mardi 1 juillet 2008
Seule la vérité peut nous réconcilier
Denis Galéma Guilavogui

Depuis un certain temps, on nous sert un florilège d’articles de journaux, d’interviews et d’interventions à différentes radios dont la tendance est ostensiblement de travestir l’histoire de la Guinée et de la réécrire selon le bon vouloir de certains individus. Mais c’est vite oublier que l’histoire est un ensemble de faits têtus dont la falsification relève soit de l’imposture soit d’un manque de probité morale et intellectuelle soit enfin de l’ignorance pure et simple.

Quand dans tel contexte on parle, à juste raison, de vérité et de réconciliation, il est tout aussi important d’avoir une lecture à la fois précise et froide de notre histoire commune. Une histoire basée sur des faits incontestables qui se sont passés et sur lesquels il n’est donné à personne de pouvoir revenir. Une histoire, pas telle que certains individus la décrivent mais telle qu’elle s’est réellement déroulée, que ce déroulement et ses acteurs nous plaisent ou pas, nous soient favorables ou pas.

Le dialogue tant souhaité entre les Guinéens de tous bords et devant aboutir à la réconciliation doit avoir pour principe de base la vérité, rien que la vérité.
Pour un enjeu aussi important pour l’avenir de notre pays, il ne doit y avoir de place pour des récriminations basées sur la douleur, la haine ou le désir de vengeance. Tous sentiments qui sont certes compréhensibles mais qui obscurcissent le jugement qui dévient, dès lors, subjectif, partiel et partial.

Que certains veuillent à l’occasion évoquer le souvenir des leurs morts ou Camp Boiro, dans d’autre pénitenciers du pays ou fusillés à la faveur des complots contre le régime du PDG, quoi de plus normal. Mais ce souvenir, aussi douloureux soit-il n’est pas amplifié ou rendu plus significatif par la falsification des faits et encore moins par l’ignorance de ceux-ci.

En attendant que ce grand déballage se produise et que les Guinéens, dans un même élan de réconciliation se disent toutes les vérités afin de pouvoir tourner ces pages difficiles de leur histoire, je me permets de faire quelques mises au point nécessaires à la suite de l’écoute de certaines émissions et de la lecture de certains articles de journaux.

I- LA PLACE DE SEKOU TOURE DANS LA LUTTE POUR L’INDEPENDANCE.

Au départ Sékou TOURE qui a commencé la lutte par le syndicalisme n’était, à la naissance du PDG, le 14 mai 1947, que Secrétaire chargé des Relations Sociales. C’est bien plus tard, en 1952, à la suite de Madéira KEITA, originaire du Mali actuel et premier Secrétaire Général du PDG, qui avait été affecté au Dahomey (actuel Bénin) et du cheminot Fodé Kotigui, que Sékou TOURE accéda au poste de premier responsable du parti.

Sous sa houlette, le parti grandit en audience et parfait son organisation à tel point qu’en 1953, Sékou TOURE est élu pour la première fois à l’Assemblée Territoriale de la Guinée dans la circonscription de Beyla.

En 1954, lorsque les élections législatives partielles sont organisées pour remplacer le député Yacine DIALLO décédé, Sékou TOURE qui est élu, est arbitrairement écarté et, à sa place, BARRY Diawadou du Bloc Africain de Guinée (BAG) est proclamé vainqueur. Pierre Messmer qui fut gouverneur de l’AOF avant de devenir Ministre de la Défense puis Premier Ministre en France, l’a reconnu dans une interview à la Radio Ivoirienne peu avant sa mort. N’empêche que deux ans plus tard en 1956, le PDG fait élire aux élections législatives deux députés sur les trois de la Guinée à l’Assemblée nationale Française, Sékou TOURE et Saifoulaye DIALLO. Et l’année d’après, en 1957, le PDG obtient 57 conseillers sur 60 à l’Assemblée Territoriale. C’est, tout naturellement que le PDG est appelé à diriger le gouvernement de la Loi cadre Déferre en 1956 et Sékou TOURE en devient d’abord le Vice-président avant d’occuper le poste de Président du Conseil.

