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Depuis le premier tour des élections présidentielles, la Guinée a pris une autre direction sans que son Capitaine ne réalise toute la mesure du danger qui guète son navire. De contestations en contestations, les perdants se sont agglutinés autour du massacré du premier tour, à l’exception bien sur de l’ancien premier ministre, Sidya Toure, et de quelques uns qui ont pris acte du verdict de la cour suprême, en vrai républicains. La déception dans l’autre camp était telle que Alpha Condé, le chef du RPG, arrivé difficilement au 2e tour avait du mal à digérer : (1) son score minable du premier tour – même pas la moitié du score d'El hadj Cellou – dans des conditions que nous savons ; (2) son incapacité de nouer des alliances avec les grosses pointures.
Face à un tel désarroi, pour casser la dynamique du premier tour, Alpha Condé et son groupe, avec la complicité avérée du Premier ministre Jean Marie Doré et du Conseil national de la communication (CNC), ainsi que les médias publics, ont décidé de saboter complètement le processus électoral.
Les services de l’Etat au service d’Alpha Condé
Tout d’abord la remise en cause de l’indépendance de la CENI par le biais d’une tentative de modification de la loi fondamentale, puis en la récusation des deux vice-présidents de la CENI, ensuite la poursuite de la CENI devant la justice, et enfin la monopolisation de la RTG avec la complicité du CNC qui devait observer un devoir de neutralité dans une telle période d’entre deux tours.
Pour une fois dans l’histoire d’une élection, un pays n’a pas été en mesure d’organiser le second tour tel que prévu par la loi ; pire, n’arrive pas à l’organiser après plusieurs tentatives ratées et un report à quelques jours du scrutin (précédé de la suspension de la campagne électorale). Le pouvoir en place fait semblant de veiller à la régularité et à la transparence du scrutin. Mais en même temps il refuse de donner les moyens à la CENI, et l’attaque de toute part et l’empêche de travailler pour satisfaire aux délais fixés. Je ne parle même pas de l’intrusion malicieuse du Premier ministre Jean Marie Doré en faveur du camp arc-en-ciel de Alpha Condé et des incendies successifs des bâtiments de la CENI et de la Fossepel sans la moindre réaction des autorités de la transition.
Le Général Konaté refuse non seulement de lire les événements avec la lucidité et la neutralité qui sied en pareille situation, mais également, il procède par des absences prolongées (voyages sans fin) à une déstabilisation malicieuse du processus de façon très innocente. En le faisant, il a failli a son devoir de Président, garant du respect de la loi et des textes, et il se découvre aux yeux du monde et prend fait et cause pour un candidat (Alpha Condé) et se révèle encore plus dangereux que son prédécesseur Moussa Dadis Camara dans le fond. Par son silence coupable, il favorise les manipulations les plus inimaginables et met la Guinée en danger d’explosion par son amateurisme au sommet de l’Etat.
Instrumentalisation de la CENI
L’exemple le plus éloquent et très récent de son impartialité et de l’instrumentalisation de la CENI est son introduction au palais du peuple par Lounsény Camara le futur président mais mal élu de la nouvelle CENI, complètement à la dévotion de Alpha Condé, avant même son élection truquée.
La nouvelle situation de la récupération de la CENI par un groupe (de non démocrates) pose le problème de la duplicité du Président SEKOUBA et du doute qu’il fait planer sur la transparence des élections avec une CENI décrédibilisée. Comment peut-il assister indifférent, par son silence, à la destruction des structures chargées d’organiser les élections et continuer à dire allons aux élections, maintenant que son candidat a acheté presque toute la CENI alors que plusieurs mois se sont écoulés depuis le premier tour ?
Face à une telle situation, le Général Sékouba Konaté a besoin d’être mis devant ses responsabilités pour qu’il préserve la paix intérieure et garantisse l’effectivité du second tour avec une CENI consensuelle, doublée d’une assistance extérieure, telle la CEDEAO et l’Union Africaine. Ce tutorat, sans remettre en question l’indépendance de la CENI, conférera à la centralisation des votes un caractère de transparence, et nous éloignerait de contestations futiles.
Pour l’intérêt supérieur de la nation, nous devons opposer une résistance intelligente à ce myope politique qui ne veut pas voir la réalité en face, et qui reste sourd aux interpellations sincères des démocrates de ce pays et du Monde. Trouvons lui des verres correcteurs en restant debout et inflexibles pour le respect de la volonté populaire. Ca prendra le temps qu’il faudra, mais le droit et la vérité finiront par prévaloir.
Général Konaté, cette combine dans laquelle vous vous laissez entrainer ne passera pas. Et la CPI, en plus d’ouvrir un dossier, pourrait également rouvrir celui d’il y a un an, le 28 septembre 2009. Cette fois-ci, vous serez le premier responsable des événements au cours desquels, malheureusement, nombre de vos compatriotes pourraient être victimes d’une partie de l’armée à la solde de l’alliance Arc-en-ciel de M. Alpha Condé qui ne peut gagner aucune élection libre, transparente et donc démocratique.
Dr Alimou Barry En mission en Haïti
www.guineeactu.com
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