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« Lonni tè ban » (Le savoir est inépuisable) (1)
« Que Dieu maudisse tous ceux qui détestent ma chère patrie et… ceux qui sont animés de bonnes intentions, comme l`auteur de cet article, pour sortir enfin ma Guinée du trou.
« Monsieur Fall... cet article est trop édifiant, ne souffre d`aucun désaveu... Je me demande bien si vous êtes guinéen ou sénégalais, (souligné par moi). Si oui, c’est que vous avez bien pris du temps à l’étranger. Vous n`êtes qu`un ennemi (souligné par moi) de la Guinée. Sûrement, un aventurier sénégalais qui a grandement pillé la Guinée, avec la complicité des narcos… »
En lisant les commentaires suscités par un article signé Pablo Bangoura, dans guineeactu.com, soutenant le Chef de l’Etat et le C.N.D.D., tout en étant, pour l’essentiel, d’accord avec lui, je ne l’envie pas d’être en compagnie de défenseurs encombrants, qui ramènent son propos clair, équilibré, dans les marigots fangeux qui conduisent aux origines parfois troubles et douteuses de nos familles, de nos ethnies, de nos nations.
Cependant, en stricte logique, je respecte leur argumentation, tant qu’elle se fonde sur celle de M. Bangoura, qu’ils sont censés soutenir. Qu’ils prennent ce qui suit, comme de fraternelles mises en garde contre des réactions cutanées, des réflexes pavloviens qui font fi de ce sage propos : « remuer sept fois sa langue, avant de parler ». Ce qui vaut pour la plume ou les touches faciles d’un clavier.
En effet, la formation des nations et des Etats, partout dans le monde, est complexe, lente, parsemée de guerres, de pactes de paix, souvent signés avec du sang, ou scellés par des mariages parfois ancillaires. Il a fallu des siècles ici, là des millénaires.
L’Italie vient à peine d’en sortir. L’Afrique est toujours entrain de se balkaniser, au seuil des formations nationales. Pour nous, « intellectuels » africains, il est de notre devoir impérieux de méditer l’expérience réussie ou désastreuse des autres, confrontés que nous sommes, à la fragilité de nos micro-nationalités, noyées dans des Etats aux frontières artificielles, tracées par le Vainqueur, et ci-devant, Maître, qui continue à nous dominer par l’entremise d’hommes de paille, auto proclamés Pères de la nation.
Cependant, tout est dans les livres ou dans la bouche de nos bibliothèques vivantes que sont nos sages, qui n’ont pas toutes brûlé. D’ailleurs, maintenant, on trouve tout sur la Toile. Ou presque. Il faut savoir cliquer juste. Avec le doigt, mais pas avec ses tripes.
Donc Fall, Sall, Tall, Bal sont des patronymes dont la consonance fait plus penser à la Sénégambie qu’à notre Guinée-Conakry. Je dis bien Sénégambie et non Sénégal. Le Sénégal est de fabrication relativement récente. Avec l’aide du Colon français. Alors que les origines de la Sénégambie remontent au déluge. La Sénégambie est aussi vieille que le fleuve Sénégal ou le fleuve Niger, qui ont tous deux, leur source en Guinée, elle-même plus jeune que les Fall, Sall et autres Hal Poular toucouleurs, plus nombreux à Dinguiraye qu’à Koundara ou à Boffa ou à Boké, où l’on trouve leurs cousins Samb, NDiaye, Niane, etc.
Pourtant, Dinguiraye est plus vieux que Dakar ! Dinguiraye est même plus vieux que la Guinée, qui n’est qu’un bricolage de Faidherbe Archinard et Cie, alors que la Cité fondée par El-Hajj Oumar Tall, était le point de départ d’un immense « empire » de plus de 300 000 km2, aussi vaste que l’actuelle surface des pays de la C.D.E.A.O., qui n’eût pu exister sans le brassage socioculturel encore présent sur les terres de cet empire. Peuls du Toro, du Fouta Djallon, du Nigéria, Bambaras, Massassis, Haoussas, Touaregs, Maures, Dogons ? C’était avant la Guinée, le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Haute Volta, la Gambie, la Guinée Bissau et autres républiquettes machinées par le Vainqueur.
« Fall, Sall, Tall rentrez chez vous ! Vous connaissez le chemin : le fleuve Sénégal ou le fleuve Niger. »
Et, alors que tous les diaspos de Guinée, que dis-je, que tous les Guinéens fassent leurs baluchons. Le Foutankè foutra le camp au Fouta Toro, car m’a dit un grand traditionnaliste récemment décédé, « il n’y a pas une case au Fouta Djalon qui n’ait sa case-mère au Fouta Toro ». Bref, Peuls de Guinée, barrez-vous chez vous, en Sénégambie !