Après les élections qui ont donné au PDG la majorité écrasante à l’Assemblée Territoriale, Saïfoulaye DIALLO en occupe la Présidence. C’est dans ce paysage politique dominé par le PDG ayant à sa tête Sékou TOURE qu’intervient le référendum du 28 septembre 1958. Sékou TOURE n’était pas seulement le porte parole du PDG, il avait, de par sa position, une voix prépondérante confortée par les qualités que ses camarades lui reconnaissaient.

A ce propos, on a le témoignage d’un homme qui s’est illustré dans le combat anticolonial à Mamou où il était en service et qui exerçait parallèlement des fonctions politiques au sein du Comité Directeur du PDG de la localité. Il s’agit de Koniba Pléah. Dans une lettre qu’il a adressée à Mamadou DIOP dit Petit DIOP, il écrit ceci. Je cite de mémoire : « Sékou TOURE est le meilleur d’entre nous. Il est celui qui dans le groupe, fait preuve d’une vaste culture politique et d’un sens élevé de l’organisation ».

Au moment du choix décisif comme celui qui nous était proposé par le référendum du 28 septembre 1958, la position du leader était essentielle. Et cette position, celle que nous connaissons était conforme à celle qu’il avait déjà exprimée dans son adresse à Jacquinot en 1957. Le Ministre d’Etat Français Chargé de l’Outremer à l’époque était de passage à Conakry. Sékou TOURE lui a dit-Là aussi je cite de mémoire : « Si la France ne met pas en œuvre des réformes définissant de façon claire l’avenir des colonies, il ne nous restera plus qu’à choisir le chemin de l’indépendance avec tous les risques qu’un tel choix peut représenter pour nous ».

Lorsqu’après le passage du Général de Gaulle le PDG se réunit le 14 septembre pour préciser sa position face au référendum, c’est tout naturellement et sans aucune pression extérieure qu’il est arrêté que le 28 septembre 1958, la Guinée votera « NON ».

A ce sujet une précision mérite d’être faite. Il est vrai qu’en 1957 les dirigeants du Parti du Regroupement Africain (P.R.A) dont étaient membres le BAG BARRY Diawadou et la DSG (Démocratie Sociale de Guinée) de BARRY III, s’étaient retrouvés à Cotonou et y ont pris une résolution tonitruante disant qu’ils veulent pour les colonies françaises d’Afrique « l’indépendance immédiate ». Mais, à l’heure du choix lorsqu’il était question de voter «OUI ou NON», aucun leader PRA en tant que tel n’a voté et ou fait voter « NON ». Et lorsque la question de ce paradoxe fut posée à Léopold Sédar SENGHOR, un des leaders du PRA, il répondit : « Nous avons réclamé l’indépendance immédiate mais pas immédiatement ». Allez-y comprendre quelque chose.

Ou sait par ailleurs quels rôles les leaders ont joués pour la détermination du choix final. Les exemples à ce propos sont légion. II suffit de se référer au cas du Sénégal où les Chefs des confréries religieuses ont joué un rôle décisif pour amener le peuple Sénégalais à voter « OUI » alors que le Général de Gaulle de passage à Dakar y fut accueilli par un foule toute acquise à l’idée de l’indépendance.

On citera aussi le cas du Niger où l’Administration Coloniale, inquiète face à la position de Djibo Bakary alors Vice-président du Conseil qui voulait faire voter « NON », affecta dans ce territoire le Gouverneur Colombani avec pour mission expresse de renverser le leader du Sawaba, Djibo Bakary et de le remplacer par Hamani Diori, leader du RDA qui, lui, avait décidé de faire voter «OUI ». Ce qui fut fait à quelques mois de la date du référendum.

C’est dire que la position de Sékou TOURE dans le choix du 28 septembre 1958 n’est à nulle autre pareille. On ne peut donc pas, sauf à travestir la réalité des faits, la banaliser, la minimiser et encore moins la mettre au compte d’une pression de je ne sais qui.

Ce ne sont ni les promesses faites à Sékou TOURE par le Général de Gaulle au cours d’une audience qu’il lui avait accordée après les échanges de discours à l’Assemblée Territoriale (le Général de Gaulle lui demandait de revenir sur sa décision contre un poste Ministériel dans son Gouvernement), ni les pressions que la Coordination interterritoriale du RDA avait voulu exercer sur lui qui peuvent avoir raison de sa détermination.

