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Ils sont invisibles ces derniers temps au petit écran. Ils sont frappés de sanction verbale (!). Ils, c’est bien Ibrahim Ahmed Barry, Marie-Louise Sanoussi et Ciré Dieng, aujourd’hui qualifiés de pestiférés de la RTG. La cause de cette sanction a été diversement interprétée par les journalistes de la boîte et même ailleurs. Pour certains, ces trois présentateurs vedettes souffrent de leur appartenance, à peine voilée, à une grande formation politique qui n’est pas celle au pouvoir. Pour d’autres c’est un complot ourdi par leurs propres collègues de la RTG en quête permanente de postes ou de responsabilités. Un troisième groupe estime tout simplement que Ciré Dieng et ses collègues se sont rendus coupables de fautes professionnelles.
Quoi qu’il en soit, pour qui connaît le rancunier de la République et les nombreux nouveaux faiseurs de rois qui pullulent autour du pouvoir, nul ne semble étonné de la décision. Pour les pauvres journalistes, il n’y a aucune voie de recours. Les structures publiques et privées censées protéger la presse guinéenne étant inexorablement disloquées. Sinon presque. « C’est un sujet que je n’ai jamais voulu commenter pour la simple raison que je ne connais pas la raison, franchement. Ni moi, Ciré Dieng, ni Ibrahima Ahmed Barry, ni Marie Louise Sanoussy. Personne ne nous a signifié quelque chose. C’est verbal. C’est le secrétaire général qui s’occupe de la programmation hebdomadaire, Mahmoud Barry, qui nous a annoncé l’information. Il nous a appelés pour nous le dire. Lui-même était étonné. Personnellement, je n’ai pas cherché à savoir pourquoi nous avons été interdits de présenter le journal télévisé. (…) Nous ne nous reprochons rien. Mais nous attendons qu’on nous appelle un jour pour nous dire ce qu’on nous reproche », a notamment témoigné Ciré Dieng à l’occasion du premier anniversaire du seul quotidien privé du pays, La République. Ces trois présentateurs ne comptent plus que sur la sollicitude de Martine Condé du CNC, « la seule personne qui s‘est intéressée à ce problème et qui a promis de chercher à comprendre et de nous rétablir dans nos droits ».
Ce qu’il ne faut jamais oublier, c’est qu’à la RTG, c’est la loi "des loups qui se mangent entre eux". Chacun cherche à nuire à l’autre pour le supplanter au pied levé. Qui ne se souvient pas de la rude bataille rangée entre OC et Kaba Condé à cause de dix millions GNF ? Qui a écarté Yamoussa Sidibé, presque réduit à la présentation ? Qui a fait la promotion de la médiocrité ? Ici, les laveurs de chats ont souvent droit de cité. Les meilleurs relégués au second plan. C’est la même atmosphère partout dans les medias d’Etat, même au niveau de l’agonisant quotidien national Horoya. Il est donc temps, grand temps d’assainir ces sanctuaires de la délation, de l’amateurisme et du copinage.
Focus Guineeactu.com
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