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Arrêté le 30 mars 2009 et écroué au PM3, l’ancien ministre des mines Ahmed Kanté a été déféré le 6 avril à la maison d’arrêt de Conakry. Depuis, il croupit dans cette prison sans jugement. Il est confondu aux trafiquants de drogue et autres criminels alors que ces pairs ont bénéficié de liberté provisoire.
Ahmed Kanté a été arrêté pour motif de détournement de fonds et complicité. Etant donné l’absence de preuves, il devrait bénéficier de la présomption d’innocence jusqu’au jugement. Mais tel n’est pas le cas. Il n’est ni jugé, ni libéré. Cependant, sa culpabilité n’est pas mise en évidence. Or, la presse a fait des révélations sur des cas de malversation par Hassan Onipogui, actuel Ministre du Contrôle Economique (journaux Libération et l’Aurore). Malgré les preuves fournies par ces deux journaux (chèques avec montants précis, dates et signatures), Hassan Onipogui n’a jamais été limogé, ni interrogé à l’image des anciens ministres : Ahmed Tidiane Souaré, Ousmane Sylla et tant d’autres. Il a même avoué dans une interview à Guinéenews qu’il a évacué sa fille malade avec l’argent du fonds minier.
Est-ce normal d’utiliser ce fonds pour ce type de dépenses ?
Pourquoi cette justice à deux vitesses de Dadis ?
L’ORDEE et la Commission Nationale des audits n’ont rien fait par rapport à ces révélations. Certains observateurs n’hésitent pas d’évoquer l’argument ethnique. D’autres aussi pensent que Hassane Onopogui serait protégé par l’actuel Ministre de la justice M. Loholamou. Dans l’un ou l’autre cas, il est désormais clair que Ahmed Kanté est victime de complot, car sa détention provisoire s’est prolongée sans argument valable. Il est regrettable de constater que les violations des droits de l’Homme sont monnaie courante actuellement en Guinée. Entre autres cas flagrant, on peut citer celui de Mouctar Baldé de la commission nationale des audits qui a été détenu pendant 56 jours pour avoir donné son opinion sur une question sensible. Il a été libéré dans la nuit du vendredi 28 mai 2009 avec un dossier vide. Aucun délit avéré à ce jour.
Quel dommage pour les droits humains en Guinée ? Pauvre Kanté, pauvres de nous !
L. HAIDARA, Guinée-Conakry
Pour www.guineeactu.com
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