Ceci dit, on doit reconnaître le rôle patriotique joué à l’époque par les leaders des autres partis autres que le PDG pour former un seul bloc favorable au « NON » du 28 septembre 1958. Il y a quand même un pas entre rejoindre un courant majoritaire et influencer le cours de l’histoire que certains franchissent un peu trop allégrement. On connait les résultats du référendum et qui nous ont valu l’indépendance que la Guinée a proclamée le 2 Octobre 1958.

II- LA VERITE SUR LES COMPLOTS CONTRE LE REGIME DE SEKOU TOURE

Beaucoup trop de choses ont été dites ou écrites sur ce sujet qui, il faut le reconnaître, est une des facettes importantes des années de règne de Sékou TOURE.

L’essentiel des critiques, des condamnations verbales et de tous les qualificatifs malveillants à l’égard du régime du PDG tirent leur origine de ces complots à répétition et qui ont entrainé des centaines de personnes au « Camp Boiro » et dans d’autres prisons où beaucoup, parmi eux, trouveront la mort.

Le PDG, pour justifier l’arrestation et l’emprisonnement de ces personnes, les accusait d’avoir trempé, à un degré ou à un autre dans un complot.

Depuis 1984, essentiellement date de la disparition de Sékou TOURE et de la fin de son régime, les survivants des complots successifs s’ingénient à faire croire que les accusations dont ils étaient l’objet étaient faussées, parce qu’inventées.

On est allé jusqu’à dire et écrire que le complot était un système de gouvernement de Sékou TOURE. C’est là une accusation bien grave qui tendrait à faire croire que Sékou TOURE s’en prenait à des personnes innocentes, nullement opposées à son régime, paisibles citoyens travaillant honnêtement pour leur pays et n’ayant aucune arrière-pensée politique pour peu que ces personnes étaient soit d’une grande famille aristocratique alors que lui était d’ascendance obscure, soit qu’elles étaient plus instruites donc susceptibles à la longue de lui porter ombrage.

Sékou TOURE est ainsi dépeint sous les traits d’un Tyran sanguinaire, véritable ogre des cavernes, qui dévorait sans pitié et sans raison tous ceux qui le gênaient y compris ses anciens compagnons dont certains l’avaient aidé pour lui assurer l’ascension qui fut la sienne.

Cette façon ubuesque de décrire les faits ne résiste malheureusement pas à l’analyse et aux réalités historiques telles qu’elles nous sont révélées par les témoignages.

Curieusement, ces témoignages publiés pour certains depuis 1985, après la mort de Sékou TOURE, ne sont évoqués par aucun des négationnistes d’un nouveau genre qui ont plus tard écrit ou parlé sur ce sujet. Rien, pas même une simple allusion par honnêteté morale et intellectuelle, et ensuite procéder à la contestation ou à la critique des propos avancés dans ces témoignages.

De deux choses l’une : ou c’est par ignorance de l’existence de tels témoignages, dans ce cas, on se donne la peine de s’informer. Ou alors, c’est par omission volontaire et dans ce cas, le manque de probité intellectuelle se double d’une autre imposture, celle de vouloir falsifier les faits historiques, de réécrire l’histoire à sa convenance.

Et l’exercice est d’autant plus aisé que le milieu socio-économique en donne l’occasion. En effet, devant l’absence presque totale de librairies (ce n’est que très récemment que «la Maison du livre» et la librairie de l’Harmattan, ont vu le jour) et le manque d’émissions radiotélévisées qui auraient pu permettre de parler de certaines péripéties de notre Histoire, il était facile de faire diffuser une autre version de celle-ci, l’opinion n’ayant par accès à l’autre version qui contrebalance celle qu’on veut répandre.

Mais l’histoire rattrape toujours. Peu importe le temps que cela peut prendre. C’est ce qui nous arrive maintenant. Le temps est venu de tout dire, toute la vérité bien sûr, pas celle qui arrange certains, mais celle qui s’est réellement passée. C’est autour de cette « Vérité » que la Réconciliation sera faite.

Ici nous nous contenterons de citer deux ouvrages qui jettent un éclairage saisissant sur cette partie tumultueuse de notre histoire.

