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Ces civils faiseurs de roi, grands intrigants de la République avaient commencé à jubiler à l’annonce de la liste issue de la rencontre des pays de l’UE. « Mon nom ne figure pas », « Je ne soutenais pas le CNDD et Dadis », « L’UE m’a oublié », etc. ce sont là en effet, les refrains les mieux partagés dans certains milieux selects de Conakry et environs. Ils émanent tous des civils manifestement opportunistes. La plupart d’entre eux, ce sont des faiseurs de roi. Avec à la clé, de nombreux arguments fallacieux pour jouer les prolongations avec la transition.
Mais en réalité, ces hommes et ces femmes oublient l’autre rouleau compresseur de l’Union africaine dont les décisions de sanctions sont apparemment plus difficiles à supporter. C’est plutôt asphyxiant pour la junte au pouvoir et de tout son bataclan. Pour l’UA, le chef de la junte Moussa Dadis Camara, les membres du CNDD et du gouvernement ainsi que tous ceux qui maintiennent le statu quo anticonstitutionnel en Guinée sont désormais frappés de sanctions. Ils ne pourront plus voyager librement en Afrique et leurs avoirs à l’extérieur seront gelés.
La Commission de l’Union africaine a un délai d’une semaine pour communiquer aux Etats la liste des personnes visées par ces sanctions. Dans cette mesure, vont se retrouver tous les autres opportunistes qui ont acclamé l’homme du 23 décembre. Et comme si cela ne suffisait pas, le Conseil de sécurité des Nations unies et d’autres organisations comme l’Union européenne, l’OCI, la Ligue arabe ou encore l’OIF seront saisies de cette décision de sanctionner la Guinée. Objectif : conférer aux sanctions un caractère universel. Eh wotan, si vous saviez, nos requins ? Il n’y a point d’échappatoire désormais.
Il est donc temps de vite créer un autre mouvement. Mais pas celui qui incite à rester. Plutôt qui incite à se livrer à la Justice internationale. Quel avenir donc pour ceux qui infestaient le QG de la junte, au nom de Dadis, de El tigre et les autres ? Ils avaient pensé – peut être à tort – comme Marcel Achard que le meilleur moyen de prendre un train à l'heure, c'est de s'arranger pour rater le précédent. Car, ils n’ont ni le premier train, ni le deuxième. Arrivés dans les grâces du CNDD souvent par effraction, « ceux qui maintiennent le statu quo anticonstitutionnel en Guinée » se demandent alors aujourd’hui comment sera fait demain. Ils n’ont certainement pas donné leurs avis pendant le coup d’Etat. Mais ils ont largement contribué à la détérioration du climat de paix et de sécurité en Guinée.
Et comme pour assister au retour à l’envoyeur, je vous invite à déguster ce proverbe plein d’humour d’Olivier de Kersauson que nous paraphrasons: « ceux qui maintiennent le statu quo anticonstitutionnel en Guinée n’ont pas assisté à beaucoup de courses de spermatozoïdes du côté du QG, mais ont donné beaucoup de départs. » Vous aviez chanté tout l’été comme la cigale ? Eh bien, dansez maintenant – comme le recommande la fourmi - avec l’asphyxie sous régionale et internationale. Et cela jusqu’à quand ? Le temps de réaliser peut être qu’ils sont bel et bien catalogués. Il suffira d’outrepasser les décisions édictées pour se faire choper comme un vulgaire larcin. Comme quoi, un homme averti, en vaut deux, ou ... autant qu’il voudra !
Thierno Fodé SOW
www.guineeactu.com
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