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Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux aurait entamé une mission de travail à la Haye, aux Pays-Bas, la semaine dernière. Ce voyage auprès de la Cour pénale internationale (CPI), aurait pour but de démontrer la bonne foi de la Guinée à traiter le dossier relatif aux massacres perpétrés le 28 septembre 2009 à Conakry, afin d’éviter à des chefs militaires dont le capitaine Moussa Dadis Camara de se retrouver devant la justice internationale pour « crimes contre l’humanité ».
Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux ne serait toujours pas revenu de son voyage qui l’a conduit auprès de la CPI à la Haye, où il devait débattre du dossier des massacres que la justice de notre pays a promis de traiter lors du séjour de Mme Fatou Bensouda, Procureur adjoint de cette cour, en mars dernier à Conakry. On se souvient que Fatou Bensouda avait pris langue avec le gouvernement et insisté sur le fait qu’il fallait coûte que coûte que les auteurs et commanditaires de ces crimes soient traduits devant des juridictions compétentes pour répondre de leurs crimes.
De son côté, le gouvernement guinéen avait dit qu’il mettrait tout en œuvre pour mériter la confiance placée en sa justice par la CPI, en lui recommandant de se charger du traitement de ce dossier très sensible.
En de pareils cas, en effet la CPI, avant de s’autosaisir donne toujours une chance au pays où ont été commis les crimes, de juger les présumés responsables. Mais au cas où il y aurait blocage dû à une interférence de l’exécutif dans le domaine du judiciaire, comme c’est parfois le cas dans la plupart des Etats en Afrique, les juges de la Haye reprennent alors les choses en main.
Siba Loholamou serait donc en train de se hâter de peur qu’on en arrive là, le chef de la junte étant dans le collimateur de la justice internationale.
C’est le moins qu’on puisse dire car Moussa Dadis Camara après avoir goûté aux délices du pouvoir, ne voudrait plus retomber dans l’anonymat.
C’est ainsi qu’il continue de nourrir « secrètement » le rêve de revenir aux affaires. Mais cette fois par la magie des urnes. Pour réussir un tel pari, il faut cependant se départir de ses mauvais antécédents judiciaires. Ayant été cité dans le rapport des commissaires onusiens comme étant un des présumés responsables des massacres du 28 septembre qui ont fait 156 morts.
C’est ce qui ferait courir le ministre de la justice M. Siba Loholamou, qui voudrait éviter à son mentor une inculpation devant la Cour pénale internationale (CPI). Qui a menacé de s’autosaisir de cette affaire relative à la répression du 28 septembre, qui continue de défrayer la chronique, si la justice guinéenne se montre incapable de traiter le dossier. C’est sans doute pour faire bonne impression que le Colonel Siba a fait le déplacement à la Haye (Pays Bas), pour rendre compte du traitement que la justice guinéenne réserve à cette affaire.
Le voyage de Siba Loholamou suscite des commentaires, notamment dans les milieux des victimes de la répression qui voudraient que l’affaire soit jugée à la Haye, n’ayant aucune confiance en la justice guinéenne, considérée comme étant une justice sous ordre.
Le ministre devra certainement profiter de son voyage pour rencontrer Me Marcel Ceccadi, l’avocat de Dadis Camara. Membre du barreau français, dont le ministre de la Justice serait très proche, Me Marcel Ceccadi serait un « ancien baron du Front National français. Ce Corse serait également un avocat réputé discret qui militerait dans les fameux réseaux corses, longtemps au cœur de la « Françafrique ».
Ce conseil de Dadis se battrait en ce moment pour éviter au chef de la junte de connaître le sort de Charles Taylor ou de Jean Pierre Bemba ; tous deux dans les griffes de la CPI, pour « crimes contre l’humanité ».
Emmanuel Toumani Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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