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La Cour suprême a rendu mardi 20 juillet les résultats définitifs du premier tour.
Cellou Dalein Diallo s’en tire avec 43,69% et Alpha Condé avec 18,25%. Un vaste complot a été organisé contre le leader du RPG. Pour ainsi dire, Alpha Condé revient de loin.
Jusque tard dans la nuit du lundi 19 juillet, le président de la Cour suprême, Mamadou Sylla (Syma Sacerdoce), était dans les dispositions d’invalider le scrutin du 27 juin à cause des nombreuses irrégularités et fraudes constatées. Il a subi assez de pressions afin qu’il reconsidère sa position. Le Premier ministre, Jean Marie Doré, était pour l’annulation du scrutin alors que le ministre secrétaire général à la présidence se battait pour le contraire. Pour une fois, les deux hommes n’étaient pas sur la même longueur d’ondes. Chacun avait ses raisons. Pour le Premier ministre, Jean Marie Doré, la question est purement existentielle. Monsieur Doré voudrait encore durer au gouvernement pour mieux préparer sa retraite… financière. Quant à Tibou Kamara, sa position détermine la stratégie mise en place par l’UFDG pour conquérir le pouvoir dès le premier tour.
En effet, alors que l’UFR se battait pour faire annuler les voix du RPG à Kankan, Siguiri, Kérouané, Mandiana et Kouroussa, ce qui, selon ses calculs, l’aurait placé au second tour avec Cellou Dalein Diallo, l’UFDG avait sa propre stratégie et œuvrait auprès de la Cour suprême pour passer dès le premier tour. Pour ce parti, l’annulation des voix du RPG et de Matam en ce qui concerne l’UFR aurait placé nettement Cellou Dalein Diallo en tête avec 51% des voix, ce qui ferait de lui président de la République dès le premier tour. En tout cas, en œuvrant pour une publication des résultats, Tibou Kamara croyait toujours au scénario qui devait consacrer son candidat président dès le premier tour.
Quant au président de la Cour suprême, Mamadou Sylla, jusque dans la nuit du lundi 19 juillet, sa décision était d’invalider tout le scrutin. Ce n’est que le mardi à 9 heures que sa décision changera à cause des différentes pressions. Il fallait dès lors procéder à un colmatage des résultats pour confirmer les deux candidats retenus par la CENI. Les pressions de la communauté internationale n’ont pas manqué également. Cette communauté n’étant plus disposée à financer d’autres élections, il ne restait plus à la Cour suprême que de trouver une solution politique au problème. Et pour contenter tout le monde ou plutôt pour équilibrer les choses, chacun a été amputé d’un électorat même si le RPG paye le plus lourd tribut. Ainsi l’UFDG perd Ratoma, l’UFR Matam et le RPG Kankan, Mandiana et Lola qu’il partageait avec le RDR de Papa Koly Kourouma.
L’UFDG qui suivait à la loupe l’évolution de la situation, a très vite récupéré la situation. On fera convoyer au compte de ce parti 2 milliards de francs guinéens à la Cour suprême. Alpha Condé étant désormais retenu au second tour, il fallait faire en sorte que Cellou Dalein Diallo s’en sorte avec un pourcentage élevé, pour que l’effet psychologique soit retenu. La preuve, aujourd’hui l’UFDG pense qu’il ne reste plus que 7% à leur candidat pour gagner la présidentielle. Mauvais calcul s’il en faut puisque les compteurs seront remis à zéro et le jeu des alliances ne pourra que favoriser le candidat du RPG. Nous y reviendrons.
Diao Oury pour www.guineeactu.com
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