dimanche 9 mars 2008
Sécurité alimentaire : Des mesures concrètes s’imposent

La sécurité alimentaire devient de plus en plus une question de la plus haute importance dans la vie des Guinéens. De l’avis des observateurs, il est inconcevable que les Guinéens continuent de crier famine alors que leur pays regorge d’immenses potentialités agricoles. Il est temps qu’on prenne des mesures concrètes, en lieu et place des discours démagogiques, pour mettre la Guinée à l’abri de ce que l’on pourrait qualifier d’insécurité alimentaire.

L’on a coutume de dire que la Guinée est un pays particulièrement « gâté » par la nature. La pluviométrie y est assez abondante pour favoriser l’alternance des cultures vivrières et industrielles. Du Littoral à la région forestière en passant par le Fouta et la Savane, l’on peut vraiment se réjouir de l’immensité des terres cultivables. A cela il faut ajouter le nombre impressionnant de bras valides qui ne demandent qu’à être sérieusement encadrés et motivés pour se lancer résolument dans les activités agricoles. Mais malheureusement, tel est loin d’être le cas aujourd’hui. Les bras valides, censés impulser les activités agricoles, ont fini par élire domicile à Conakry et dans les grandes villes du pays profond, avec toutes les conséquences que cela comporte. Quant aux opérateurs économiques, ils ont majoritairement opté pour l’importation et la commercialisation des denrées alimentaires, dont notamment le riz qui est l’aliment de base des Guinéens. Le chef de l’Etat, le Général Lansana Conté a maintes fois conseillé à ses compatriotes un retour à la  terre afin de bouter la faim hors du pays. Le discours du président de la République semble ne pas tomber pour le moment dans des oreilles attentives. Les Guinéens continuent de dépendre largement de l’extérieur, dans le domaine stratégique de l’alimentation. Les consommateurs se contentent de plus en plus du riz importé des Etats-Unis et des pays asiatiques pour se nourrir. Au lieu de s’investir considérablement dans l’agriculture, la plupart des opérateurs économiques ont préféré se tourner vers l’importation des denrées alimentaires. Il suffirait de visiter le Port Autonome de Conakry et les principaux marchés pour s’en rendre compte avec un réel pincement au cœur. Chaque jour, ce sont des tonnages de riz qui sont débarqués et acheminés à travers tout le pays. Pendant ce temps, les terres cultivables sont littéralement laissées en jachère si elles ne sont pas transformées en pâturages par les éleveurs. Comme conséquence, la moindre fluctuation des prix des produits importés peut avoir de fâcheuses répercussions sur le panier de la ménagère. Par le passé, l’on s’en souvient, certains citoyens, tenaillés par la faim, ne se sont pas gênés pour attaquer, avec l’énergie du désespoir, les magasins et les camions transportant du riz. Ces actes de vandalisme d’un genre nouveau avaient poussé le Gouvernement de Lansana Conté à s’impliquer dans l’importation et la commercialisation du riz au profit des populations de Conakry. Mais la suite, on la connaît. Les chefs de quartier qui ont été mis à contribution pour la vente de cette denrée de première nécessité se sont malheureusement distingués par une gestion scandaleuse de leurs stocks. Avec l’avénement de l’équipe Kouyaté, les consommateurs ont certainement cru qu’ils allaient enfin voir le bout du tunnel. La situation qui prévaut actuellement dans le pays amène bon nombre de Guinéens à revoir leur jugement. La sécurité alimentaire reste toujours un sujet préoccupant en Guinée. Les populations guinéennes, dans leur majorité ne mangent plus à leur faim. Il est temps qu’on accepte de regarder les choses en face en prenant des mesures concrètes.

Mamy Dioubaté  
L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
camara, lundi 10 mars 2008
on est en 2008, c`est une honte qu`en guinée qu`on creve de faim, une honte incroyable mais vrai.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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