jeudi 2 octobre 2008
Soixante ans de colonisation, cinquante ans d’Indépendance! Où en sommes-nous?

D’après le livre d’Histoire de l’AOF (Afrique Occidentale Française) la Guinée est devenue colonie française à la capture du Grand Résistant Africain l’Empereur de Wassoulou Almamy Samory TOURE à NGuélémou (CI) par Capitaine Gouraud le 29 Septembre 1898, mettant ainsi fin aux activités anti-envahisseur des troupes samoriennes.

Il y en avait d’autres résistants en Guinée: El Hadj Oumar TALL, NZégbéla Togba PIVI, Kissi Kaba KEITA, Alpha Yaya DIALLO, Almamy Bocar Biro BARRY, Dina Salif, Walidjou de Gomba, pour ne citer que ceux-là.

Cela a prouvé à suffisance que la colonisation de notre pays n’a pas été chose facile pour les colons français. Ils en étaient conscients.

C’est après avoir vaincu les troupes samoriennes que les colons français ont transformé notre pays la Guinée en colonie française. Le Peuple a été assujetti et dépouillé de sa dignité et de sa souveraineté. Les sujets que nous étions, les Guinéens étaient corvéables et taillables à merci.

Il est trop beau de dire aujourd’hui que la Guinée a eu tort de dire ’’Non’’ à Charles De GAULLE pour prendre l’Indépendance le 2 Octobre 1958 comme prétendre dire certains intellectuels déracinés.

D’ailleurs l’Indépendance guinéenne, c’est l’œuvre de tout le Peuple de Guinée et non celle d’un individu ou d’un groupe d’individus. Ceux qui se sont battus pour l’acquisition de cette Indépendance savent pourquoi ils l’ont fait. Rien n’a été fait au hasard. Nous de l’Association Guinéenne des Sans Voix – Aguisav ne pouvons que leur rendre un vibrant hommage.

D’accord les cinquante (50) ans d’indépendance, le bilan n’a pas été à la hauteur de l’espoir. Loin s’en faut. Surtout en matière du Respect des Droits de l’Homme. Il est à reconnaître que les 26 ans de Sékou TOURE et les 24 ans de Lansana CONTE ont été un pèlerinage douloureux pour le Peuple Martyr de Guinée.

Quoi que l’on ait dit tout sur Sékou TOURE, mais il faut reconnaître qu’il était aussi un Nationaliste convaincu. Il croyait à l’Avenir de la Guinée et de l’Afrique. Sans le camp Boiro le Président Ahmed Sékou TOURE pouvait être l’idole guinéenne sans reproche. Car il avait un Idéal pour la Guinée et pour les Guinéens sans distinction ethnique et religieuse. C’est pour quoi, pour nous, son bilan ne doit pas seulement se résumer au problème de camp BOIRO.

Nous estimons que pour mieux comprendre l’Homme, mettons Sékou TOURE le ’’Robespierre guinéen’’ sans le défendre, dans le vrai contexte du moment. Dans les premières années des Indépendances Africaines, les puissances étrangères qui avaient horreur des Nationalistes Africains. Elles (les puissances étrangères) ne ménageaient aucun effort pour les étouffer par tous les moyens: Sylvanus OLYMPIO assassiné par Eyadema au Togo, Patrice LUMUMBA assassiné par MOBUTU au Congo, François TOMBALBAYE abattu comme un chien par les militaires au Tchad, le panafricaniste Kwamé N’KRUMA renversé par l’Armée au Ghana, Modibo KEITA renversé et tué par Moussa TRAORE au Mali, Ben BELLA renversé et emprisonné en Algérie…

Raison pour laquelle nous sommes d’avis avec le Prof Dénis Galéma GUILAVOGUI quand il a dit dans sa déclaration que « C’est au tour de la Vérité que les Guinéens peuvent se réconcilier »

Sékou TOURE était un héros, un tyran, un patriote, un nationaliste et il avait un amour tyrannique pour l’Afrique et pour la Guinée, disent d’autres.

Quant à Lansana CONTE, l’officier d’exécution du Camp BOIRO, il est un homme sans idéal pour la Guinée. Lansana CONTE a pris le mauvais coté du régime Sékou TOURE sans pour autant en avoir les qualités de ce dernier. Il est quelqu’un qui se plait dans la médiocrité et la confusion.

Peuple de Guinée, chers Compatriotes,

Notre pays la Guinée a cinquante ans d’Indépendance. Nous devons pouvoir et savoir tirer les leçons des deux (2) régimes par une analyse sans complaisance pour pouvoir tourner la page et faire face à l’Avenir afin que nous puissions ensemble lever le défi qu’est le Développement économique de notre pays. Et nous disons adieu à la dictature.