En premier lieu, il y a les mémoires écrits par Mamadou Dia sous le titre «Les mémoires d’un militant du Tiers-Monde », publié en 1985 aux éditions Publisud. Dans un passage, il écrit et je cite de mémoire : « Lorsqu’en 1960, Sékou TOURE à parlé de complot, tout le monde a ri.
Dans les accusations qu’il articulait, il dénonçait l’implication d’officiers français de la base militaire d’Ouakam et accusait également Siradiou Diallo dont il demandait l’extradition.
J’ai fait faire des enquêtes qui ont révélé que le complot était rigoureusement vrai. On s’est arrangé après pour faire fuir les trois officiers français qui étaient accusés et que j’avais fait arrêter. Lorsque le Président Sékou Touré a écrit pour demander l’extradition de Siradiou, le Président Senghor a donné son accord. C’est moi qui ai persuadé le Président Senghor de ne pas le faire, sauvant ainsi l’intéressé ».

Il y aussi l’ouvrage «La Piscine» écrit par deux journalistes Français, Roger Faligo et Pascal Krops, publié en 1985 également après la mort de Sékou Touré. Il faut préciser que les deux auteurs ne sont jamais venus en Guinée; ils ont fait toutes leurs recherches en France, en ce qui concerne le chapitre consacré à la Guinée. La Piscine, c’est le sobriquet donné à la place où se trouvent les services secrets français et le livre traite des coups bas préparés et exécutés par ces services de 1944 à 1984 dans un certain nombre de pays. Dans «la Piscine», il est écrit clairement que dès que la Guinée a voté «NON» au référendum de 1958 et a proclamé son indépendance, le Général de Gaulle a donné des instructions aux Services Secrets, de renverser le régime de Sékou Touré.

Le livre décrit, à partir des archives françaises et de témoignages de barbouzes repentis ou reconvertis, différentes opérations secrètes qui ont été préparées et exécutées avec plus ou moins de réussite. Il faut dire que la Police Guinéenne, parfois aidée par des Services Secrets de pays amis, a énormément contribué à déjouer beaucoup de ces coups bas.

C’est ce qu’on a appelé à juste raison « complot permanent ». Quand un complot échoue, on en monte un autre avec l’espoir que celui-ci va réussir. Voilà qui explique la permanence du complot, une stratégie qui nous était imposée de l’extérieur, et non un système de gouvernement comme on l’a écrit.

Par ce biais, on a réussi à détourner l’essentiel de l’attention, de l’intelligence et du savoir faire de Sékou Touré sur les problèmes sécuritaires, sur la survie de son régime à un moment particulièrement décisif du combat de la décolonisation de l’Afrique, du conflit Est-Ouest qui faisait de la Guinée en raison de son choix politique, un partenaire du bloc de l’Est donc, a priori, opposé au bloc de l’Ouest.

On tirera, le moment venu, toutes les leçons des révélations contenues dans les mémoires de Mamadou Dia, « La Piscine » et bien d’autres ouvrages. Pour le moment, j’invite l’opinion à s’informer à bonnes sources afin que le conciliabule «Vérité et Réconciliation» soit une rencontre réussie et non un dialogue de sourds où à sens unique où certains accusant l’autre partie de tous les maux omettent ou refusent de dire la vérité sur ce qu’ils ont fait.

Parce que, qu’on se le dise, s’il est démontré que les complots étaient vrais, ce n’est tout de même pas avec des créatures imaginaires, des fantômes ou des personnes fictives qu’ils étaient exécutés. Et si tel est le cas, la rencontre doit être une occasion de clarifier cette « énigme » et d’expliquer l’accusation par substitution qui consistait à inculper des innocents à la place de coupables « imaginaires ».

Dans tous les cas, il faudra aux participants à la rencontre « Vérité et Réconciliation » deux attitudes fondamentales. S’informer largement pour parler en connaissance de cause et beaucoup de courage pour oser avouer toute la vérité historique telle que les Guinéens l’ont vécue.

III- L’AMALGAME NE PEUT VALABLEMENT SERVIR UNE CAUSE

Récemment on a lu dans certains journaux une lettre ouverte des enfants des victimes du Camp Boiro dans laquelle ils s’en prenaient à l’ONG ASNAVIE, l’accusant de vouloir perpétuer le souvenir du régime de Sékou Touré en faisant ériger au rond-point de Bellevue une statue représentant un éléphant.