Quant aux Djalonkés, ou Manden Ta et Manden Fou, foutez-moi le camp au Ouagadou, allez subir le venin ou déguster les délices du règne du Grand serpent des origines bien réelles de l’arc-en-ciel polyethnique de l’Afrique d’avant le Soleil des bâtardises (Amadou Kourouma). Mais avant de parvenir au Wagadou, faites escale chez vos cousins mandingues, vous, Peuls et Dényankôbè, descendants des Keïta, via Koly Tenguéla, lui-même, fruit des turpitudes mâles de Soundjata Keïta, ou un de ses collatéraux, avec je ne sais quelle trahison femelle…
A ce rythme qui sonne comme un jingle de Radio mille collines, qui restera en Guinée ? Les Indigènes de notre Forêt ? Voire ! Qui nous dit qu’ils ne sont pas partie de ces Kroumen (ou Krous) de Côte d’ivoire, Bété, Wobè, Didas, etc., qui auraient égaré leurs rafiots au sommet du mont Nimba, au temps du déluge ? N’est-ce pas un seul versant du Nimba qui sépare nos populations de là-bas, des Krous du Libéria ?
C’était avant l’arrivée des Akan, dont les Baoulés, la « tribu » de la Reine Pokou et de Nana Houphouët, vous vous souvenez, qui ont dû trouver là, les Dioulas, qui ne faisaient d’ailleurs que passer. Les Dioulas, éternels voyageurs en quête non pas de wori ou de köbiri (sous), mais de savoir.
Allez donc demander au savant Youssouf Tata Cissé, cette bibliothèque encore vivante. Le premier sens de dioula n’est pas commerçant, mais quêteur de science (sacrée). Nos Malinkés ne sont pas nés vendeurs de diamants ou de casse, ni les Peuls’ maîtres du mâlé ou du fer à béton. Ces derniers, bouviers devant Guéno l’Eternel, ont appris à marches forcées, en quinze ans, à devenir juifs errants’ grâce à Sékou Touré, inspirateur providentiel et lointain des bonimenteurs de Radio mille collines.
O vous qui êtes déjà aux bords vertigineux de l’abîme de l’Ivoirité guinéenne, vous devez présenter vos excuses aux peuples guinéens qui, depuis seulement deux siècles, essaient de façonner la famille guinéenne !
Pour la nation, en vous lisant, on devra attendre les fracas d’un second déluge ! Mais je vous assure que vous êtes pardonnés par avance, car vous ne savez pas ce que vous dites.
En effet, comme disent nos sages Griots : « Lonni tè ban ! » Le savoir est inépuisable. Moussa en sait quelque chose. Pas Dadis, que vous défendrez mal, si vous persistez, je parle de l’autre Moussa, Nabillahi Moussa. (2)
Eh Wotan Guéré mou fan !
Mais où est donc passée la Guinée ?
Allez donc voir au Rwanda !
Ce matin je ne me sens plus guinéen.
Bantu, boulette peule
Je suis devenu
Consommable à toute sauce ethno
Soumis au tournis de la valse
De nos fêtards technos
Suis-je tutsi, hutu
Peut-être que mon ancêtre Léopold,
Pas Sédar, l’autre, deuxième du nom
Roi des Belges, me le dira
Puisque contre moi vous pointez votre Calame
Je ne vous dis pas wa salam !
Si Fall se fût appeler Sall
On eût pu vous entendre dire
Sall Sénégalais rentre chez toi au Sénégal !
Comme PM, tu ne peux rempiler
De la nation tu n’as plus l’estampille
Sall Fall ! Faux et Sow Guinéen !
El Hajj Saïdou Nour Bokoum pour www.guineeactu.com
Notes :
(1) Propos de la sagesse mandingue-bambara (2) Coran, sourate 18, La caverne, versets 60 et suivants.
P.S. : Sall ou pas, Guinéen ou pas, allez donc signer cet Appel à l’union :
Pour signer la pétition allez sur le lien URL suivant : http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=3333
Pour voir les signataires allez sur lien URL suivant : http://www.lapetition.be/list_signs.php?petid=3333&page=1
Note de la rédaction : L’auteur ne souhaite pas de commentaires sur son article. Les éventuelles réactions ne seront donc pas publiées.
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