|
Dans la matinée du 4 juillet dernier, le siège de l’Union Démocratique de Guinée (UDG) a été le théâtre d’une descente musclée de bérets rouges puissamment armés. A défaut d’arrêter le leader de l’UDG, les visiteurs ont arrêté trois femmes responsables du parti, cinq jeunes militants et un commissaire de police avant d’emporter un véhicule pick-up double cabine.
Le siège de l’UDG, situé dans la haute banlieue de Conakry à Kagbèlen (quartier Tombolon) a été le théâtre d’une journée mouvementée. Après le passage de certains jeunes forts du slogan « Election 2010 » lesquels ont cassé portes et fenêtres du bâtiment abritant les bureaux des cadres du parti et marqué des croix rouges sur les murs de la clôture, signifiant ainsi que le domaine doit être cassé comme on a souvent l’habitude de le voir depuis l’avènement du CNDD au pouvoir. Vu l’ampleur de la tournure de l’évènement, nous avons rencontré le secrétaire général de l’UDG. Selon notre interlocuteur Kaba Condé
:
« C’est vers 10 heures qu’une cinquantaine de jeunes à la solde de madame la présidente du conseil de quartier de Tombolo, ont envahi les locaux du siège en scandant le slogan ‘’Election 2010, Election 2010’’ ! Une fois sur les lieux, ils se sont mis à casser les portes et fenêtres. C’est après avoir vandalisé ce qu’ils voulaient qu’ils se sont retirés en emportant avec eux l’un des battants du portail principal. L’UDG a légalement porté plainte au niveau du commissariat dudit quartier. C’est ainsi que le commissaire colonel Soumah s’est rendu au domicile de la présidente du conseil de quartier pour juste des renseignements et connaître les motifs de l’envoi des jeunes à ce siège. La présidente du conseil de quartier est une des sœurs du capitaine Claude Pivi, chargé de la sécurité présidentielle. Elle s’est servie de ce lien de parenté pour appeler son frère en lui disant qu’elle est victime d’agression de la part du commissaire Soumah et des jeunes de l’UDG.
Pivi arrive aussitôt sur les lieux accompagné de trois (3) véhicules pick-up remplis de soldats bérets rouges puissamment armés. Après un bref entretien avec notre président Elhadj Mamadou Sylla, Pivi a dit à ce dernier de le suivre, nous ignorons la destination. C’est ainsi que nous nous sommes opposés au départ de notre leader. Très furieux, le capitaine Pivi a ordonné l’arrestation de trois de nos responsables féminines à savoir : Hadja N’gamè Camara, Dia Foulématou, toutes deux membres du bureau politique et Fatoumata Sylla du comité central, cinq jeunes tous militants et le commissaire colonel Soumah. Pivi et ses hommes ont emporté aussi un véhicule pick-up double cabine. Ils ont même enlevé les plaques d’immatriculation qu’ils jetteront dans la cour. Les jeunes arrêtés sont déshabillés et jetés dans les véhicules militaires. Les militaires ont aussi vandalisé nos locaux. Les personnes arrêtées ont été conduites au camp du km 36. N’eût été notre résistance, Pivi allait arrêter notre président dans la pagaille et sans aucun manda »…
Elhadj Mamadou Sylla que nous avons joint quelques heures après les évènements, s’est contenté de nous dire qu’il est temps pour le CNDD de veillez à l’application de son communiqué qui interdit aux militaires de procéder aux arrestations des citoyens sans aucune raison, ni autorisation écrite des autorités légales. Et au moment où nous allions sous presse, le même secrétaire général du parti de l’UDG nous a informés de la libération de Fatoumata Sylla (membre du comité central) pour des raisons de santé.
Aly Badara Condé Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|