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Une honte ! C’est en effet comme cela que de nombreux internautes accrochés aux sites guinéens jugent ces canaux d’information et de communication. Tant ils biaisent l’éthique et la déontologie du journalisme. Par ces canaux, des analphabètes ou de ce qui y ressemblent, sûrs d’un corporatisme mafieux, injurient, s’en prennent vertement et sans retenue à des citoyens. Dans la pure hostilité qui tient d’ailleurs actuellement le pavé. Il y a aujourd’hui certains sites guinéens – ils ne sont pas nombreux – qui ont acquis une grande audience. Bien que le chemin reste encore long dans leur gestion tous azimuts. En revanche, il y en a d’autres qui donnent des vertiges et font honte à tout professionnel de l’information et de la communication. Aux antipodes de la déontologie et de l’éthique du journalisme, des personnes narguent à tout vent qui elles veulent en s’érigeant par la suite en intouchables. A travers leurs plumes, elles expriment tout. Des aigreurs à la haine ou à la frustration en passant par une hostilité qui ne dit pas son nom. C’est un milieu qui échappe à tout contrôle d’accès et d’exercice. Pour la simple raison que le métier du journaliste a été profané par ces soi-disant sites Internet. Là-dedans, on retrouve des aventuriers frustrés qui ont fui le pays depuis des lustres, des scribouillards égarés en quête de renommée et de pauvres billets de banque, mais très souvent au bagage intellectuel limités. De véritables « mercenaires de la plume », pour ainsi reprendre l’écrivain Mongo Béti. Un comportement du reste répugnant de part le caractère séditieux ou d’hostilité que ces personnes donnent gaiement à leurs analyses et/ou commentaires. De quoi se demander si l’heure n’a manifestement pas sonné pour revisiter beaucoup de sites Internet guinéens dont le premier objectif devrait être de donner la bonne information ; s’il le faut, en temps réel. Vous avez dit bonne information ? Ils ne sont pas en effet si nombreux ces sites qui en font un principe sacro-saint. La plupart s’emploient à tout vent à lancer des invectives à des particuliers dont le seul et unique souci est de trouver leurs répondants au sein de la déshonorante administration guinéenne. Ce qui est en soi tout naturel et qui est donné à qui le veut. Là au moins, il n’y a pas de restriction. Qui n’a pas encore lu un écrit tendancieux, outrageant ou tout simplement fondé sur aucune logique ? Si ces sites dont il est question aujourd’hui s’érigeaient en radios privées, la Guinée aura sombré sans précédent dans le sang et les règlements de comptes. Leurs auteurs devraient plutôt être de bons romanciers et de metteurs en scènes pour au moins faire changer un peu la dure mentalité qu’on reconnait au Guinéen tout court. Les auteurs de ces nombreux articles ou écrits tendancieux ne proposent jamais quelque chose de viable pour le pays ou pour ses habitants. Ils préfèrent utiliser leurs lunettes difformes pour ‘’décrire’’ des événements sur le pays. Or, l’heure a sonné pour que chacun se ressaisisse ; prenne le destin de la Nation en main. Avec des projets probants. Le temps du diagnostic et des discours populistes est terminé. Rien ne sert encore de taper sur son frère. Il faut maintenant penser à repenser la mentalité. Car, le vrai et le sérieux changement en profondeur, c’est bien là. Ce qui est évident, c’est que les hommes passent mais les défis du développement et autres nécessités nationales demeurent toujours. Ce qui revient à dire que le débat creux qui se cultive à longueur des heures sur des sites honteux doit être revu. Il doit porter sur les priorités du changement que chacun aurait édictées en rangs serrés et à l’unisson. Loin du caractère ethnique instauré vraisemblablement par les politiques depuis la première élection des années 90. Aujourd’hui, ceux qui ont vraiment trahi, ce sont ceux qui se réfugient derrière leurs plumes à la solde d’un citoyen lambda. Sinon que les attitudes et le comportement observés chez les gouvernants guinéens ont permis de juger de ce qui reste encore des rêves nourris au soir même de l’investiture du Lansana Conté. Pourquoi s’acharner alors sur tel ou tel puisque que c’est nous-mêmes qui avions, dans un droit citoyen, voté. Mieux, sûr de la rudesse de la carapace ethnique, c’est encore nous-mêmes qui soutenons ou qui avons soutenu ceux que nous ne voulons plus voir aujourd’hui. Allons-nous donc continuer à entretenir un inamovible panier de crabes ; un retour cyclique à la case départ ? Ce n’est pas une leçon que nous donnons aux « rameurs à contre courant ». Loin s’en faut. Mais quand on grille les sauterelles ensemble, elles ne doivent pas se donner des coups de pattes, nous apprend un adage. En cela, et comme nous l’enseigne Alfred de Musset, on ne doit avoir ni amour, ni haine pour les hommes qui nous gouvernent. Car après tout, ils sont tous les mêmes : des politiciens. Et cela veut tout dire pour l’homme averti… Aux animateurs de ces soi-disant sites de se reconsidérer et de mettre fin à leur hostilité vis-à-vis de leurs compatriotes. Rien n’est possible dans la désunion et la trahison. C’est au contraire, dans l’union, la justice, le don de soi, la sincérité, l’amour de la patrie et du prochain qu’un changement peut facilement intervenir. Tout ce qui serait antinomique à cette logique – loin de la Kalach, du bruit des bottes et du bain de sang – n’est qu’illusoire. Sinon presque. Haro donc sur ces filouteries qui ont presque fini de sceller, hélas, la triste réputation de toute une corporation : le journalisme. Thierno Fodé Sow pour www.guineeactu.com
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