Nous invitons toutes les victimes des deux (2) régimes au Pardon sublime. Nous ne leur demandons pas d’oublier, mais nous devons tous œuvrer pour la Réconciliation Nationale condition sine qua non de tout Développement.

Nous sommes foncièrement pour une Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR)

Sur ce, nous souhaitons joyeux cinquantenaire au Vaillant Peuple de Guinée.

Egalité – Patriotisme – Fraternité

Mohamed SYLLA, Secrétaire aux Relations Extérieurs de l’ Aguisav

pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Lamarana Diallo, Londres, dimanche 5 octobre 2008
Mr Sylla, votre appel a la reconciliation nationale manque de sincerite. Sekou Toure et le camp boiro sont inseparables et ce lieu de destruction et d`humiliation a ete le cheval de bataille de son regne qui du reste, vous le reconnaissez vous memes, a ete un "pelerinage douloureux pour le peuple martyr de Guinee". Par ailleurs, soutenir que Sekou toure avait un ideal pour les guineens sans distinction ethno-religieuse releve d`une tres mauvaise foi. Au cas ou vous l`aurez oublie, votre nationaliste, en tant que chef d`Etat, avait appele au massacre de 40% de sa population. Heureusement, les guineens de l`epoque n`ont pas mordu a l`hamecon. Je crois que c`est des positions comme celles de votre association qui rendent la reconciliation difficile a mener dans notre pays.
DIALLO THIERNO, vendredi 3 octobre 2008
Mr Sylla que vous le vouliez ou pas, le nom de sekou touré est associé à vie au camp boiro; là où plus de 50.000 guinéens ont péri par ce que tout simplement il n`avaient la même vision politique que le guide suprême de la révolution. Il est dans notre tradition d`africains et de musulmans de pardonner mais que les auteurs de ces crimes odieux aient le moins le courage de reconnaitre les crimes commis et demandent pardon au peuple. Le silence devant un crime n`a t`il pas ses implications dans le crime comis? FEU AST LUI MEME. Mr Sylla, notre pays doit se tourner vers l`avenir pour enfin construire quelque chose de solide. Notre pays est le pays de la mamaya et cela depuis l`indépendance; nous devons nous en débarasser pour aller de l`avant. Comment comprendre qu`un Diallo Telly, Un barry Diawando, un Magassouba, Un Djibril Tamsir Niane, Une Mafory Bangoura, Un Aboubacar Demba Camara, Un Sory Kandia Kouyaté ne soient pas décoré de l`ordre national du mérite pour leur apport pour la Guinée. En lieu et place de ces valeurs fils de Guinée puisque le ridicule ne tue pas, ce sont les Andrée Touré, Henriette Conté, Tidiane Souaré, Ousmane Doré et j`en passe qui ont été choisis par eux mêmes pour recevoir cette distinction. Un jour la vérité éclatera et justice sera rendue. Bon anniversaire quand même et j`espère que vous aurez au moins le courant après 50 ans de démagogie pour lire ma réaction. Bien à vous
Ansoumane Doré, vendredi 3 octobre 2008
Je n`ai jamais entendu,ni recontré un intellectuel guinéen "déraciné" dire ou soutenir que le NON à De Gaulle par la Guinée en 1958 était une mauvaise chose. Au contraire, nous étudiants guinéens en cette fin de mois de septembre 1958, étions fiers ici en France, parmi les étudiants africains du choix de notre pays. Et je peux vous dire que nous n`étions pas bien vus des autorutés françaises, comparés aux étudiants ivoiriens, sénégalais, gabonais etc.Donc répéter comme des perroquets que ceux qui ont posé la question de la finalité (de l`objet) du Non de la Guinée,après vu ce qu`on en a fait par la suite , sont des "déracinés" n`honore ni votre Association, ni son porte-parole qui veut parler de réconciation et qui utilise les pires mots d`exclusion de la belle époque du PDG.Un grand nombre d`intellectuels qui ont refusé le "déracinement" et sont rentrés pour servir le pays, pouvez-vous dire ce qu`ils sont devenus? Leurs familles savent-elles dans quelles fosses communes les a-t-on jetés? Mais votre haine des intellectuels, malgré que vous vous dites des "Sans voix" ne vous empêche pas de les pointer du doigt comme on vous a appris à le faire depuis longtemps. Encore, une fois le NON de la Guinée était un NON d`hommes et de femmes honorables.S`il n`éiait pas dit en 1958, il serait dit un jour par les urnes ou par les armes par des Guinéens.Cela était inéluctable.Mais même si le NON s`était exprimé par les armes,il aurait tout à fait été légitime que par la suite, 50,60 ans, voire plus, des Guinéens se posent la question du pourquoi du NON, si son objet avait été dévoyé.C`est ce que tout Guinéen "déraciné" ou pas, a le droit de faire.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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