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Au lendemain de la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle du 27 juin, le candidat de l’UFR, classé troisième par le verdict des urnes et par la Cour suprême, a animé un point de presse sur sa défaite et les conditions d’une éventuelle alliance avec l’UFDG ou le RPG.
En introduction, le leader de l’Union des forces républicaines (UFR), a déclaré que l’un des objectifs de l’organisation du scrutin du 27 juin était de permettre aux guinéens de tourner la page de plus de cinquante ans de mauvaise gouvernance. Mais hélas, les choses ont tourné autrement. Sidya Touré dénoncera un ‘’laisser- aller» pendant le règne du président Dadis qui, en son temps, a rendu facile et banale la création de partis politiques allongeant ainsi la liste des candidats au scrutin du 27 juin dernier. « Dans les conditions que nous connaissons, il y a des partis qui sont nés à quelques semaines des élections. Cet état de fait a crée l’effritement de l’électorat. Et plus grave, nous avons eu un caractère ethnique et régionaliste pendant le vote », dit-il. Et que les élections ont été organisées dans la précipitation tout comme la CENI n’était pas prête pour une élection libre, crédible et transparente. Selon lui malgré toutes ces conditions critiques autour de la tenue des élections, l’UFR a accepté les résultats validés par la Cour suprême. Il a souligné que l’un des rôles d’un leader politique est de faire de sorte que les institutions mises en place dans le pays soient respectées par les populations à travers les décisions prises par ces institutions. Il a lancé un appel aux institutions de la transition, en vue de prendre toutes les dispositions pour que le deuxième tour de l’élection présidentielle ne soit pas entaché des mêmes irrégularités que le premier tour « la tenue d’une élection crédible et acceptée par tous les acteurs politiques et autres ne peut que donner à la Guinée toute la confiance et le crédit que les autres nations ont eu dans leur marche démocratique. C’est l’unique condition qui nous permettra d’être un Etat respecté et par conséquent démocratique », a lancé le candidat malheureux de l’Ufr. Sidya Touré a émis le souhait de voir révolu le lynchage médiatique dont il a fait l’objet après la proclamation des résultats provisoires par la CENI. En parlant des deux candidats (Cellou Dalein de l’Ufdg et Alpha Condé du Rpg) admis pour le second tour, il les exhorte à plus de responsabilité quant à la stabilité sociale et politique du pays. Pour ce faire, ils les invitent de s’abstenir de toute sorte de déclaration à caractère ethnique ou régionaliste. « La situation de notre pays est fragile. Pour quelque raison que ce soit, les guinéens ne doivent pas accepter qu’on jette de l’huile au feu. L’exercice politique dans une nation est un temps.
Mais la nation, elle-même demeure. Que personne ne se sente plus fort que cette nation. Faisons la politique tout en respectant la nation. Nous devons la préserver contre nous-mêmes. Attention aux messages qui seront lancés par les uns et les autres.
La Guinée est notre patrie commune à tous. Je souhaite aux deux candidats frères que le débat soit un débat d’idées et de programme pour la Guinée », a-t-il souhaité. En évoquant son alliance avec l’un des finalistes, Sidya Touré a tout de suite apporté un démenti selon lequel, il se serait allié à un des deux candidats. A propos, il a martelé que son parti n’a jamais déclaré une quelconque alliance ; et que l’Ufr n’est pas un parti affilié à une organisation régionale comme celle de la basse côte. M. Touré a confié qu’en plus du poste de Premier ministre que les candidats lui proposent, il souhaite avant tout le bonheur pour les Guinéens et que ce bonheur se trouve dans son projet de société, d’où la prise en compte de ses préoccupations politiques et économiques.
« Nous n’allons pas nous rallier à un parti pour être un simple spectateur après. Nous sommes entrain de voir les possibilités d’un partage de pouvoir avec notre futur allié. Nous devons avoir notre mot à dire dans les prises de décisions. Ce sont les cadres et les militants de l’Ufr qui détermineront les critères et les conditions d’une alliance », a-t-il conclu.
Aly Badara Condé & Samory Kéïta Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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