Cet acharnement a culminé le 26 mars 2008 lorsque l’Association des Victimes du Camp Boiro a voulu tout simplement déboulonner la statue du rond-point de Bellevue. Une telle attitude, si elle peut s’expliquer au plan émotionnel, ne se justifie pas au plan scientifique et historique. Ce n’est pas parce qu’on a fait tomber un symbole qu’on aura éliminé les idées et les représentations qui y sont liées. Ensuite, et il faut le dire parce qu’on ne semble pas le savoir, l’éléphant n’est pas le symbole de Sékou TOURE. L’éléphant est devenu, par la force des choses, le symbole du PDG, section Guinéenne du RDA (Rassemblement Démocratique Africain).

Lorsque le RDA a vu le jour en octobre 1946 à Bamako, Félix Houphouët Boigny en a été élu Président. Il était à l’époque député de la Côte d’Ivoire et représentait la section du RDA la mieux nantie financièrement. L’éléphant qui est le symbole tout naturel de la Côte d’Ivoire a été choisi par le Président de la section Ivoirienne et du RDA pour figurer sur les cartes de membre du parti. Et c’est de la Côte d’Ivoire que viendront les premières cartes RDA pour le PDG en Guinée. Par la force des choses, cette carte RDA avec l’éléphant comme symbole est devenue la carte des sections territoriales du RDA. C’est ainsi qu’en plus de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, la Haute Volta (aujourd’hui Burkina Faso), le Niger, le Tchad adopteront l’éléphant sur leurs cartes RDA, l’éléphant est donc un symbole qui n’est pas particulier à la Guinée sous le régime de Sékou Touré.

C’est un symbole que les Guinéens ont partagé avec d’autres peuples, pendant la lutte anticoloniale.

Et actuellement les gens ne se posent pas la question de savoir pourquoi l’équipe nationale de football de Côte d’Ivoire porte pratiquement le même nom que celle de la Guinée, à la différence que d’un côté on parle des « Eléphants » en français et de l’autre on parle de Syli national, l’éléphant étant traduit en soussou. C’est parce que la Côte d’Ivoire et la Guinée sont les deux pays où le RDA, avec pour symbole l’éléphant, a acquis le plus de rayonnement. En Côte d’Ivoire le PDCI-RDA est resté au pouvoir de 1960 à 1999 et en Guinée le PDG-RDA est resté au pouvoir de 1958 à 1984.

Je crois savoir que ce que rejette l’Association des Victimes du Camp Boiro, ce sont ce qu’elle considère comme des « dérives dictatoriales » de Sékou Touré et non le principe de sa lutte contre la domination étrangère. Dans ce cas, il faut mettre son acharnement contre une statue en particulier l’éléphant au compte d’un amalgame regrettable.

En revanche, la colombe qui sert de logo à l’Association des Victimes du Camp Boiro est bel et bien le symbole de la liberté retrouvée telle qu’elle a été magnifiée par Sékou Touré. C’est lui qui, après un discours tenu peu après l’indépendance au stade « Cornut-Gentille » (qui a précédé au même lieu le stade du 28 Septembre) a lâché dans les airs une colombe en prophétisant que partout où passera cette colombe soufflera le vent de la liberté. Deux ans après, douze pays africains proclamaient leur indépendance, signant du coup l’acte de décès de la communauté franco-africaine qui avait été instaurée entre la France et ses colonies qui avaient voté «OUI» au référendum du 28 Septembre 1958. Voilà l’histoire.

Evidemment l’épisode en question, quelque significatif qu’il puisse être, ne fait pas de la colombe la propriété intellectuelle exclusive de Sékou Touré. Maints hommes, organisations politiques ou associatives ont choisi la colombe pour en faire leur logo. Il faut simplement savoir pourquoi telle image plutôt qu’une autre et à quelle représentation pourrait renvoyer le choix qui est fait.

