel endroit car je me renseignais sur l`emplacement des bureaux de vote. Rien n`est plus agréable que d`être utile à son pays. Ensemble soyons utilie à notre chère patrie.
Kourouma Ibrahim, lundi 12 juillet 2010
Entièrement d`accord avec vous Mr Diallo. En effet tout le monde crie à la fraude et aux irrégularités mais personne ne propose de solutions. Comme je l`ai toujours dit, la CENI est à l`image de toutes les autres institutions guinéennes, c`est à dire incompétentes et souvent malhonnêtes. Les membrtes des CEPI et CESPI sont des fonctionnaires guinéens comme tous les autres fonctionnaires à la recherche de la pitance quotidienne et à la moralité liée à la faiblesse de leur niveau de vie. CES CEPI et CESPI à la formation sommaire et approximative ont semé le cafouillage dans le processus moins par volonté de tricher que plus par incompétence. Nous aurons des élections fiables lorsque les organisateurs seront mieux formés, motivés (financièrement) et portés sur la réussite du processus et non à la recherche du quotidien. Aussi les membres des CEPI et CESPI sont tous militants des partis politiques; ce qui fait que souvent ils ont tendance à favoriser leur candidat, normal non? Encore une fois, la CENI est à l`image de la Guinée et de ses institutions, elle ne fera pas de miracles! Merci Mr Diallo pour ces solutions. NB/ 98% des bureaux de vote en Guinée ont dépouillé les bulletins de vote la nuit du 27 dans l`obscurité totale, si vous vous plaigner de manque de lumière à New York, au pays je vous laisse deviner.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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