L'Association Guinéenne pour la Transparence (AGT), a indiqué lundi 20 juin à la presse "qu'il y a des faits qui créent des doutes, des interrogations et inquiétudes, quant à la poursuite efficace de la lutte contre la corruption en Guinée". Toutefois, Mamadou Taran Diallo, son Président dit avoir de l'espoir. Parce que sans espoir, la vie n'a pas de sens.
Parmi les faits qui suscitent l'inquiétude de l'AGT, il y a la publication incomplète des listes des débiteurs de l'Etat ; l'absence de communication sur le niveau de recouvrement et sur l'avancement des poursuites judiciaires.
Ce qui scandalise aussi l'association de lutte contre la corruption, c'est surtout la nomination à des postes de responsabilités, de présumés débiteurs de l'Etat ou présumés auteurs de détournement des deniers publics cités dans la presse et les rapports d'audit.
La modicité des allocations de dépenses budgétaires réservées au ministère du Contrôle Économique et Financier et au Ministère de la Justice (respectivement 0,07 et 0,40 du budget de l'Etat 2011), n'est pas sans effet sur l'état d'âme de l'AGT.
"Toutes les enquêtes d'opinion mondiales sur la gouvernance et le développement révèlent le mauvais classement de la Guinée" soutient AGT.
C'est pour cela, rappelle l'Association Guinéenne pour la Transparence, que "les premiers actes posés par le Président de la République, dès après sa prise de fonction, ont suscité beaucoup d'espoir".
L'Association Guinéenne pour la Transparence cite à ce propos "le dépôt dans les délai, par le Président de sa déclaration de bien à la Cour suprême, comme prescrit par l'article 36 de la constitution".
L'AGT dit s'être, personnellement réjouie de la publication de la première liste de débiteurs de l'Etat et le lancement des procédures pour la récupération des montants compromis
"Le déblocage d'importants moyens financiers pour la campagne agricole en vue d'assurer une autos-suffisance alimentaire" est aussi une bonne chose, dit l'Association Guinéenne pour la Transparence.
L'affirmation forte par le Chef de l'Etat "qu'il ne s'agit pas d’un changement de Président mais d'un changement de régime et qu'il avait hérité d'un pays et non d'un État" avait suscité un énorme espoir chez tout le monde, selon l'Association Guinéenne pour la Transparence.
Cependant, indique Aziz Diop, toutes les initiatives sont englouties par des actes qui n'auraient pas lieu d'être dans ce contexte du changement. Il est inadmissible qu'une personnalité citée comme débiteur de l'Etat soit nommée comme membre du comité d'audit, d'après le Secrétaire exécutif du conseil national de la société civile.
Malgré tout, Mamadou Taran Diallo, Président l'Association Guinéenne pour la Transparence, garde de l'espoir. "Nous sommes inquiets, bien sûr. Mais on a de l'espoir. L'espoir n'est pas perdu..." a dit Mamadou Taran Diallo.
C'est dans cet état d'esprit que l'Association Guinéenne pour la Transparence, dans sa déclaration demande que les débiteurs de l'Etat ou les personnalités sur lesquelles pèse des soupçons de corruption ou de détournement, soient moralement disqualifiées pour exercer des responsabilités publiques.
"Sous d'autres cieux, toutes personnalité publique mise en cause démissionne ou est limogée pour sauver l'image de l'Etat, l'éthique et la déontologie dans la sphère politique administrative et celle des affaires" précise l'association de lutte contre la corruption.
Elle demande donc au Président de la République de "prendre les mesures nécessaires pour que tous ceux qui sont incriminés, sans distinction et sans discrimination, dans les rapports d'audit, justifient et répondent de leurs actes conformément à l'obligation de rendre compte à laquelle est astreint tout gestionnaire des affaires publiques".
L'association de lutte contre la corruption recommande aussi au Président de la République de " s'abstenir de nommer à des postes de responsabilité et de révoquer toute personnes compromise dans les affaires de corruption et de détournement de deniers publics"
Dans le même cadre, elle demande au Chef de l'Etat de "publier les listes et les rapports d'audit réalisés depuis le gouvernement Kouyaté afin que l'opinion et le citoyen prennent la mesure des résultats de la gestion affaires publiques du pays; de même que les rapports d'audit ayant conduit à la révocation de certains conseils communaux et communautaires.
Elle invite le Gouvernement à "entreprendre des actions de recouvrement et de poursuites judiciaires contre les débiteurs de l'Etat et tous les auteurs de détournement des deniers publics.
"Le ministère du Contrôle Économique et Financier et le Ministère de la Justice, en charge de la détection et de la répression de la corruption et des détournements de deniers publics, doivent disposer de moyens financiers et techniques qui leur permettent d'endiguer ces fléaux", a poursuivi l'association de lutte contre la corruption.
L'Association Guinéenne pour la Transparence demande au Chef de l'Etat de "veiller à la gestion transparente et efficiente des fonds alloués à la campagne agricole en vue d'empêcher tout détournement.
L'association guinéenne pour la transparence a "invité, enfin, toutes les composantes de la société civile et tous les citoyens à se mobiliser pour accroître le contrôle citoyen sur les actes de ceux qui gouvernent le pays et qui ont pour mission de servir le peuple et non de se servir".
A noter que l'Association Guinéenne pour la Transparence, membre du conseil national des organisations de la société civile de Guinée est affiliée à l'initiative pour la Transparence dans les Industrie Extractive (ITIE) et l'ONG Publiez ce que vous payez.
Heinan Goba
de Conakry pour www.guineeactu.com