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Maintenant, ils ont tout vrai. Ils terrorisent, mais ils ont raison. Les autres doivent accepter le silence contre le risque de vilipende. Comme des moineaux, ils forment aujourd’hui une bande dont les membres piaillent au cours des envolées nourries de contre-vérités. Que veulent-ils désormais ? Hier, ils s’agitaient. Aujourd’hui, ils ourdissent et manigance avec des incivilités qui disent assez long sur leur nature.
Malheureusement, nous appartenons à la même minuscule portion de terre : Guinée.Il ne nous reste plus qu’à favoriser la cohabitation ! Celle-ci voudrait que chacun ait la chance de dire sa pensée. C’est cela aussi la démocratie !
Il y a quelques jours, je m’interrogeais, si les Guinéens n’étaient pas à l’origine du blocage de leur pays. Il s’est produit à la suite de la publication de cet article, une coulée boueuse et honteuse.
Les uns, dans leur fantasme, s’ils ne sont au début d’Alzheimer (l faut noter que dans les prochaines années, un Français sur quatre en sera atteint), ont vite démontré qu’être lettré ne signifiait pas forcément être formé. Parce qu’un homme formé a une base culturelle qui lui évite de tomber dans la déshérence culturelle et intellectuelle aussi basse qu’ils l’ont été. Leur malheureuse sortie m’a rappelé que ce n’est pas seulement le chien, animal fidèle dans son amitié pour l’être humain, qui ravalait sa vomissure. Il fallait donc laisser, une telle espèce égarée, poursuivre l’errance qui la consume. D’où mon silence, même si dans ma culture, il y a cette devise :
«Etre humain, qui que tu sois, où que tu te trouves, saches ce principe : ton prochain peut t’imposer ou t’interdire de mouvement, mais n’acceptes jamais qu’il t’interdît de te prononcer sur les faits ou d’exprimer ton opinion.» Ainsi le Konon proclame, à sa façon, la liberté d’opinion et d’expression.
Après cette sortie pitoyable rappelant, quelque part, la série Dallas, les voilà qui jouent aux victimaires. Eux, qui sont devenus de simples touristes dans leur propre pays, crient au loup tel le berger du livre, Leuk et le lièvre, de Senghor. Ce berger ameutait régulièrement son voisinage en l’appelant au secours. Ce n’est que cruelle malhonnêteté que de se faire passer pour une cible à abattre du CNDD.
Les autres, comme à leur habitude, ont scandé le refrain connu et qui, d’ailleurs à gagner en résonnance avec deux événements qui n’en sont pas.
Le premier tient des propos du ministre français des affaires étrangères. Dans ces dires, le transfuge du PS au gouvernement UMP, demande le respect du chronogramme. Peut-on attendre grand-chose de la France dans la situation de transition que nous vivons dans notre pays ? Il s’agit de réfléchir un peu pour trouver la réponse.
Lorsque Lansana Conté tripatouillait la Constitution, la France était présente. Elle n’avait bronché mot. D’ailleurs, sa diplomate serait acoquinée à l’un des nombreux clans l’époque. Gardons-nous de citer d’autres exemples.
Il y a, seulement, quelques jours, la France inaugurait des locaux de la police scientifique chez nous. Doit-on croire au verbe ou à l’action sur le terrain ? Voilà la duplicité de la France que les terroristes du net applaudissent des deux pieds.
Le deuxième événement est venu du côté du parti de Cellou Dalein. Et toujours les mêmes sont sortis de leur gong avec l’aveuglement qu’on leur reconnaît désormais.
Cellou est présenté en martyr alors qu’il n’a été, malheureusement, que frappé par une décision de l’autorité gouvernante au moment où c’était lui sur le terrain. Ce ne fut qu’une coïncidence que l’intéressé saura, certainement, dire en responsable de parti pour éviter des saugrenues supputations.
En attendant Expliquons, un peu les choses, pour que les gens de bonne foi ne soient trompés et abusés.
Je voudrais qu’on me dise dans quel pays démocratique du monde, les politiques mènent la campagne avant la date qui doit être fixée de commun accord par les partis et le gouvernement et connue de tous. Dans notre pays, tout est exception et donc source de confusion. Et les confusionnistes en usent à profusion. Les périples actuels des partis politiques correspondent à quel moment de la vie politique de notre pays? Sommes-nous en campagne électorale? Laquelle ?
Tel le journaliste qui aime le sensationnel, mon concitoyen aime l’événementiel et non l’essentiel. Il prend moins de temps à analyser les faits pour se mettre en contradiction avec lui-même.
C’est vrai qu’avant Cellou, il y a eu les tournées du RPG et l’UFR. Peut-on admettre qu’aucune décision n’était prise en ce moment pour réguler les activités des partis politiques chez nous?
Les Guinéens vivant dans les pays occidentaux savent très bien que les partis politiques obéissent à des règles organisationnelles qui structurent leurs activités. Alors si, par le fait du hasard, la tournée de l’UFDG a coïncidé avec l’application de la loi, où se trouve le problème ? Est-ce parce que Cellou était en déplacement que la Guinée devait s’immobiliser ?
Dans le paysage politique guinéen, Cellou est connu comme leader d’un parti. Ce statut ne lui est pas dénié jusqu’à preuve de contraire. Attendons de voir si un autre parti politique va être autorisé à battre campagne après lui. Si cela arrive, rassurez-vous, je serai au devant, seul ou avec d’autres, non seulement pour dénoncer, mais pour mener des actions de nature à rendre justice à Cellou et tous ses militants.
La sainte terreur actuellement organisée pour diaboliser les autorités de Conakry n’apportera rien, absolument rien de constructif et de positif à notre pays. Elle constituera un frein à sa progression autant écrire qu’elle ne fera que bloquer la démocratisation de la Guinée.
L’avènement des patriotes à la tête de notre pays aurait pu être l’occasion, pour chaque Guinéen et Guinéenne, de se montrer constructeur ou reconstructeur de la nation de notre rêve, de ce rêve que nous faisons depuis cinquante ans. La main tendue, pour la première fois, par un gouvernement guinéen à tous ses gouvernés devrait être attrapée, pour qu’ensemble, nous asseyions les bases de la démocratie que galvaudent, malheureusement, ceux qui se complaisent dans le non progrès de la Guinée. Ces derniers savent que ce blocage est le paravent derrière lequel ils s’abritent pour ne pas avouer leur vraie intention.
Je ne cesserai de le répéter, la Guinée ne se fera qu’avec l’ensemble, sinon la majorité de ses enfants. Elle ne se construira que lorsque nous créerons un espace minimum de confiance et de respect mutuels entre le pouvoir et les citoyens. Ni les intellectuels, à eux seuls, ne feront la Guinée, ni les militaires seuls ne développeront notre pays, ni encore une opposition radicale telle que vécue actuellement dans un désordre caractérisé n’élèvera notre pays au rang des nations en progression.
C’est ensemble que le possible guinéen se réalisera !
Oui, c’est ensemble, dans le dialogue, les échanges et la confrontation saine des idées et des vérités des faits à travers des débats dignes, que nous réussirons à placer la Guinée sur les rails du progrès. La sainte terreur actuelle est une immense perte, car elle est fondamentalement improductive, stérile et inutile. Elle ne peut que prolonger encore, et pour de longues années, le retard causé par cinquante ans de calvaire dont nous attendons toujours la vérité sur sa production.
Alors Guinéens et Guinéennes, repensons autrement la Guinée pour le bonheur de tous !
Jacques KOUROUMA
www.guineeactu.com
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