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Les îles Tristao font partie de la Guinée. Elles comprennent les districts de Katfoura, Kadignet, Kasmack et Kapkin. Là-bas, plus de 6.000 âmes vivent dans l’extrême pauvreté. Les services publics de base y sont inexistants : école, centre de santé, forage, infrastructures routières, télécommunication. SOS donc pour ces insulaires. Le nom des îles Tristao est souvent jumelé à l’île Alcatraz. En fait, la dernière est celle habitée uniquement par des espèces d’oiseaux qui y pondent, par centaine, des œufs dans une grotte. Tristao est donc un ensemble de districts comprenant : Katfoura, Kasmack, Kadignet et Kapkin. Son chef-lieu de sous-préfecture est Kanfarandé, dans la préfecture de Boké. Atteindre ces îles demande peur, crainte et dépense. Tenez vous bien, de Conakry, vous passez la nuit à Kamsar. Là, il vous faut attendre la marée du jour. Ce sont des barques motorisées qui servent de moyen de transport. Le coût de transport est à 25.000 GNF. La traversée est longue car le vent et les vagues ne font aucun cadeau aux barques. Après deux heures de navigation, vous êtes au point le plus dangereux appelé « La hiradi » (le petit au-delà). D’après nos informations, des pêcheurs et des passagers y auraient trouvé la mort par le fait de naufrage dû au pouvoir de la vague et du vent.La traversée dure plus de cinq heures. A Katfoura, vous êtes accueilli par des braves femmes Nalou (ethnie Bamélékè) au rythme de chant et de danse. Mais voilà qu’avec toute cette riche culture, les populations tirent le diable par la queue. Moussa Keïta, âgé de 69 ans témoigne : « Nous nous demandons si le Gouvernement sait que nous vivons ou qu’il y a la vie sur les îles Tristao. Ici, comme vous l’avez constaté, il n’y a ni école, ni poste de santé, ni forage, rien qui puisse nous faire espérer. Je suis né ici et jusqu’ici rien n’a changé. Nous vivons ici comme les premiers hommes, c’est-à-dire à la merci de la nature. Depuis que nous sommes ici, c’est la première fois qu’un député nous rend visite. La seule fois que notre sous-préfet arrive, c’est pour l’impôt et cela une fois dans l’année ». Les populations sont aussi confrontées aux problèmes d’ordre frontalier entre la Guinée et son voisin de Bissau : « Nos autorités maritimes sont corrompues. Quand elles arraisonnent des bateaux des pêcheurs de Bissau, ils les rançonnent et ils autorisent des pêcheurs industriels à pêcher dans nos eaux. Mais si nous, nous avons la malchance d’être pris par les Bissau Guinéens dans leurs eaux, ils nous dépouillent de nos filets, voire des moteurs hors bord et nous sommes même quelque fois en prison en Guinée Bissau. Alors que notre principale activité qui nous aide à payer l’impôt et à nourrir nos familles est la pêche et d’autres petites activités comme la production d’huile rouge, de sel » a ajouté notre interlocuteur. Ainsi, en 2007 157 pirogues, dont 81% sont des chalands (barques) et 19% de « Gbankenyi » (monoxyles), ont été répertoriées dans les 5 principaux débarcadères des îles. La principale denrée alimentaire dans ces îles est le riz. La riziculture inondée en mangrove est pratiquée pendant la saison pluvieuse dans les casiers aménagés. A l’image de la région forestière, l’extraction de l’huile de palme est une source de revenu pour les communautés autochtones des îles Tristao. Quant à l’élevage, il est pratiqué par l’ethnie Balanté. Devenue très importante ces dernières années, les Peulhs de Bagataye en font également leur activité dominante. Enfin, l’extraction de sel de cuisine obéit à une méthode artisanale et elle est essentiellement pratiquée par les femmes qui ne trouvent guère des acheteurs parce que manquant de moyens pour l’acheminer vers les grands centres commerciaux comme la cité de Kamsar. Aly Badara Condé, L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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