dimanche 8 février 2009
Sommet de l’Union Africaine : La transition guinéenne sous « haute surveillance »

Le 30 janvier dernier, le Sommet de l’Union Africaine qui s’est tenu à dans la capitale éthiopienne Addis Abeba, s’est fortement penché sur le cas guinéen. La réunion consultative a été assortie de proposions concrètes en vue d’aboutir à une transition réussie en Guinée. Lisez !

1.   A l’initiative du Président de la Commission de l’Union africaine (UA) M. Jean Ping, et du Président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) Dr Mohamed Ibn Chambas, une réunion consultative sur la situation en République de Guinée s’est tenue à Addis Abéba, le 30 janvier 2009. Outre l’UA et la CEDEAO, les organisations ci-après ont pris part à la réunion : les Nations unies, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), l’Union européenne (UE), l’Organisation de la Conférence islamique (OC) et la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD). Le Nigeria, qui assure la présidence de la CEDEAO, le Libéria, en sa qualité de pays assurant la présidence de l’Union du Fleuve Mano, et la Sierra Leone ont également participé à la réunion.

2.   Les participants ont procédé à un échange de vues sur l’évolution de la situation en Guinée depuis le coup d’Etat du 23 décembre 2008 ainsi que sur les efforts déployés en vue du retour rapide à l’ordre constitutionnel.

3.   Les participants ont exprimé leur solidarité à l’endroit du peuple guinéen dans sa quête de démocratie, de bonne gouvernance et de développement et salué le combat qu’il n’a cessé de mener à cette fin. Ils ont lancé un appel pressant aux Etats membres de l’UA et à la communauté internationale dans son ensemble pour la mobilisation d’une assistance concrète en vue d’alléger les souffrances qu’endurent les Guinéens.

4.   Les participants ont réitéré leur position de principe sur le rejet total des changements anticonstitutionnels de gouvernement en ayant à l’esprit les instruments pertinents de la CEDEAO et de l’UA. Ils ont apporté leur plein appui aux décisions prises par l’UA et la CEDEAO à la suite du coup d’Etat intervenu en Guinée et aux efforts que déploient ces deux organisations en vue du retour rapide à l’ordre constitutionnel.

5.   A cet égard, les participants ont entériné aux termes du communiqué adopté par la session extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, tenu à Abuja le 10 janvier 2009 en particulier en ce qui concerne les modalités du retour à l’ordre constitutionnel, à savoir :

-    La mise en place d’un Conseil national de transition (CNT) organe délibérant, regroupant civils et militaires, en vue de la réalisation des objectifs de la transition ;

-    La mise en place d’un forum consultatif regroupant toutes les composantes de la société civile guinéenne, qui servira de cadre de dialogue permettant aux Guinéens d’œuvrer au renforcement de la cohésion nationale,

-    Le parachèvement du processus de transition à travers l’organisation d’élections libres, régulières et transparentes en 2009

-    La non participation des membres du CNDD, ainsi que du Premier Ministre de transition et des membres de son gouvernement aux élections à organiser en 2009

-    L’engagement des autorités de transition à respecter les droits humains et l’état de droit, ainsi qu’à lutter contre l’impunité et le trafic de drogue.

6.   Les participants ont exhorté les autorités issues du coup d’Etat à se conformer scrupuleusement aux éléments susmentionnés, et ont réitéré leur disposition, dans ce cadre à accompagner le processus de retour à l’ordre constitutionnel. De façon plus spécifique, il a été convenu d’entreprendre les actions ci-après en appui au processus de retour à l’ordre constitutionnel :

-    des missions périodiques conjointes d’information aux fins d’évaluer la situation, les progrès accomplis en vue du retour à l’ordre constitutionnel et les difficultés rencontrées

-    la mise en œuvre d’un mécanisme consultatif sur les modalités d’accompagnement du processus électoral et la mise en commun des ressources humaines ; techniques et financières de partenaires multilatéraux et bilatéraux

-    l’appui conjoint des partenaires internationaux pour le renforcement des capacités de la CENI dans son rôle d’organisatrice des élections.

7.   Eu égard à la fragilité et à la fluidité de la situation sur le terrain et aux préoccupations exprimées par nombre d’acteurs guinéens quant à la nécessité d’assurer la transparence du processus de transition, l’implication de toutes les parties prenantes et la fixation d’un calendrier précis pour le bon déroulement de la transition, les participants sont convenus de mettre en place un Groupe international de contact sur la Guinée, afin de suivre la situation avec toute l’attention requise et de continuer à coordonner et harmoniser leurs efforts tendant au rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel, sur la base des éléments pertinents du communiqué de la CEDEAO du 10 janvier 2009. A cet égard, les participants ont marqué leur préoccupation face aux développements intervenus récemment en Guinée et à leur impact possible sur le bon déroulement de la transition et son aboutissement à travers la restauration effective et sincère de l’ordre constitutionnel.

8.   Ce groupe de contact sera co-présidé par les Commissions de l’UA et de la CEDEAO et comprendra les organisations ci-après : la CEN-SAD, les Nations Unies, l’OCI, l’OIF, l’UE, l’Union du Fleuve Mano, les présidences en exercice du CPS et de la CDEAO, ainsi que les membres africains et les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le Groupe se réunira aussi souvent que nécessaire et au moins une fois tous les deux mois. Le Groupe tiendra sa première réunion à Conakry, le 16 février 2009

Addis Abéba, le 30 janvier 2009


Rédaction de l’Indépendant
, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Laue K., mardi 10 février 2009
Pour qui roulent l`UA, la CEDEAO et toutes ces belles organisations africaines ? Qu`ont-elles fait depuis qu`elles existent pour empêcher que notre continent soit le seul continent sur la planète qui régresse sur tous les plans ? Qu`ont-elles fait ou dit pour que le régime défunt --dont elles veulent le rétablissement apparemment, puisqu`elles réclament le retour à un "ordre constitutionnel" inexistant--pour que le régime défunt, dis-je, cesse de voler et d`exploiter les Guinéens ? C`est à ces questions qu`il faut répondre. Avant d`écouter les conseils de quelqu`un, il faut s`assurer qu`il est un bon conseiller.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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