 |
Hadja Saran Daraba rentre désormais dans l’histoire politique guinéenne comme la première femme dont la candidature a été validée pour une élection présidentielle. Elle défendra les couleurs de la Convention démocratique panafricaine (CDP) lors du scrutin présidentiel du 27 juin prochain. Etant la seule femme contre vingt-trois hommes, il n’est pas exclu qu’une bonne partie de l’électorat féminin vote en faveur de Hadja Saran Daraba.
Selon des statistiques officielles, les femmes représenteraient 52 % de la population guinéenne, estimée à quelques dix millions d’habitants. Mais malgré cette supériorité numérique, les Guinéennes restent sous-représentées dans les instances de décision et au niveau des Bureaux exécutifs des partis politiques légalement constitués dans le pays. Pendant les campagnes électorales, elles sont littéralement manipulées et instrumentalisées par des politiciens habiles dont la seule préoccupation est de se faire élire président de la République, député ou maire. Dans l’administration publique, il est regrettable de constater également que les femmes, dans la plupart des cas, occupent des postes subalternes. Après 52 ans d’indépendance, l’on constate que le nombre de femmes ayant occupé des postes de ministre, d’ambassadeur, de gouverneur de région, de préfet ou de sous-préfet est nettement inférieur, pour ne dire insignifiant par rapport à celui des hommes. Ce qui pourrait amener à penser, à tort, que la femme guinéenne n’est pas assez compétente pour se voir confier un important poste de responsabilité dans l’administration publique ou dans le secteur privé. Pendant les deux législatures sous Conté, les députés, dans leur écrasante majorité, étaient des hommes. Dans les états-majors des formations politiques, lors de l’établissement des listes des candidats à la députation, les femmes sont généralement victimes de ce qu’il conviendrait d’appeler « la discrimination des machos ». Ces dernières années, des voix plus ou moins autorisées se sont élevées pour faire un plaidoyer en faveur de l’équité homme-femme dans certaines structures nationales et promouvoir une bonne représentativité des femmes au sein des instances dirigeantes des partis politiques. Le 24 mai dernier, la Cour Suprême, après un examen minutieux des dossiers, a retenu 24 candidats pour le premier tour de l’élection présidentielle du 27 juin prochain. Hadja Saran Daraba est la seule femme retenue dans ce lot de candidats. Ce qui, de l’avis de beaucoup d’observateurs, prouve à suffisance, qu’en Guinée comme ailleurs en Afrique, l’équité homme-femme n’est pas pour demain. Mais la question que l’on pourrait se poser est de savoir ce qui adviendrait si les femmes, majoritairement, décidaient de voter en faveur de la candidate de la Convention démocratique africaine (CDP). « Cela changerait automatiquement la donne. On reproche à certains candidats de s’identifier à leur ethnie. Si les femmes guinéennes, en signe de solidarité, décident de voter pour Hadja Saran Daraba, il est à parier que l’on enregistra une surprise de taille le 27 juin prochain », reconnaît un jeune fonctionnaire.
Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |