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Les résultats définitifs du premier tour de la présidentielle guinéenne, publiés le 20 juillet par la Cour Suprême, ont confirmé l’affiche du second tour : le candidat de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, sera opposé à Alpha Condé du RPG. Pour tous les Guinéens patriotes et profondément attachés à l’unité de leur pays, ces deux candidats devraient faire preuve de responsabilité en tenant des discours susceptibles de rassembler tous les Guinéens autour d’un projet de société fiable.
Malgré les campagnes de sensibilisation et des discours plus ou moins officiels prononcés par rapport à la nécessité de renforcer les fondements de l’unité nationale, nombreux sont les Guinéens qui continuent de croire qu’on peut se cacher derrière l’ethnie ou la région pour arriver à leurs fins politiques. La récente campagne électorale aura permis de constater, avec beaucoup de regret et d’appréhension, que l’ethnocentrisme et le régionalisme ont fini par s’inviter dans le débat politique guinéen. Le Guinéen n’agit plus, ne parle plus en « Guinéen tout court », mais plutôt en Peul, Malinké, Soussou ou en Forestier. Il s’est tenu le 27 juin dernier le premier tour de la présidentielle censée ramener la Guinée dans le concert des nations démocratiques, après 52 ans d’indépendance et de gestion scandaleuse, au double plan politique et économique. Un scrutin qui, de l’avis général, s’est déroulé dans le calme et la sérénité dans les 38 circonscriptions électorales que compte le pays ainsi que dans les ambassades et consulats. S’il y a eu cependant un fait à regretter ce jour-là, c’est bien ce vote que certains n’hésitent pas à qualifier « d’ethnique ». Dans leur écrasante majorité, les Peuls auraient voté Cellou Dalein, les Malinkés en faveur d’Alpha Condé, les Soussous pour Sidya Touré, les Guerzés pour El Hadj Papa Koly Kourouma, les Kissiens pour Jean Marc Telliano, etc. Ce qui prouve à suffisance que les partis politiques guinéens se créent et s’implantent sur des bases ethniques et régionalistes, avec tous les risques que cela comporte. Selon les résultats définitifs publiés le 20 juillet par la Cour Suprême, c’est Cellou Dalein Diallo qui est arrivé en tête avec 43,69 % des voix. Il est suivi par Alpha Condé du RPG qui a obtenu 18,25 % des suffrages valablement exprimés. Conformément au Code électoral en vigueur, ces deux candidats s’affronteront au second tour pour donner à la Guinée son premier président démocratiquement élu. Le candidat de l’UFDG et le champion du RPG se retrouvaient-ils au second tour s’ils étaient issus, l’un ou l’autre, d’un groupe ethnique minoritaire ? Voilà une pertinente question que tout observateur attentif devrait se poser au lendemain de la proclamation des résultats du premier tour. Au regard de cette situation donc, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé devraient s’employer à cultiver l’unité, la fraternité et la tolérance, au lieu de se laisser « piéger », par calcul, sur le terrain miné de l’ethnocentrisme et du régionalisme. La Guinée est une famille indivisible, dit-on souvent. Il est temps de le prouver maintenant par des actes et des propos responsables. Les deux « finalistes » de cette présidentielle historique feraient œuvre utile en contribuant à souder les Guinéens de tous les bords et à les concilier avec leur histoire, aussi tumultueuse soit-elle.
Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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