Pour cette fois, je vais m’en tenir aux précisions historiques que j’ai tenu à donner suite à certaines élucubrations qu’il m’a été donné de lire ou d’écouter. Je n’ai pas pu m’empêcher de le faire parce que j’ai considéré que mon silence aurait, d’une certaine façon, contribué à faire perdurer des demi-vérités, des contre vérités voire des mensonges flagrants. Or, je pense que nous sommes à un tournant important de notre histoire et qu’il ne doit pas y avoir de place pour la falsification ou la négation des faits historiques. Nous devons avoir le courage et l’honnêteté morale et intellectuelle de lire toutes les pages de notre histoire, les plus belles comme les plus sombres, comme l’est l’histoire de tous les peuples. Mon itinéraire politique particulier (10 ans et demi Ministre du régime de Sékou Touré, 4 ans et demi, Ministre au même poste du régime du Président Général Lansana CONTE) m’interdit de témoigner en m’appuyant sur des faits que je ne maîtrise pas. Tout comme il m’interdit de me taire quand la vérité est déformée, falsifiée, ou niée.

Denis Galéma Guilavogui, Professeur, ancien Ministre pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Th.Hamidou Barry U.S.A, jeudi 3 juillet 2008
Vous avez raison,pour ma reaction je s8 desole! sachez,Je pas connu le regime de Sekou toure,pis encore g ne perdu aucun parent direct dans camp boiro,mais metaphoriquement parlant g perdu des gens tres cher.Essayons de se mettre a la place de victime.Regardez! leurs enfant personne d`entre eux n a eu la chance de voire le cadavre de leur pere.une fois rien de ne vas s`accomplir en guinee sans demande pardon aux enfants de victimes,tant que ces derniers pleurniche sur le sort sans les aider y aurait toujour un autre coplan pour nous matraque.Ne soyons pas grand par des arguments ou analyse des article mais soyons grand par le coeur.
N`fa sana, mercredi 2 juillet 2008
Soyez lucides dans vos réactions car il ne sert à rien d`injurier qui que ce soit. La colère, la violence ne peuvent rien arranger. Ce qui est evident, le non guinéen de 1958 a coûté cher à la Guinée.
cheik oumar camara, mercredi 2 juillet 2008
Ce Mr Barry(USA) est très limité en argument comme toujours,il il nya pas de place pour des gens comme vous qui au lieu de faire de bonnes analyses,prefèrent des injures pour vehiculer leur(savoir).C`est très retrograde Monsieur,essayez pour une fois d`être democrate.
Th.Hamidou Barry U.S.A, mercredi 2 juillet 2008
Galema! tu dois savoir,il est unitil d`etre le plus riche dans un cimitiere.Tu sors de ton ermitage pour juste pondre de cochonnerie.En 1958,la Guinee avait presq le meme niveau de devlpemnt avc la malaisye,aujord8 la Guinee est entre les mains de C.O.C (Conte,Ousman.Coplan)ds Abruptus grace a votre patriotisme mensongeur.tous les intervenant a la faveur de Galema sont flanquer en`occident a cause de la mauvaise vision de ce Sekou Toure Cannibal devant l`eternel.La pauvrete de la Guinee c`est vous les pedegiste,avec nous le new generation sachez que le combat continu...
Sidimé Alpha Kabinet, mercredi 2 juillet 2008
Merci Mr Galema pour cette contribution ,cependant j`invites d`autres temoins des deux ou trois temps : pré AST temps AST, celui de L C à ressortir les archives pour materialiser le souhait des guinéens ,voire enfin les guinéens réconciliés pour un bonheur eternel. Merci Mr Galema
N`fana Sana, mardi 1 juillet 2008
Je suis toujours favorable à un débat contradictoire assorti d`arguments plosibles et objectifs et non celui fait de manipulations par de citation philosophiques ou renvoyant à d`autres cieux très éloignés de cette verité historique guinéenne que nous autres de la génération 70 connaissons très mal. Mr Galéma a bien posé le décor, les vrais témoins, chercheurs, historiens à vos plûmes ou claviers.
Bouba, mardi 1 juillet 2008
Nous sommes en democratie et chacun est libre de dire ce qu`il pense de l`ancien et de l`actuel regime.Il ya d`un coté ceux qui ont toujours critiqué SEKOU et de l`autre Ceux qui l`admirent donc nous voulons des débats contradictoires sans passion. Mr Diallo vous parlez du cas de MUGABE,quel rapport a t-il avec le cas Guineen?Vous savez malgré tout il beneficie encore du soutien de quelques presidents africains et le dernier sommet de l`UA l`a prouvé. Vous parlez du senegal et de la cote d`ivoire,Houphouet et Senghor etaient des "amis"de la frençafrique en Afrique,ce qui fait qu`ils n`ont jamais été renversé par un coup d`etat. Vous evoquez le cas de Mali,MODIBO avait été renversé par MOUSSA TOURE et toute la durée de sa presidence on ne parlait plus de lui sauf quand il ya eu l`avenement de ATT. Pour ce qui est de la Guinee,demandez a ceux qui sont au pouvoir pourquoi il n`ont crée cette commission?d`autant plus que les anciens pensionnaires de camp BOIRO furent ministres comme Facinet Toure,alseny rene Gomez etc....
FACELY DEUX MARA, mardi 1 juillet 2008
Ce que M. Galéma vient de faire doit inciter tous les autres à parler, à écrire. Mais pour que ces écrits servent notre pays, il faudrait bien accepter la liberté d`opinion. Et dans les réactions, mettre face à face des faits et non des insultes contre les faits. Comme le dit un adge "Tout combattant nerveux trouvera malheur en chemin". Vive le dialogue apaisé !
Ibrahima Diallo, mardi 1 juillet 2008
Que chacun vienne avec sa version et ses sophismes ne réglera pas le problème. Entendons nous sur la formation d`une commission d`enquête avec des personnes neutres et des représentants des deux bords comme observateurs. C`est faisable et nous verrons! Autrement, nous n`en finirons jamais. Sékou Touré n`est plus mais beaucoup de "collabos" ont intérêt à ce que la vérité n`émerge pas de leur vivant, ils seraient poursuivis ou la honte les tuerait, vu leur age. A ceux-ci, réconciliez vous avec Dieu autrement le pire vous attend de pied ferme. Le cas de Mugabe illustre bien comment on peut interpréter l`histoire d`un pays. Le Chili est un autre cas. Demandez aux adeptes d`Hitler ou Mussolini, ils vous justifieront leurs actions avec maestria sans regret. Pourquoi dans toute la région, seul Sékou Touré est source de problème et polémiques au point diviser les citoyens de la Guinée alors qu’ailleurs en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Mali et autres territoires, même les opposants des pères de l’indépendance les respectent quand même et leur pays est unanime pour leur rendre hommage. En Guinée, c’est loin d’être le cas ! Et puis c’est simple, tout le monde se souvient encore de 1984 : ressortez les archives s’il vous plait et regardez le Pays et ses habitants. Si vous étés fiers de cet héritage, il n’y a plus rien à espérer. A Labé par exemple en 1985 encore, le téléphone de la Poste était encore à manivelle ! C’est vraiment dommage que vous n’ayez pas "séjournez" au Camp Boiro, vous seriez plus humain aujourd’hui sur la souffrance des autres. Mettons cette commission d’enquête en place, il n’y aura plus de polémique. Les Chiliens l’ont fait, ils en ont tiré les conséquences et les leçons ; la page est tournée ! Faisons pareil !
bayer, mardi 1 juillet 2008
Laisser ce alpha. Il n`est pas de la trempe de ceux là qui peuvent analyser l`opinion de Mr Galema. le débat contradictoire n`est pas à sa portée. alpha, c`est toi, qui doit te taire
camara, mardi 1 juillet 2008
Au lieu de vous attaquez a Mr Galema il faut plutot argumenter.C`est un des temoins du premier ordre de l`histoire de notre pays surtout en ce qui concerne les (2)regimes qu`il a personnellement connu.Certains à cause de leur haine tentent de changer les faits en racontant de n`importe quoi.Malheureusement pour eux ils ne pourront jamais changer l`histoire malgré leurs efforts.Bravo Mr Galema.
sidibe, mardi 1 juillet 2008
On se demande pourquoi cette allergie aux debats contraires. Vous voulez entretenir une monocordie qui jette le soupcon sur vote volonte de voir la manifestation de la verite historique tant attendue par l ensemble des Guineens. de grace laisser les gens eclairer l opinion, faites plutot des recherches des pour situer la realite des faits, au lieu d opposer les injures qui sont une autre preuve du manque d argument. Mr Galema grand merci pour votre intervention
alpha, mardi 1 juillet 2008
Mr Galema, vous avez échoué et á travers vous (p.d.g)l`avenir de plusieurs generations a été sacrifié. Taisez-vous et rejoignez votre sekou en enfer s`il vous plait.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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