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« Si les deux candidats ne sont pas capables de s’entendre, je ferai le tour des garnisons et j’imposerai s’il le faut, par la force, un civil à la tête du pays. Je leur ai dit plusieurs fois de se rencontrer mais ils ne m’écoutent pas et les problèmes ethniques montent ». Cette bourde historique du général Sékouba Konaté sur les ondes de la RFI rappelle fort curieusement l’autre dérive d’un certain Moussa Dadis Camara dans le très insalubre quartier de Boulbinet : « S’ils ne me respectent pas (NDLR : les leaders politiques), je vais ôter ma tenue et me porter candidat à la présidentielle ». Les lieux de déclaration ne sont pas identiques. Les deux hommes n’ont pas la même façon d’aborder la politique. Mais le contexte est resté presque le même : la présidentielle. Avec pour seule différence, avec Dadis c’était de nombreux "faux leaders assoiffés du pouvoir".
Sous le règne de Konaté, seuls deux candidats aux positions très tranchées lui donnent des insomnies. A cause notamment de leurs divergences de vues faites d’entêtement pour l’un et d’empressement pour l’autre. Le tout bâti sur une crise de confiance sans précédent exacerbée par l’atonie du général Sékouba Konaté qui réclame pour autant à cor et à cris une nouvelle date non reportable du second tour. Seulement voilà, agacé par toute cette atmosphère politique dont il est en partie responsable, il verse banalement dans des déclarations à l’emporte pièces, imitant ainsi Moussa Dadis Camara, au déclin de son règne. L’annonce d’une fin de règne programme, pourrait-on alors dire ! Qui a dit qu’on meurt toujours de quelque chose ? De toute évidence, les propos quoique supposés être pour certains un simple coup de bluff, mettent à nu l’incapacité du tigre à bien tenir son butin qui lui est tombé entre les mains, par le truchement d’un vrai ami, devenu plus tard pour lui "un faux type et un menteur".
La question que l’on se pose actuellement est bien celle de savoir si Konaté n’est pas en train – comme avait fait sans le savoir son ex-faux frère, faute de retenue et de finesse – d’amorcer sa dernière ligne droite. Un manquement qui a subséquemment favorisé, on se rappelle, la chute du capitaine. Dans tous les cas, commentent des confrères africains, les hommes politiques guinéens doivent, en ce qui les concerne, dépasser leur ego pour que le processus électoral toujours chancelant puisse connaître une issue heureuse et cela dans l’intérêt du peuple guinéen. Le général président ne saurait mieux faire que si l’ensemble de la classe politique l’accompagne dans la mission à lui confiée. Reste qu’il y a déjà de gros risques pour lui, pressé et discrédité qu’il est, de se voir surpris de l’assombrissement de l’horizon. De toute façon, c’est tant mieux car, « Moi, j’en ai rien à foutre du pouvoir. Je n’ai qu’une envie, c’est de claquer la porte », proclamait El tigre récemment. Les jours à venir seront sûrement plus révélateurs.
Thierno Fodé SOW
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