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La Guinée était-elle prête pour aller aux élections le 27 juin ? Les irrégularités qui ont entaché le déroulement du vote amènent bien des gens à répondre par non, à cette question. Et ce n’est pas Ben Sékou Sylla, qui dira le contraire. Lui, qui, sachant pertinemment que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) présentait de sérieuses lacunes, a voulu que le scrutin se fasse à cette date du 27 juin. Pour des raisons inavouées.
Les électeurs guinéens n’ont pu départager les 24 candidats en lice pour la présidentielle lors du premier tour du scrutin qui s’est déroulé le 27 juin dernier. Il faudra encore un deuxième tour, pour un dernier face-à-face entre les deux candidats qui ont pu gravir la première marche devant mener vers le palais Sekhoutouréyah. Au cours duquel, Cellou Dalein Diallo de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) aura à en découdre avec Alpha Condé du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), probablement le 18 juillet comme prévu dans le calendrier électoral.
En attendant ce deuxième round, l’heure est aux revendications. Tous les favoris ayant quasiment déposé un recours auprès de la Cour suprême, pour dénoncer des cas de fraudes qui auraient porté préjudice à leur performance lors du premier tour. Le candidat de l’UFR lui, a ouvertement pris à partie le président de la Transition, en accusant ce dernier d’avoir influencé les résultats au profit d’Alpha Condé. Une « supercherie » selon Sidya Touré qui aurait permis au candidat du RPG de se retrouver au second tour.
Face au tollé suscité dans les états-majors des partis politiques par les résultats, Ben Sékou Sylla, qui en réalité est celui qui devait porter la responsabilité de toute cette « mascarade », a pris la poudre d’escampette.
Il a rejoint Paris sur la pointe des pieds, où il avait passé un long séjour durant les préparatifs du scrutin, pour des raisons de santé, dit-on. Le général Sékouba Konaté qui a fait preuve de bonne foi pour faciliter un retour à l’ordre constitutionnel s’est finalement aperçu qu’il a été abusé par le président de la CENI. Qui a proposé la date du 27 juin, pour la tenue de l’élection présidentielle, alors que la CENI n’était pas suffisamment préparée à cet effet, en un laps de temps aussi court.
Ben et sa bande eux, y voyaient plutôt la manne financière qui a été dégagée pour l’organisation de cette élection. Et les profits qu’ils pouvaient en tirer. Etant les seuls ordonnateurs des dépenses. De graves soupçons de corruption pèseraient aujourd’hui sur cette institution qui a montré des limites pour ce premier tour de l’élection présidentielle.
Quand tout sera fini, et que le nouveau président de la République sera élu, il va falloir que la CENI fasse l’objet d’un audit. C’est en tout cas le souhait de nombreux Guinéens, qui doutent de la moralité des cadres de cette boite, où les cadres se la coulent douce, sur des fonds qui auraient pu servir à acheter le matériel électoral.
Abdoulaye Diallo L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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