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Le bruit court sur un éventuel marchandage politique destiné à porter le leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) au pouvoir. Ces rumeurs qui se sont répandues à travers le pays comme une traînée de poudre, pourraient éventuellement compromettre une victoire du professeur Alpha Condé, qui aura du mal à faire accepter le verdict des urnes à ses adversaires, les plus irréductibles.
La France a beau déclarer solennellement ne pas avoir de candidat à la présidentielle du 27 juin en Guinée, certains observateurs n’y croient guère. Paris est en effet victime de son passé. Du moins du rôle que sa diplomatie a joué officieusement, pour aider des régimes autoritaires voire dictatoriaux à garder la main.
Une formule avait même été trouvée pour baptiser le fonctionnement de ces réseaux qui, il n’y a pas encore longtemps, étaient très actifs entre la métropole et ses anciennes colonies. Il s’agit de la Françafrique.
Et un certain Jacques Foccart, s’était taillé une réputation de parrain de ces réseaux qui ont permis à Paris de tenir en laisse, des pays de l’Afrique subsaharienne, en leur imposant ses desideratas.
On avait cru que l’avènement de Nicolas Sarkozy au pouvoir allait sonner le glas de la Françafrique, surtout qu'Omar Bongo Ondimba, l’un des barons de ce réseau, s’est lui aussi éteint l’année dernière.
Mais comme le dit l’adage, ‘’chassez le naturel, il revient au galop».
Le spectre de la Françafrique continue donc de planer au dessus de nos têtes. Et le moment serait venu pour la Guinée d’en goûter les délices.
Notre pays ayant été jusque là mis en marge de tout ça, pendant le règne des deux régimes qui se sont succédé aux affaires.
Pour revenir à ce ‘’deal politique», on prêterait en effet à Alpha Condé, Bernard Kouchner et Sékouba Konaté, d’avoir scellé un pacte visant à porter le président du RPG au pouvoir. En contrepartie, la France pourrait accorder des faveurs au président de la Transition. Comme une retraite dorée sur son sol, par exemple.
Voilà qui donne déjà des sueurs froides aux adversaires d’Alpha Condé. Risquant même de raviver les tensions sociales à la veille de ce scrutin. L’affaire mérite d’être prise au sérieux, surtout que dans certains états-majors des partis, on commence à douter de la neutralité de la junte.
Sidya Touré a profité de son investiture ce week-end, pour tirer la sonnette d’alarme à propos de ces rumeurs.
Le leader de l’UFR parle ‘’d’agitation de certains pays amis autour du scrutin du 27 juin».
Une allusion à peine voilée du cas Alpha condé.
Le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo et son staff y voient une réelle menace. Lui, qui fait figure de challenger du président du RPG et ses militants ont commencé à proférer des imprécations contre ceux qui veulent se mêler de nos élections.
Dans un pays où l’ethnostratégie constitue une arme pour accéder au pouvoir et s’y pérenniser, d’aucuns ont vite franchi le pas, en taxant Konaté de rouler pour son « parent malinké ». C’est dire que le président de la Transition, lui en personne marche en ce moment sur des œufs, vu le caractère très sensible que peut comporter ces allégations.
Des proches du président du RPG y voient de l’intox destiné à mettre en doute la légitimité d’Alpha Condé, en cas de victoire. Une victoire à laquelle ils croient fermement.
Une assurance qui repose sur le charisme de leur président, qui d’après eux n’a pas son égal quand il s’agit de conquérir des électeurs.
Bernard Kouchner dont les plaidoiries avaient exercé une pression sur la junte, qui a fini par lâcher du lest, se retrouve aujourd’hui dans la ligne de mire de bien des gens qui avaient pourtant salué sa démarche à l’époque.
Il paie ainsi pour sa proximité avec Alpha, un ami qu’il aurait côtoyé depuis le lycée.
Tout ça pourrait faire désordre, s’y l’on n’y prend garde, à l’orée de ces élections.
BD Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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