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Après avoir été bouté hors de l’Afrique du Sud de Nelson Mandela et Frederik de Klerck, l’apartheid a élu domicile en Guinée, précisément au sein des sociétés minières évoluant dans le pays où, être Guinéen et noir sont un véritable délit de faciès et même un péché. En effet, les Guinéens et les blancs expatriés travaillant dans les entreprises qui exploitent les ressources minières ne bénéficient pas du même traitement salarial et des mêmes avantages sociaux, quand bien même ils ont le même niveau de compétence. Pour illustration, pendant que l’écrasante majorité des Guinéens du secteur minier gagnent difficilement un salaire mensuel de 300 000 Fg, les expatriés se retrouvent facilement avec des salaires mensuels de 10 000 Euros au moins, auxquels l’on ajoute sans sourciller un autre salaire en francs guinéens de 5 000 000 en moyenne pour les dépenses courantes, un logement et une voiture de fonction, deux billets d’avion par an leur permettant de se rendre au pays et bien d’autres avantages ! En l’occurrence, la SAG, Moolman, Amco, Rusal, ACG, SMD, Semafo, Global Alumina, Guinea Alumina Company rivalisent d’ardeur à qui payera mieux les expatriés au détriment des Guinéens, à qui l’on fait subir une véritable discrimination raciale, disons plutôt un vrai Apartheid dans leur propre pays. Face à cette situation scandaleuse, personne ne lève le petit doigt pour réparer cette injustice. Bien au contraire, les Guinéens ont le sentiment d’être abandonnés par les autorités, notamment l’Assemblée nationale et pire le gouvernement dit de consensus du Premier ministre Lansana Kouyaté. Selon un travailleur d’une société minière rencontré sur son site à l’intérieur du pays, « les autorités Guinéennes sont insensibles et indifférentes à notre sort parce qu’elles sont grassement payées par les entreprises minières pour fermer les yeux. En ce qui me concerne, je ne crois pas à la réussite du Ministre Ahmed Kanté. Il ne pourra pas réviser les conventions et contrats miniers simplement parce qu’on va acheter sa collaboration et son silence ; s’il insiste, on va le dégager car les sociétés minières sont une sorte de mafia ». Il arrive parfois que les employés guinéens veuillent réagir par le canal des syndicats, en protestant auprès de l’Inspecteur général du travail. La chose se révèle inopérante parce que ce dernier est réputé à la solde des patrons des sociétés minières qui l’ont dans leur poche depuis belle lurette, ajoute-t-il. Au regard de tant de souffrance endurée, on peut s’interroger de savoir à quoi servent l’or, le diamant, le fer, la bauxite, et bientôt le gaz et le pétrole que Dame nature a si généreusement offert aux Guinéens ? Face à cette préoccupation majeure les travailleurs nationaux en appellent à plus de justice et d’équité afin que les emplois soient nationalisés car, selon nombre d’observateurs des cadres et techniciens guinéens compétents, la Guinée en regorgent. Il est impérieux que le Ministre de l’Emploi, Amadou Diallo et celui des Mines, Ahmed Kanté, mettent en œuvre une politique de nationalisation des postes au sein des entreprises minières pour que prennent fin l’Apartheid qui sévit dans les compagnies minières en Guinée. Thierno Oussou BARRY Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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