mercredi 5 mars 2008
Si chacun balayait devant sa porte…

Tous les observateurs s’accordent à reconnaître que l’état d’insalubrité de Conakry a atteint aujourd’hui un niveau particulièrement inquiétant. En dépit des efforts fournis par le Gouvernorat pour faire de la capitale guinéenne une ville propre, l’on constate avec amertume que certains citoyens ont curieusement choisi de se comporter de manière scandaleuse, dans la gestion quotidienne des ordures ménagères. Il serait souhaitable que chacun, en lieu et place des discours démagogiques, accepte de balayer devant sa porte et de faire de la salubrité de Conakry une priorité.

Tout homme normal aspire légitimement à vivre dans un environnement sain. Tous les jours, ce sont des quantités considérables d’ordures qui sont produites à travers la ville de Conakry. Et il y a un service public qui est chargé de la collecte et du transport desdites ordures. Mais le triste constat est que ce service manque parfois de moyens pour l’exécution correcte de ses tâches. Si les camions ne tombent pas en panne, les uns après les autres, ils sont purement et simplement garés pour manque de carburant. Comme conséquence, les carrefours et les bords de certaines artères se transforment de jour en jour en véritables dépotoirs, au vu et au su de tout le monde. Dans un passé plus ou moins récent, des PME (Petites et Moyennes Entreprises) de collecte d’ordures se sont créées dans les différents quartiers de la capitale. Nombreux sont les ménagères qui ne se sont pas fait prier pour s’abonner à ces PME pour une période donnée. Mais depuis un certain temps, l’anarchie et l’incivisme semblent devenir les deux maîtres mots dans la gestion quotidienne des ordures ménagères dans la capitale guinéenne. Il suffirait de sillonner certains quartiers pour s’en rendre compte avec un réel pincement au cœur. On a fini par transformer littéralement le long des voies ferrées en dépotoir d’ordures, au nez et à la barbe des responsables locaux. Quant aux caniveaux, destinés normalement à l’évacuation des eaux de ruissellement, ils font désormais office de bacs à ordures le long des principales artères de la ville. A longueur de journée et de nuit, les riverains, des marchandes d’articles divers et les passants ne se gênent pas pour déverser des quantités plus ou moins importantes d’ordures dans les caniveaux. Et le malheur est que rien ou presque ne se fait concrètement pour amener ces personnes indélicates à faire une prise de conscience, dans l’intérêt de la communauté. Le gouvernorat de Conakry, on le sait, fait ce qu’il peut pour redonner à la capitale guinéenne son image d’antan, celle d’une ville propre. Mais pour qui sait que les moyens mis à la disposition du SPTD (Service Public de transport des déchets) sont loin d’être suffisants, il est à souhaiter que chaque citoyen, où qu’il vive et quoi qu’il entreprenne au quotidien, accepte de faire de la salubrité une priorité. Les communes et les conseils de quartiers devraient à leur tour se distinguer positivement dans l’assainissement de leurs localités respectives. Malheureusement, le constat qui se dégage aujourd’hui dans les cinq communes de Conakry est plus qu’alarmant. A maints niveaux, l’on semble avoir choisi de fermer les yeux sur les actes d’incivisme et d’irresponsabilité. Pourtant ce ne sont pas les campagnes de sensibilisation qui ont manqué ces derniers temps pour attirer l’attention des populations sur la nécessité d’opter pour la bonne gestion des ordures et autres vieilleries produites à Conakry. Visiblement, l’émission de la RTG  dénommée « Balaie devant ta porte » est restée sans écho auprès des populations de Conakry.

Mamy Dioubaté
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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