 |
lundi 29 décembre 2008 |
 |
 |
Suggestions au CNDD |
 |
 |
Suite aux professions de foi du Capitaine Dadis Camara lors de la rencontre du Camp Alpha Yaya ce 26 décembre, il est apparu un peu plus rassurant. Il a pour l’instant la tête encore sur les épaules et froide : il s’est décoiffé pour saluer les aînés et les religieux, entre autres. Pourvu que cela continue ! Il faut que son entourage le protège des "prédateurs" de caractère. Ceci dit, le CNDD semble être flexible et se diriger vers une variante de l’alternative que nous avions proposée, c’est-à-dire céder la gouvernance à une équipe de civils et ne conserver que la présidence pour garantir le processus et l’intégrité du Pays. Jusque là, mention bien ! Il faut éviter de commettre l’erreur faite en général dans ces circonstances, ONU comprise, qui consiste à aller déloger un technocrate dans ses fonctions et lui demander de diriger un gouvernement de transition pour mettre en place les premières mesures de bonne gouvernance. En effet, une telle équipe est toujours le résultat de compromis politiques et communautaires (parfois religieux en plus). De ce fait le chef du gouvernement devrait être une personne politiquement avertie et plus ou moins expérimentée en termes d’administration des affaires de l’Etat, puis viennent les technocrates pour occuper les postes ministériels. Mais le paradigme qui veut qu’un expert dans un domaine technique bien précis puisse automatiquement faire un bon Premier ministre est étonnement répandu sans que les hommes politiques ne le contredisent lors des processus de nomination. En Côte d’Ivoire par exemple, il a fallu "user" deux technocrates (un ingénieur devenu diplomate et un gouverneur de banque) pour finalement nommer un politique (même s’il a une armée derrière lui) pour que le processus politique évolue. Il est pourtant évident que diriger la politique d’un pays en chef d’équipe requiert des qualités de leader dirigeant des technocrates pour produire les résultats concrets attendus. La politique est tout sauf une science exacte, que les esprits cartésiens ont du mal à appréhender. Ceci dit, quant à la communauté internationale, le CNDD devrait leur proposer un contrat de partenariat pour l’audit du gouvernement qu’ils préconisent, avec un chronogramme précis et solliciter leur implication pour la recherche des fonds détournés en Guinée et investis ou cachés à l’étranger. S’ils sont de bonne foi pour aider et non sanctionner seulement, ils doivent nous aider à traquer ses fortunes qui appartiennent au peuple de Guinée. Ce faisant, le Pays pourrait même solliciter un peu moins d’aide financière de leur part selon l’importance des sommes ainsi recouvrées. En agissant ainsi, ils verront que vous êtes sincères dans votre projet de redressement et de bonne gouvernance. Quant à la CDEAO, elle pourrait être approchée à titre exceptionnel pour l’instauration des tribunaux chargés de juger les coupables afin de s’assurer une certaine neutralité dans un pays où liens familiaux tentaculaires pourraient nuire aux procédures et verdicts. Surtout qu’un des plus gros chantiers du futur gouvernement sera l’entière refonte du judiciaire. Ma dernière suggestion ou recommandation sera de rétablir au plus tôt la liberté d’expression et de la presse avec un code de bonne conduite où toute diffamation et incitation à la haine de toute sorte seraient sévèrement condamnées.
Espérons que le CNDD, lui au moins, lit la presse et surtout surfe le Net !
Ibrahima Diallo - "Ollaid" pour www.guineeactu.com
|
 |
 |
|
 |
|